Taxi Téhéran
Note moyenne
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273 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 12 mai 2015
Je n'ai pas aimé ce film parce que j'ai du mal à le décrire comme un film. C'est plus une série de discours politiques présentés comme des conversations entre un taxi et ses clients. Je n'aime pas l'auto-topage du réalisateur.

Reste le coté "documentaire sociologique", mais là encore, ce n'est pas un film. Les gens qui sont tous dans la débrouille, la dictature qui gêne plus qu'elle n'oppresse vraiment, la délinquance endémique malgré l'application assidue de la peine de mort.

Bref, j'y suis aller parce que j'étais curieux de ce pays. Mais n'y aller pas pour voir autre chose que ça : des discours politiques et un peu de commentaire sociologique...
DarkAkuma02
DarkAkuma02

61 abonnés 506 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 mai 2015
Le scénario de Taxi Téhéran est original, nous montrant le parcours d’un chauffeur de taxi au grès de ses différentes rencontres. Jafar Panahi, le réalisateur, joue son propre rôle dans la peau de ce chauffeur de taxi et différents sujets sont abordés en fonction de ses clients. Il est intéressant de suivre ces conversations variées passant de thèmes légers à d’autre plus engagés, mais il faut s’attendre à voir un film uniquement constitué de cela.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 14 mai 2015
Quel film incroyable !
Quel courage de la part de ce cinéaste d'avoir réalisé un film d'une telle qualité.
Ce diamant a l'état brut défend la liberté de manière subtile, avec une pointe d'humour. Nous sommes transportés dans un autre pays, a travers les histoires réelles de plusieurs personnages.
Alors je ne peux que conseiller ce film !
Pascal C.
Pascal C.

32 abonnés 113 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 mai 2015
Je n'ai pas accroché à ce film, lent et au propos ambiguë. Il y a quelques scènes relativement drôles mais pour le reste.... J'ai le sentiment qu'on a fait d'une coquille vide, un petit chef-d'oeuvre qu'il n'est en rien pour moi. Je me suis ennuyé ferme.
VILLE.G
VILLE.G

77 abonnés 805 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 mai 2015
Affirmer que c'est du grand art est très excessif mais c'est effectivement cocasse et intéressant.
Ça donne une certaine vision de l'Iran dans un petit film original et sûrement marquant.
Septième Sens
Septième Sens

99 abonnés 762 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 mai 2015
Cet hymne au cinéma et à sa puissance artistique fait tout simplement l'effet d'une claque salvatrice. Car l'idée de départ faisait peur : mettre une caméra dans une voiture et se faire passer pour un chauffeur de taxi. Mais c'était sans compter sur le talent de Monsieur Jafar Panahi, Caméra d'or pour Le ballon blanc ou Pris du Jury pour Sang et or.

Taxi Téhéran repousse les limites du Septième Art en le redéfinissant grâce à une inventivité sans pareil. Grâce à une mise en scène inspirée et efficace, ce documenteur joue constamment avec la vérité et installe un véritable jeu entre le cinéaste et son public. Mêlant la réalité (de nombreux acteurs jouent leurs propres rôles) à la fiction, le cinéaste fait un portrait dénonciateur et pertinent de l'Iran, sans oublier d'ajouter beaucoup d'humour à son œuvre. Tous ces personnages apportent une touche humaniste à la narration et apportent une réflexion (sur la loi, la religion ou l'art) à ce film remarquable.

Ce récit est d'autant plus fort lorsque l'on connait l'histoire personnelle du réalisateur. Depuis 2010, il est interdit de tourner des films. Mais cela ne l'a pas empêché de poursuivre son art et de s'épanouir dans sa vocation d'auteur. Après Ceci n'est pas un film et Pardé, il parvient encore à échapper aux autorités et témoigne de l'amour qu'il porte à son pays. Cela en dépit de la censure, de l'hypocrisie et de valeurs parfois régressives. L'accomplissement d'un petit miracle et la réalisation d'un très grand film.
MiMeNe75
MiMeNe75

2 abonnés 88 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 mai 2015
Une vraie immersion dans les faubourg de Téhéran qui nous permet de nous imprégner des vrais gens de cette culture si riche et à la fois paradoxale. Jafar Pahani nous offre ici, au péril de sa sécurité, un message de protestation authentique et engagé grâce à une simple caméra embarquée dans ce taxi sans GPS.
Gonnard
Gonnard

288 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 mai 2015
L'intérêt de "Taxi Teheran" réside plus dans la genèse que dans le contenu. La mise en abîme permanente, le parti pris de la réalisation, le dépouillement sonore et visuel... autant d'éléments originaux dans la galaxie cinématographique actuelle, mais rien non plus de sensationnel. Surtout, le film souffre d'un manque de rythme évident, le contenu étant parfois plus que léger. "Taxi Teheran" n'en reste pas moins une œuvre incontournable, en tout cas un témoignage indispensable sur l'Iran du début du XXI siècle.
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mars 2024
C'est le troisième film "illégal" de Jafar Panahi depuis sa condamnation en 2010, le troisième dispositif de cinéma et de métacinéma pour contourner et attaquer la censure qui le frappe personnellement et qui sévit globalement en Iran. Ce dispositif rappelle celui d'un autre film iranien, Ten, tourné par Abbas Kiarostami dont Panahi fut l'assistant. Quelques caméras plus ou moins cachées enregistrent des rencontres dans une voiture. Dispositif de documentaire mais écriture fictionnelle. Les rencontres sont scénarisées et interprétées par des acteurs non professionnels. Ce sont autant de saynètes qui permettent au réalisateur de faire passer quelques messages sur l'art, la liberté d'expression, la liberté de diffusion, notamment en faisant intervenir un vendeur de DVD piratés et une jeune fille qui doit réaliser un film dans son école en veillant à le rendre "diffusable". Panahi y va d'une provocation douce, ironique, à la fois drôle et amère. On le sent aussi porté par un vrai plaisir de faire du cinéma, même sous contrainte, même avec une grande économie de moyens. Du cinéma sur le cinéma (tout en mises en abyme, avec des caméras qui filment des gens qui filment). Du cinéma sur son cinéma (avec des références à ses précédents films). Mais aussi du cinéma sur son pays, l'Iran. Au fil des rencontres de ce road-movie particulier, se dessine par petites touches un tableau social et politique, entre idées conservatrices et idées progressistes, où il est question, entre autres, des notions de vol et de nécessité, de la peine de mort, de croyances ancestrales, de la place de la femme, de l'ouverture au monde... Le film souffre évidemment d'un côté un peu démonstratif, mais le réalisateur sait rester simple et sobre pour un résultat, au final, intelligent et attachant.
Moorhuhn
Moorhuhn

167 abonnés 579 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 mai 2015
Tout juste auréolé de son Ours d’or remporté en février dernier, Taxi Téhéran nous est parvenu en salles en ce mois d’avril 2015. Interdit de réaliser des films dans son pays pour une bonne dizaine d’années encore, Jafar Panahi récidive pour la troisième fois en nous proposant ce film tourné clandestinement et dans l’illégalité la plus totale. Je n’avais pas encore vu de films de ce réalisateur qui m’intéresse pourtant depuis un moment. Mais j’ai des priorités moi, il fallait que je consacre du temps pour le Debbouze, Panahi pouvait attendre ! La sortie de ce Taxi Téhéran donnait donc l’occasion non seulement de découvrir ce cinéaste mais aussi de voir quel genre de film peut être réalisé avec des moyens aussi bridés.

Pour le coup, on peut dire je suis vraiment très partagé sur ce Taxi Téhéran. On assiste à un mélange entre fiction et documentaire qui n’est pas forcément une réussite pour ma part car c’est tantôt subtil, tantôt maladroit. On a quand même un bon point d’entrée de jeu : le film est très immersif. Nous sommes plongés au cœur de la capitale iranienne vue de l’intérieur de ce petit taxi avec sa caméra embarquée et son chauffeur particulier. La réalisation d’ensemble est faite de manière à créer l’illusion du réel, comme si l’on captait quelque chose d’authentique à chaque plan. Mais il me paraît difficile de louer l’authenticité de ce film étant donné qu’il est bien trop écrit pour paraître vrai.

Pour ma part, se situer à la frontière entre la fiction et le documentaire n’est pas le parti-pris le plus pertinent qui soit dans ce cas présent. Autant faire quelque chose de 100% vrai (un peu risqué vu le pays cela dit) ou quelque chose de 100% fictif mais qui s’assume tel quel. Car là, on sent les rouages du scénario, on sait où Panahi veut nous mener, on sait que chaque séquence sera l’occasion de pointer du doigt un dysfonctionnement ou un abus typique du pays. Et cette scénarisation nuit à la subtilité des propos véhiculés par ce film, c’est trop « joué », trop didactique.

La société iranienne est forcément critiquable sur bien des points avec certaines de ses positions et décisions socio-politiques très discutables. Chaque société d’ailleurs est critiquable, quelle qu’elle soit. Le problème ici c’est qu’on a une critique unilatérale et mécanique qui est quand même un peu lourde. Chaque scène est clairement construite dans le but de dire « Bouh c’est pas bien » sur un fait de société ou sur une décision du gouvernement. Quand bien même ce n’est pas « bien », je trouve dommage de s’apitoyer de la sorte.
Après forcément je ne peux pas juger pertinemment de ce qui se passe là-bas, moi le petit français qui vit loin de l’Iran dans son confort et qui peut librement écrire cet avis. Mais ici on sent que le cinéaste se plaint via les personnages qui apparaissent à l’écran. Et se plaindre en faisant la morale ne fait pas forcément avancer les choses et ne renforce pas ce que tu cherches à dénoncer. Mais fort heureusement, l’ensemble de ces critiques formulées par Panahi reste bien dissimulé derrière une légèreté de ton qui rend le film digeste et son visionnage appréciable même si le tout reste très convenu.

De mon point de vue, le problème vient surtout du fait que le film est centré sur Panahi et ses propres problèmes. Le cinéaste est le personnage principal du film et va même jusqu’à pratiquer l’autoréférence en se filmant dans sa prison à ciel ouvert. Certes son sort est triste dans la mesure où son propre pays lui interdit de pratiquer son art et qu’il est « obligé » de réaliser des films clandestinement. Mais le peuple iranien n’est pas Jafar Panahi. Si le film s’était contenté de filmer tous ces passagers du taxi venant de tous horizons et ayant plein de choses à dire sur le quotidien ou sur la société, là ça aurait été plus intéressant. Avec un chauffeur de taxi qui n’est pas réalisateur maudit mais qui est un chauffeur de taxi comme un autre. Mais ici les discours des différents passagers sont trop rôdés et politisés pour créer cette sensation de vrai. C’est un procédé artificiel.

Je peux donner l’impression de ne pas avoir du tout aimé ce film mais ce n’est toutefois pas le cas. Comme je l’ai déjà dit, la légèreté du film fait facilement passer la pilule. On évite justement de tomber dans la pleurnicherie pure et simple qui aurait pu rendre ce film totalement indigeste, même si cette pleurnicherie est réelle bien que très implicite. Du coup, même si on n’est pas forcément d’accord avec la façon de délivrer le message, on peut apprécier l’humour de certaines scènes. Le passage des petites vieilles avec leurs poissons est notamment plutôt drôle, tout comme les discussions entre l’oncle Panahi et sa nièce. Tous ces petits dialogues qui s’éloignent du cadre politique sont vraiment agréables, légers. Le film aurait gagné d’ailleurs à contenir plus de scènes de ce genre avec la simplicité et la pudeur qui les caractérisent.

Un autre point d’appréciation reste aussi cette mise en scène de qualité, qui renforce l’immersion dans ce pays pas forcément très accessible et assez méconnu des occidentaux. On reste toujours dans le cadre de ce taxi, tel un observateur du Monde qui entoure ce petit monde. On a cette sensation d’être « à l’abri », d’être dans un espace de convivialité qui contraste avec la dureté des lois du pays qui ne se ressentent cependant pas à l’écran. Aucune menace ne semble peser sur ce taxi et son chauffeur particulier.

C’est dans cet aspect, je pense, qu’on retrouve la plus grande subtilité du film. Car le taxi de Jafar Panahi est un espace de discussions et d’échanges sur des thématiques variées, on aime ce lieu car la pensée n’est pas interdite ou limitée et que l’on peut parler de tout. C’est donc là le plus grand paradoxe (et gâchis) du film à mes yeux. Si tout n’était pas aussi orienté et scénarisé, on aurait peut-être eu affaire à quelque chose de plus vivant, de plus authentique et qui aurait quand même soulevé des choses sur les différents aspects sociétaux de l’Iran. Mais les ficelles sont hélas trop visibles même si, à côté, la réflexion sur le vol (thématique archi présente dans Taxi Téhéran) est pertinente. Panahi se met lui-même en scène d'ailleurs dans sa condition de voleur d'images malgré lui. Il expose cette sensation d'être considéré comme un voleur dans un monde lui-même rempli de voleurs. A commencer par ces personnes qui lui ont "volé" une partie de sa liberté. C'est l'un des aspects du film qui m'a le plus parlé justement, qui me paraissait très juste. Dommage que la subtilité de ce propos contraste avec la balourdise de certaines autres séquences.

Puis il y a aussi cette déclaration d’amour faite au cinéma qui ne peut pas me laisser insensible. Panahi aime le cinéma, il aime faire du cinéma, il aime regarder ce que ses compères font jusqu’à déclarer que « tout film mérite d’être vu et que le reste est une question de goûts ». Phrase un peu naïve mais qui a du sens au vu de la situation traversée par le cinéaste. Bon après on peut se poser la question sur tout ce qui est Divergente, 50 nuances de Grey, etc… Mais je suis certain que Panahi ne pensait pas à ce genre de trucs quand il a dit ça. Généralement j’ai aimé toutes les séquences qui se rapportaient au cinéma, notamment avec ce trafic de films non approuvés par le régime qui circulent sous le manteau.
Le mieux restant tout de même les passages avec la nièce qui liste tout ce qu’il faut faire pour rendre le film diffusable, ce qui est plutôt cocasse. Jusqu’au point où elle est prête à engueuler un enfant pour qu’il fasse quelque chose de « moral » pendant qu’elle le filme. Une des scènes les plus drôles du film d’ailleurs, qui dit en plus pas mal de choses sur le processus de création artistique en Iran. Mais après tout, ces limites n’empêchent pas certains réalisateurs de faire de très bons films. Je pense à Abbas Kiarostami notamment qui arrive d’ailleurs à soulever des problématiques sociétales sans s’attirer les foudres du régime (ou du moins pas à ma connaissance).

Dans la globalité, j’ai quand même apprécié le visionnage de ce Taxi Téhéran pour toutes les raisons citées ci-dessus. Même si je ne peux que déplorer ce côté trop plaintif que je peux toutefois comprendre. Après tout, difficile de se mettre dans la peau d’une personne qui ne peut plus faire son métier librement et dont les moindres faits et gestes sont surveillés. Ça reste quand même impressionnant de voir que ce type ait pu faire deux longs-métrages et participé à un autre alors que ça lui est strictement interdit. Mais ça peut aussi soulever des questions sur sa vie et sur le fait de savoir s’il vit dans un si grand « enfer » que ça… N’aurait-il pas dû faire un tour en prison après son « Ceci n’est pas un film » ? Après tout il a bravé les interdits au vu et au su du monde entier, ce qui aurait pu légitimement mettre les dirigeants iraniens en colère… Pourtant, il récidive. Intolérable ! Si j’étais dicta… Leader suprême bien-aimé d’un pays et qu’un cinéaste osait critiquer mes méthodes, ça fait bien longtemps qu’il finirait dans un cachot à regarder la daube de Jamel Debbouze en boucle. Ça lui aurait passé l’envie de tourner des films tiens !

Enfin je ne suis pas dirigeant contesté d’un pays, je reste un citoyen français lambda et je vais revenir à cette condition pour boucler cette critique (même si être dictateur ça doit être bien sympa avant qu’on vienne te trancher la tête). Taxi Téhéran est un film que je conseille malgré les quelques reproches que j’ai pu lui faire car il permet d’aborder des questions et problématiques très intéressantes. Sur la société iranienne, sur les actes contraires au bon fonctionnement de cette société, sur le cinéma, sur la liberté d’expression et d’opinion. On peut même développer la réflexion en s'appuyant sur l'exemple de notre propre société occidentale. Le film dure 1h20 et le rythme est suffisamment maîtrisé pour suivre son déroulement avec plaisir même si on peut légitimement tiquer sur quelques aspects du scénario. Le prix reçu à Berlin me paraît quand même plutôt exagéré et délivré davantage pour le geste plutôt que pour les qualités intrinsèques. Je poursuivrai quand même volontiers sa filmographie mais peut-être avec ses films tournés « légalement ». Je pense à Hors-Jeu ou encore à son film sur le Racing Club de Lens. Affaire à suivre.
SamuelOTook
SamuelOTook

3 abonnés 48 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 mai 2015
J'ai embarqué dans un voyage dépaysant, avec ce Taxi Téhéran, qui nous plonge dans la réalité de ce pays si riche en diversité, mais aussi si pauvre en liberté, qu'est l'Iran.
Jafar Pahani nous propose un dispositif original, avec une (et même plusieurs) caméras embarquées dans un taxi. Les saynètes s'enchaînent en temps réel, au gré du va et vient des passagers. Chaque passage est intéressant, même si il y a quand même un crescendo dans la conviction des personnages. Côté acteurs, il y a une ambiguïté savamment entretenue : sont-ce des personnes réelles filmées en caméra cachée ou des acteurs suivant un texte réglé au millimètre. Le truculent Omid nous donne la clé : ce sont des acteurs. Mais amateurs, il paraît. On peut imaginer en tout cas que les conditions de tournage (il fallait faire vite avant que la censure ne s'abatte) n'ont pas été idéales pour faire de multiples prises. On notera une certaine inhomogénéité dans le jeu de ces acteurs : par exemple, je n'ai ainsi pas trop adhéré à l'interprétation du couple d'accidentés à moto. Par contre, la petite fille nous emporte par sa malice.
Le rythme du film n'est pas extraordinaire, mais on ne s'ennuie pas. Et, surtout là où on pouvait craindre que le réalisateur nous laisse avec un film qui ne serait qu'une peinture de la société iranienne, on a en fait une fin habile. Ce qui me fait dire que sous ses aspects nonchalants, Taxi Teheran de Jafar Panahi est quand même sacrément couillu.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 5 mai 2015
A voir pour le geste.
Je suis allée voir ce film en soutien au principe de liberté d'expression qu'il incarne. Quelqu'un à qui non seulement on a demandé de se taire (interdiction de tourner des films) mais aussi à qui on interdit de partir (interdiction de quitter l'Iran) s'exprime malgré tout même si sa sécurité est en jeu. Il s'agit également d'un hymne à la passion d'une vie : le réalisateur ne sait rien faire d'autre que du cinéma et c'est ce qu'il fait clandestinement.
Le film nous est présenté comme un portrait de la société Iranienne à travers la capture de « tranches de vie ». En fait, j'ai l'impression que toutes les saynètes sont des montages et les personnages jouent un rôle (la nièce, l'avocate). Même si leur rôle est sûrement réaliste, il nous est présenté une vision partiale de la réalité. J'ai ressenti ce film comme le vecteur d'un message « regardez dans quelle société un artiste opprimé est obligé de vivre ». A mon sens le message aurait eu davantage de portée s'il avait été présenté de manière plus subtile, sans que l'on ait l'impression d'être manipulés même si c'est à bon escient.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 6 mai 2015
Un véritable acte de résistance qui nous plonge au coeur de l'Iran, des scènes touchantes et drôles: voilà ce qu'est Taxi Téhéran. Il ne reste plus qu'à attendre le prochain film de Panahi pour voir de quelle ingénuosité il fera preuve pour réaliser son film.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mai 2015
Jafar Panahi, condamné à résidence, emprisonné en 2010 et interdit de filmer décide de passer outre les injonctions faites à son égard par la dictature iranienne pour tourner un film depuis et uniquement à l’intérieur d’un taxi dont il devient le chauffeur improbable. Improbable à nos yeux mais aussi aux yeux de bon nombre de ses compatriotes le reconnaissant en entrant pour une course. La confusion commence aussi à ce niveau dans ce film entre fiction et documentaire ; clients ou comédiens ? Séquences volées ou répétées ? Après investigation, on comprend qu’il s’agit d’une fiction et non d’un documentaire ; les dialogues ont été écrits, maintes fois répétés. Par contre Panahi s’est beaucoup inspiré lors de l’écriture de ce qu’il a entendu lors des repérages et ses acteurs sont des non professionnels qui jouent leurs propres rôles… même sa nièce incarnant une jeunesse désinvolte laissant à penser que le changement de régime n’est pas loin et viendra bien de cette génération. Dans sa première partie, il enchaîne donc des scènes burlesques truculentes. Pas de manichéisme, mais par sa palette de personnage hauts en couleur, il fait passer énormément de message sur la société iranienne : la culture présente de partout sous forme clandestine (vendeurs de Cd ou de DVD à la sauvette par ex) ; le refus de la peine de mort et de la dénonciation de ses compatriotes aux abois ; les règles absurdes de production cinématographiques édictées par le régime ;… car il est beaucoup question de cinéma dans la seconde partie ; avec même la petite nièce qui prenant la caméra réalise un long plan séquence extérieur pas dénué d’intérêt et dénonciateur de l’absurdité de la loi islamique. L’Iran est donc reconstitué depuis un petit vase clos avec justesse et intelligence.
Ours d’Or au dernier festival de Berlin ; Panahi se voit consacrer plus pour son engagement politique et son film courageux que pour la qualité cinématographique. 3 caméras fixes dans un taxi filment l’intérieur et l’extérieur ; travail conclu par un montage efficace. Mais ce dispositif simple n’est pas d’une grande richesse. Il faut se souvenir qu’en 2011 pour présenter un film clandestin à Cannes ; Panahi camoufla une clé USB contenant le film dans un gâteau !!! Le geste, intelligent et utile, est ici récompensé par Berlin. Une défense justifiée de la liberté d’expression par les occidentaux.
A voir pour les amateurs de films témoins de leur époque.
Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 mai 2015
La pression de la censure et des interdits peuvent devenir source d'inspiration. C'est effectivement en contournant son interdiction temporaire de tourner un film que Jafar Panahi eu l'idée de réaliser ce film intégralement dans un taxi. Le cinéaste iranien se met d'ailleurs lui-même en scène dans son propre rôle. Moyens limités mais le talent est bien présent. Evidemment, la technique est ici restreinte mais les dialogues entre les passages et le chauffeur/réalisateur ainsi que leurs personnalités respectives apportent toute leurs saveurs au long métrage. Entre humour, tendresse et piques politiques, "Taxi Teheran" brosse subtilement et parciellement le portrait de la société iranienne actuelle. On pourrait cependant regretter que le film s'essouffle un peu vers la fin. La ballade à Téhéran en taxi en compagnie de Jafar Panahi vaut le coup.
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