Underground
Note moyenne
4,0
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136 critiques spectateurs

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Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 829 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 juin 2026
Où le burlesque montre toute la vanité, l’absurdité, la dramaturgie des actions humaines, notamment ces conflits réitérés autant entre proches qu’entre Etats ou frères. Cette fanfare insolite qui accompagne régulièrement le duo principal symbolise dans une bonne humeur ironique la théâtralité de la vie où les masques de la Comédie et de la Tragédie ne cessent de se côtoyer; sur un plan politique ce tohu-bohu incarne le bruit mensonger que créent les dirigeants afin de détourner de la réalité (sorte de caverne de Platon communiste); d’un point de vue narratif cette musique assourdissante cache sous ses dessous joyeux la réalité psychologique des fallacieux gais lurons. Aussi devons-nous discerner derrière certaines assertions le sous-texte acide voire cruel ainsi que le constat pessimiste sur l'Homme. Ainsi des éléments amusants succèdent à des scènes douloureuses voire émouvantes (la souffrance du bègue face au cirque détruit) ou poétiques (les noyades) dans un monde où les humains créent des illusions pour transformer des situations terribles à leur profit ou cacher leur nature animale et utilisent le cinéma comme catharsis d’aspect plus vraisemblable parfois que le réel même. Audacieux, dense, singulier.
cédric l.
cédric l.

23 abonnés 143 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 juillet 2025
Ce film réalisé par Emir Kusturica et qui a remporté la Palme d'Or en 1995 est long, très long... Pendant près de 3 heures, on assiste à du "Grand" n'importe quoi !... En même temps, subir la guerre de plein fouet, rendrait n'importe qui, complètement fou. A la vision de ce film, on se demande si l'Ex-Yougoslavie n'était pas frappé par une malédiction, tous ce qu'elle a vécu pendant plus de 50 ans fait froid dans le dos. Une Oeuvre qui nous ouvre les yeux sur la dureté de la vie dans les Balkans et nous dit, que seuls les plus Forts, les plus Résilients peuvent survivre.
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 juin 2025
Il y a chez Kusturica, une manière de faire exister le monde comme un trop-plein. Et Underground, plus qu’aucun autre, est ce moment où cette matière explose. Un film-puits, un film-foire, un film-caverne. C’est le quatrième long-métrage de Kusturica, et son second à recevoir la Palme d’or après Papa est en voyage d'affaires. Mais ici, il n’y a plus vraiment d’affaire, ni de voyage.

Il faudrait sans doute revenir à cette façon qu’a Kusturica, depuis le début, de filmer des territoires. Territoires mentaux, symboliques, mythiques. Underground reprend cette logique, mais l’enracine dans une violence plus sourde, plus tragique, plus politique aussi.

La structure elle-même est un piège. Kusturica nous fait croire à une progression, à des dates, à des époques. On commence en 1941, on finit dans les années 1990, mais rien n’avance. Tout recommence. L’Histoire est une spirale, une machine où les visages changent de rôle sans jamais sortir du même théâtre. Marko, Blacky, Natalija : ils incarnent tour à tour les figures du résistant, du complice et du manipulateur. Il n’y a pas de vérité dans Underground, il n’y a que des postures qui se contaminent.

La cave, ce fameux « underground », devient très vite le lieu le plus essentiel du film. C’est une métaphore évidente, mais dont Kusturica tire une force étrange : la guerre se poursuit sous terre, dans l’oubli fabriqué, dans l’ombre mise en scène. Des générations vivent là, dans le noir, persuadées que le monde brûle encore, alors que le monde, dehors, a changé. Il y a là quelque chose de tragiquement contemporain : cette idée que nous vivons toujours dans des caves mentales, nourris d’histoires falsifiées, d’ennemis imaginaires, de patriotismes hystériques.

Tout cela serait insupportable s’il n’y avait la musique. Pas comme baume, mais comme poison joyeux. La guerre elle-même devient une sorte de cirque. C’est cela qui dérange : ce rire qui surgit quand il ne devrait pas, cette ivresse qui recouvre l’horreur.

On pourrait dire que Underground est un film sur la Yougoslavie. Ce serait vrai, mais réducteur. Il s’agit moins de représenter un pays que de montrer ce que devient une nation lorsqu’elle se prend au piège de son propre récit. C’est un film qui tue la vérité en la répétant trop fort. Le nationalisme n’est pas dénoncé frontalement, il est montré comme un carnaval qui a mal tourné. La tragédie naît du grotesque. Et l’ennemi, au fond, n’est plus extérieur.

Enfin, la fin est bouleversante précisément parce qu’elle ne ferme rien. L’île, ce morceau de terre flottant, détaché, devient l’image même du refoulement réussi.

Et dans ce geste-là, Kusturica signe peut-être son plus grand film. Pas parce qu’il dit tout, mais parce qu’il laisse tout ouvert. Il y a dans Underground une lucidité délirante, une clairvoyance saturée, une critique qui passe par l’excès. Comme si, pour dire l’indicible, il fallait rire trop fort, crier trop haut, faire danser les bombes et chanter les massacres.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 mars 2025
Comédie tragique, où le destin de deux militants communistes relèvent autant de la farce que du drame perpétuel d'une nation yougoslave invariablement privée de démocratie, "Underground" est aussi une intelligente parabole politique.
En trois parties et trois époques, Kusturica montre un pays livré au fascisme allemand, au communisme de Tito puis de nouveau au fascisme que revêt la guerre ethnique des années 90. Hormis dans l'évocation de la Yougoslavie contemporaine, où le ton est grave et meurtri, Kusturica prend avec humour le contre-pied de la version officielle de l'Histoire de son pays.
En 1941, la résistance à l'envahisseur nazi a les proportions grotesques d'un joyeux désordre, que souligne constamment l'exubérance de la mise en scène. Les résistants de Kusturica n'ont rien d'héroïque et leur action est pour le moins hasardeuse. Certains d'entre eux sont contraints de continuer à combattre dans la clandestinité, fabriquant des armes au fond d'une cave. On les maintient ensuite, par volonté politique, dans l'ignorance de la Victoire...
"Underground" -titre évocateur et symbolique- est une oeuvre foisonnante sur la forme comme sur le fond. Mélange d'ironie et de pure comédie, de poésie et de symbolisme, elle sous-tend constamment le drame d'une nation, lequel révèle toute son ampleur dans la guerre civile future. C'est un très beau film que n'épargnent pas, toutefois, en vertu de sa durée peut-être, quelques scènes trop longues.
TwinPeaks2003
TwinPeaks2003

6 abonnés 138 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 février 2025
La folie de la guerre en un film

Underground est très certainement l'une des oeuvres la plus déjantée que j'ai pu voir au ciné de ma vie.

Tout est barjot dans ce film: l'histoire, les musiques, la mise en scène, les personnages...
Sur ce dernier point, tous les persos sont dingos, affreux pour certains mais terriblement attachants.

Une véritable fresque historique sur la guerre et les sociétés en Europe entre la 2nde Guerre mondiale et la guerre de Yougoslavie, en passant par la guerre froide. Le film pourrait se résumer dans cette question: La peur, premier outil pour construire un régime autoritaire ?

La cave est une représentation parfaite de la société yougoslave de cette époque (mais peut-être de la notre aussi aujourd'hui). Une population pauvre, affamée qui travaille sans relâche sans voir les heures défilées. Une population qui a besoin de divertissement par le biais de l'orchestre afin de se détendre, oublier et éviter toute révolte pour revenir dans le “monde du dessus“.

Le rôle du dirigeant autoritaire est bien montré à travers le personnage de Marko: il met en scène ses faux-exploits, il met en scène sa fausse image de sauveur...
Le dictateur essaye d'être le réalisateur de notre vie mais il oublie un détail important, comme on peut le voir dans une scène clé du dernier acte, la seule chose qu'il ne peut pas mettre en scène c'est la mort car seul un être divin, un Dieu tout-puissant en a les capacités et c'est lui le véritable réalisateur de la vie.

Un film hilarant à voir avec le Dr Folamour de Kubrick pour se rendre à quel point la guerre beh c'est complètement con et inutile.

Faites l'amour pas la guerre pour notre bien à tous merci
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 octobre 2024
Avec "Underground", Emir Kusturica réalise une fresque exubérante qui explore l'histoire tourmentée de la Yougoslavie à travers une satire déjantée. Le film se distingue par son énergie débordante, son humour noir et sa mise en scène chaotique, caractéristiques du style de Kusturica. Cependant, cette folie visuelle et narrative, si captivante au départ, peut devenir excessive et fatigante, avec une durée qui semble parfois diluée.
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 635 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 juin 2024
Tout à fait d'accord avec la critique de jroux86 en mettant 4/5 :"Alcool qui coule à flots, jet de verres, bris de bouteille sur la tête, coups de feu, poules affolées, éructations joyeuses et, bien entendu, omniprésente (et bruyante) fanfare : si le sens de la fête cher à Kusturica peut fatiguer, cette vision baroque de l’ex-Yougoslavie offre tout de même de jolis moments de grâce"
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 881 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 juin 2024
Que dire de ce film? Ce n'est pas si facile. C'est un film engagé déjà, qui raconte l'histoire d'un pays, à travers différentes époques. Il oscille entre l'absurde d'un côté et la poésie de l'autre. C'est un peu loufoque, et aussi très rythmé, ça va de paire. De plus, la musique, qui est presque un personnage à lui tout seul dans ce film tellement elle est présente et marque les esprits renforce le dynamisme et la puissance du film. J'ai été déçu par la version française, les voix sont faibles, et les intertitres n'étaient pas traduit, comme certains dialogues eux en allemand. J'aurais préféré la version originale sous-titrée.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 mai 2024
Palme d’or à Cannes en 1995 – la deuxième pour Emir Kusturica, déjà récompensé dix ans plus tôt pour Papa est en voyage d’affaires – Underground prend la forme d’une fresque impressionnante, qui ambitionne de raconter un pays disparu, la Yougoslavie, de 1941 au début des années 90. Une histoire racontée à la manière unique du cinéaste, baroque, folle, foisonnante, peuplée d’une multitude de personnages louches et inclassables. L’omniprésence de la musique mythique de Goran Bregović offre une légèreté à ce film tragi-comique qui raconte l’histoire d’un peuple victime de trois guerre successives. Mais Underground est d’abord et surtout une œuvre sur la mise en scène du pouvoir, sur la propagande, sur le mensonge institutionnalisé, sur l’ambivalence des images et sur la réécriture de l’histoire à ses propres fins. Porté par des acteurs truculents, ce film très politique – il ne manqua pas de soulever des polémiques à sa sortie – doit être apprécié pour ce qu’il est : une tentative folle, sur près de 3h (certains passages auraient gagné à être raccourcis) de capter l’âme d’un pays dingue, sur 50 ans d’une histoire tout aussi dingue. Ébouriffant.
Hotinhere

790 abonnés 5 461 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 avril 2024
Une farce tragi-comique et baroque d’une énergie folle (un peu épuisante par moment) qui revisite la caverne de Platon à travers l’Histoire fracturée de l’ex Yougoslavie.
Palme d’or 1995
QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 758 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 8 mars 2024
On quitte le film assez fatigué, l’esprit un peu confus, avec l’impression d’avoir assisté à un spectacle ambitieux, riche et original, traversé de fulgurances géniales, mais par ailleurs très long, parfois soûlant, pas toujours du meilleur goût ni toujours lisible dans ses perspectives allégoriques.
Underground, c’est le tableau vivant, très vivant, de cinquante ans d’histoire yougoslave, où il est question d’une certaine folie festive au son d’une fanfare infatigable, d’un esprit de résistance au fascisme, d’un opportunisme amoureux, économique et politique, de petits arrangements avec les vérités de l’histoire et de grandes manipulations idéologiques, de la réalité et de la fiction, d’une folie guerrière qui se renouvelle constamment… Tout cela prend la forme d’une fable totalement baroque, d’une farce tragicomique, aux accents hystériques. Emir Kusturica joue à fond la carte du burlesque pour unir dans un même chaos les pulsions de vie et les pulsions de mort, les grandeurs et les horreurs d’une certaine « âme » yougoslave. Il y a là un souffle et une inventivité incontestables, sur le fond comme sur la forme. Mais si l’on comprend et apprécie la métaphore de la cave (le communisme est comme une cave où l’on maintient les gens dans l’ignorance du monde extérieur), d’autres épisodes laissent perplexes. Si l’on admire globalement la mise en scène, virevoltante, poétique et saisissante, dans des décors très soignés et avec des embardées surréalistes souvent superbes, on se fatigue aussi d’effets répétitifs, d’un rythme frénétique et d’un accompagnement musical aussi tonitruant qu’envahissant. De même, si l’on peut s’amuser du jeu outrancier des acteurs, on peut aussi s’en lasser (et noter au passage que leurs évolutions physiques, au fil du temps, n’ont pas été très bien gérées). Bref, quelques pauses régulières dans cette exubérance et cette effervescence, mais aussi un peu plus d’attention portée à la cohérence auraient probablement rendu le film plus agréable, plus abouti et pas moins impactant.
Voilà donc un film qui ne ressemble à rien d’autre : ample, survolté, foutraque, formidable, pénible, brillant, nébuleux, pertinent, douteux. Difficile de savoir sur quel pied danser avec Kusturica, mais le résultat imprime quand même fortement la mémoire.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 406 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 mars 2024
Palme d'or cannes 1995, " Underground" est la seconde palme du réalisateur yougoslave (d'origine Serbe) Émir Kusturica après " Papa est en voyage d'affaires".

Reconstitution granguignolesque de l'Histoire de la Yougoslavie ( le film commence la où se termine " qui chante la bas ?" de Slobodan Sijan, en 1941 lors du bombardement du zoo de Belgrade par l'aviation allemande).

Fellinien par moments ( mais sans la maestria du cinéaste Italien) , " Underground" a ses aficionados dont je ne fais pas partie, malgré plusieurs visions du film depuis sa sortie.

C'est très long ( 160 minutes) et (à mes yeux) souvent ennuyeux, le scénario est très faible, redondant et cette farce sur un sujet sérieux ( pourquoi pas ?) ne m'a pas convaincu.

Je sauve toutefois la première heure et les dernières vingt minutes, mais au final " Underground" suscite toujours mon interrogation concernant le prix qui lui a été attribué ( surtout quand on regarde la liste des films qui étaient en compétition officielle cette année là).

A mes yeux sa première palme d'or et surtout " le temps des gitans" constituent les sommets de la filmographie de Kusturica qui semble à ce jour avoir délaissé sa carrière de cinéaste de fictions.
evariste75
evariste75

210 abonnés 246 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 février 2024
Je sais, je suis un mauvais cinéphile, mais, après 2 tentatives, je n'arrive pas à accrocher à ce film "universellement" acclamé, pareil qu'avec "2001 Odyssée de l'espace"... Et pourtant, j'adore la Croatie, j'ai même commencé à apprendre le croate ! Ce film est beaucoup trop surexcité pour moi... J'ai besoin de repos... je me suis fermement ennuyé....
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 janvier 2024
Une épopée baroque, bouffonne et musicale sur l’une des plus grandes tragédies de notre siècle. A voir et à revoir pour la réalisation débridée, mais si juste, la musique en délire et les comédiens ad-hoc.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Renaud81
Renaud81

34 abonnés 88 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 janvier 2024
Un film incroyable. D'une durée de plus de 2h40, et sur l'histoire de la Yougoslavie...il y a de quoi en rebuter plus d'un ! Et pourtant, je ne lui ai trouvé aucune longueur. Chaque plan est un régal d'inventivité, d'étonnement, ça fourmille de détails et de bonnes idées ! C'est drôle, et sur un rythme enlevé... plusieurs scènes me resteront longtemps en mémoire. Kusturica est décidément un réalisateur de talent...palme d'or largement méritée !
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