"La Mariée était en noir", est une œuvre singulière de François Truffaut, portée par une idée simple mais redoutablement efficace. Le film suit Jeanne Moreau en femme déterminée à retrouver un à un les hommes responsables de la mort accidentelle de son mari le jour de leur mariage. Sa quête de vengeance est méthodique, froide, presque clinique. Elle change d’identité, manipule, séduit, et élimine ses cibles avec un calme glaçant. L'actrice est fascinante dans ce rôle. Elle incarne une héroïne à la fois impénétrable et tragique, dont le visage reste souvent fermé, presque figé, mais laisse deviner une douleur immense sous la surface. Le film avance presque comme une mécanique bien huilée, avec une froideur assumée qui peut parfois empêcher une véritable implication émotionnelle. Mais cette retenue participe aussi à l’atmosphère étrange du film, comme suspendue hors du temps. Enfin, il est difficile, en le voyant aujourd’hui, de ne pas penser à Quentin Tarantino : cette figure de femme vengeresse, avançant méthodiquement dans une liste de cibles, résonne fortement avec l’esprit de "Kill Bil". L’influence n’est jamais revendiquée explicitement, mais le parallèle saute aux yeux.
Malgré un rythme pas toujours présent le film fonctionne. L'ensemble est à la fois simple mais efficace tout en faisant preuve d'intelligence régulièrement. On suit avec plaisir cette macabre histoire qu'on peut quand même comprendre.
Une œuvre très mineure de la filmographie de François Truffaut. « La Mariée était en noir » est une banale histoire de vengeance d’une veuve cherchant à punir les responsables de la mort de son mari lors de leur cérémonie de mariage. Peu inspiré dans sa première partie, le film s’étoffe peu à peu et gagne en noirceur sur sa fin, à l’image de la mise en scène plus audacieuse – le plan final est d’un génie certain – mais malgré tout, le film pâtie d’un rythme trop mollasson ainsi que la prestation pas très convaincante de Jeanne Moreau incarnant une femme prête à tout pour obtenir vengeance.
Beaucoup plus réussi et maîtrisé que "la sirène du Mississippi" écrit par le même William Irish, "la mariée était en noir" est l' histoire de la revanche d'une femme sur 5 hommes. Pas du tout répétitif, les morts ne se ressemblent pas, la dernière est très maline quoique peu plausible. Magnifique musique de Bernard Hermann. On retrouve l'affiche de la compagnie des wagons lits présent dans la chambre de Michel Bouquet dans "l'argent de poche".
C'est clairement un hommage à Hitchcock qu'à voulu faire Truffaut dans ce film. Déjà il embauche Bernard Hermann son compositeur attitré. Mais n'est pas Hitchcock qui veut. Là là mise en scène manque de rythme, les acteurs (et notamment Jeanne Moreau en tueuse en serie) pas crédibles (excepté peut-être Charles Denner en peintre amoureux). Le scénario est mince et contient beaucoup d'incohérences ou de raccourcis scenaristiques. Bref déçu, Dommage.
Une histoire de vengeance qui se transforme au fil du récit en épopée machiavélique où la froideur de JM a tout son intérêt. On devinera évidemment la fin mais pas la façon dont elle arrive… Un film certes linéaire mais qui s’étoffe habilement.
Il y a deux paramètres à prendre en compte d'entrée, d'abord l'influence certaine de Hitchcock, puis la modification de la conclusion finale. Ainsi Truffaut veut reprendre le principe du Macguffin si hitchcockien,spoiler: tandis qu'il change le fin du roman. [spoiler]Le Macguffin n'est pas assumé jusqu'au bout et est mis en place de façon trop grossièrement, en effet le mobile de l'une comme des autres est dévoilé trop vite avec une question qui hante tout le récit : comment a-t-elle pu retrouver tous ces protagonistes ?! On pense un peu à "L'Eté Meurtrier" (1983). On suit donc Julie/Moreau sur cinq meurtres qu'elle planifie méthodiquement, de façon à la fois professionnelle et si peu plausible. La veuve tueuse a surtout beaucoup de chance, tout se passe si bien et finalement on finit par se moquer de l'intrigue elle-même pour savourer les quelques moments qui sèment une histoire découpée comme autant de segments. Le film reste assez inégal donc, ça manque de fluidité et d'intérêt émotionnel même si on savoure plusieurs séquences entre ironie et sarcasme. Un film qui souffre surtout de la comparaison, [/spoiler]on imagine bien qu'un Hitchcock aurait été plus subtil sur bien des aspects. Site : Selenie.fr
Je ne suis pas un grand admirateur de toute l œuvre de Truffaut, mais de cette filmographie, c est pour ma part, le meilleur film de ce réalisateur. En effet j ai été plus sensible, grâce au scenario machiavélique de la mariee etait en noir, un clin d œil a Hitchcock, un réalisateur qui l admirait. L histoire d une jeune femme joue par jeanne moreau, ivre de vengeance car a la sortie de l eglise, suite à son mariage, elle a vu son mari se faire abattre. Elle décida d d'éliminer un par un les responsables de ce meurtre. Ce film a beaucoup inspiré quentin Tarantino, pour preuve, la trame du scenario est très similaire à son kill bill. J ai surtout pas compris son flinguage lors d un interview du travail de Truffaut. Bref un bon film à voir
Jeanne Moreau joue les tueuses en série pour François Truffaut dans une série noire à la française, c'est-à-dire probabement moins sombre que le roman originel de William Irish. Ce film singulier et brillamment construit dépasse le strict intérêt qu'on porte à l'intrigue par la qualité de ses personnages. Malgré la brièveté forcée de leur rôle, Michel Bouquet, Charles Denner et les autres spoiler: victimes expiatoires de la vengeance de Julie existent pleinement par une commune médiocrité masculine; ils sont, chacun à sa façon, des spoiler: prédateurs de femmes, de sorte que leur élimination par une femme résonne de curieux accents psychanalytiques. Dans chacun des tableaux les présentant successivement, on découvre des personnages, certes typés, mais humains, vulnérables et ludiques, amusants, que Truffaut l'humaniste rend sympathiques en dépit de leur mesquinerie et de leur faute. S'abstenant de jouer à fond la carte du suspense, et c'est là que sa mise en scène découvre son intelligence, le cinéaste dévoile en cours de film le mobile de Julie. Ce qui permet, dans un premier temps, de développer l'intrigue sous son aspect énigmatique et noir puis, dans un second temps, sous un angle plus émotionnel à partir duquel Jeanne Moreau substitue à sa froideur ses scrupules et sa douleur. Malgré la nature du sujet, le ton général est à la fantaisie.
Revoir ce film est une expérience stimulante. Je craignais qu'il ait vieilli : pas du tout. D'abord Jeanne Moreau est envoûtante, pour ne pas dire magique (magie noire, s'entend). Mais les acteurs qui l'entourent n'ont pas grand chose à lui envier : ils sont tous excellents. Peut-être un seul meurtre est-il un peu invraisemblable (pour ceux qui n'ont pas vu le film, je laisse le suspense). Cette nouvelle vision m'a aussi fait prendre conscience de la musique... jusqu'à ce que je découvre qu'elle était de Bernard Hermann (Vertigo, Psychose, etc.). Il ne fait pas partie de mon top 10, mais il n'est pas loin.
Un film à l'atmosphère Hitchcock par un réalisateur qui l'admirait. Mais on reconnaît quand même le style Truffaut aux dialogues ciselés. Une histoire de vengeance, un film très féministe où une femme déterminée fait face à des hommes immatures, dragueurs, qu'elle séduit très facilement. Dommage que la clé de la vengeance soit révélée trop tôt, mais le twist final est parfait.
Un Truffaut plutôt convenable, mais qu'est ce que le film est lent . Par contre Jeanne Moreau est impeccable tout comme Charles Denner ..... Mais le film est trop facile. sympa voilà
Quel dommage! En ce 21 juin 2024 je revois, par temps d'orage, ce film de Truffaut. A la vision duquel je prends un certain plaisir... N'en déplaise à la kyrielle de critiqueurs qui n'ont fait que collectionner les mauvaises notes au sujet dudit film! Donc je me suis dit qu'il fallait apporter ma pierre à l'édifice et améliorer, si possible, ce score si déplorable... Bien sûr, il faudrait que je creuse un peu pour connaître la manière dont la "mariée" a pu identifier tous les protagonistes de cet "accident" qui a amené le décès de son mari... Mais bon! Passons... J'ai pu voir que Jeanne Moreau joue son rôle d'une manière froide. sans expression... N'oublions pas qu'elle n'a qu'un but: venger la mort de son homme. son amour... C'est donc une attitude déterminée... Le livre, que je ne connais pas. n'est pas respecté ? La belle affaire... Est-ce le premier film dans ce cas? La plupart des films actuels m'ennuient souverainement... Je n'ai eu aucun ennui à revoir ce film et je tire mon chapeau à Truffaut ! Et je note...