Ayant bien réfléchis, un film de divertissement... Non, un BON film de divertissement a pour objectif de nous offrir un spectacle qui évitera -par tout les moyens- de traiter un sujet. Qu'il soit philosophique ou pas. Il se doit d'éviter au spectateur une quelconque réflexion au delà du simple média, mais uniquement à l'intérieur (si c'est nécessaire). Réaliser un film de divertissement c'est partir du principe qu'il faut que le sujet ne soit pas traité car il est déjà traité, comme si tout le travail de réflexion s'était fait avant ; lorsque le film commence, nous savons déjà -quelque part en nous- que le temps a un prix, que les riches voudront l'éternité au détriment des pauvres, et que l'éternité créera une lassitude poussant au suicide de son hôte. C'est en partant sur des acquis, sur la non-réflexion, sur le savoir, qu'il est possible de faire profiter au spectateur ce qu'ils ont, au lieu de leur faire découvrir ce qu'ils n'ont pas.
On ne cherche pas à les faire voyager, on cherche à les divertir.
S'essayer à des propos philosophiques pour un tel film : c'est se suicider, parce qu'un propos pas aboutis ne vaut plus grand chose. Et un propos abouti ? Pas un film de divertissement.
Il n'y a nul besoin de réflexion quand la profondeur est auto-suggéré.
Un film de ce genre -s'il est réussit- est "comestible" puisqu'il est oubliable, comme n'ayant pas de perspective, on ne peut pousser l'expérience plus loin que sur l'instant présent qui nous est offert. Le seul moyen pour l'artiste d'empêcher l'oublie de son oeuvre, c'est de marquer autrui avec une sensation d'accomplissement, forçant ainsi à renouveler l'expérience.
Le divertissement est un genre réservé aux génies, alors bien trop utilisé par les "ratés".
Time Out est du divertissement, certes, mais pas complet : il contient quelques débouchés philosophique non-aboutis par cause du genre lui-même (le divertissement). Et c'est de cette manière précise qu'il se trahi, oubliant d'être tout publique, il délivre un message pseudo-intellectuel qui est destiné qu'aux attardés, vu qu'eux seuls vont y réfléchir. Il perd sa force à trop vouloir suppléer un peu d'attraction par de la profondeur, mais ces deux principes ne se concordent pas.
Peut-on/doit-on juger une oeuvre par la sommes de ses erreurs ? Si c'est le cas, Time Out n'en acquiert pas assez pour être considéré comme mauvais. Mais il faut tout de même souligner tout le respect des codes du divertissement. Et c'est ce qui fait de cette oeuvre, quelque chose d'intéressant.
Une expérience à renouveler ?