Plus qu'un énième reeboot ou énième remake, l'origin story ou plutôt l'une des plus concrètes, complètes et développées des "retour aux sources" du mal incarner. Mélange parfait de thriller, psychologie, drame familiale et évidement horreur, Mickael Myers reprend vie ou devrais-je encore dire, devient l'homme qu'on connait depuis le premier film de 1979 ou certes à l’époque, jeux, visuels et récits n’étaient peut-être pas les meilleurs mais comme toujours, les années passent et tout évolue.
Ici donc, Rob Zombie (« La maison des 1000 morts »…) donne sa version tel un récit d’auteur, tel une director cut (comme on les si bien avec recul et finalement surtout) et refait vivre cet homme à l’enfance chahutée, prises de bec avec un beau père sauvage pour un quotidien de quasi maltraitance enfantine jusqu’aux mots rabaissant. Pas étonnant qu’avec ça il est mal fini, seul sa mère (impeccablement jouée par Sheri Moon Zombie (nul autre que l’épouse du cinéaste)) saura ou presque inversée la tendance. Un récit anthologique donc ou le développement y est respecter, les longueurs peu présentes finalement même s’il faut l’admettre, l’heure 40 se fait sentir mais comme tous récits, si le jeu et la direction sont au rendez-vous, aucun problème. Le jeu justement, Tyler Mane incarne cet être mythique sans aucune parole mais dôté d’une présence physique forcément imposante et disant long sur ses inévitables motivations (comme un certain Jason Woorhees). Un jeu muet ou seul le mouvement suffit. Quant à la version enfant, « parlante » cette fois, Daeg Faerch joue parfaitement les victimes morales et physique. Des face à face musclés avec le beau-père aux « décontractions » maternelles jusqu’au début des hostilités. Visuellement, s’il n’y a aucun numérique (heureusement), les maquillages ou peu présents pour l’heure son une réussite, seuls les affrontements sont nécessaires et sont le rendu voulu ici. Myers est le « cauchemar » du catch, celui qui ne donne aucune chance à ses proies. Le final enfin est efficace et opère jusqu’au bout, donnant l’officielle naissance du tueur qu’il « devait devenir », le résultat d’une enfance gâchée et incomprise
. Hâte de découvrir la suite.