“I Origins” émerge à la suite d’une idée bien établie du réalisateur Mike Cahill, il projette de faire un film alliant science et spiritualité, deux mots opposés qui nous questionnent autant qu’il se complètent.
Il montre une œuvre d’une grande sensibilité : une aventure scientifique en apparence anodine, dévoile une universalité qui interpelle la plupart d’entre nous.”I Origins” parle d’humanité, de sentiments, de découvertes et de réincarnation (dans le sens qu’on veut bien lui donner). Rares sont les films qui nous rapprochent des questions de l’existence et de l’essence de la vie. Michael Pitt est incroyable, Astrid Bergès-Frisbey et Brit Marling le sont tout autant. Un long-métrage cohérent, maîtrisé avec une conclusion humble et sensible, à son échelle, qui laisse au mystique sa part de mystère et à la science son pourcentage d’inconnues.
Le propos est compris et réussi quand on voit que
dans dans la dernière scène, nous n’avons besoin d’aucun mot pour comprendre ce qu’il se passe et être emmené loin, dans une singularité, une connexion d’humain à humain, un rapport de l'âme.
D’autant plus le choix de l’arc narratif porté sur les yeux et leur fonctionnement, leur anatomie apporte au film un esthétisme flamboyant, en plus de l’approche scientifique.
Seul bémol,
la mort de Sofi (Astrid Bergès-Frisbey) qui reste brutale, sans grande justification. Sans renforcer le pathos sur ce drame, le fait de donner un peu plus d'explications sur sa mort aurait amené plus de crédibilité.
“I Origins” se contemple pour les humains que nous sommes, il pose des questions, les laisse ouvertes sans jamais les réfuter, c’est réalisé avec conviction, sagesse et passion, un cinéma profond et révélateur.