"La Voie de la justice" m’a touché, sans pour autant me bouleverser. Le sujet, tiré d’une histoire vraie, est fort et important : un jeune avocat noir qui, dans l’Amérique profondément marquée par le racisme institutionnel, décide de défendre des condamnés à mort dont la culpabilité est plus que douteuse. Rien que pour ça, le film mérite d’exister. J’ai ressenti de la colère, de l’indignation, et parfois même un élan d’espoir. Mais malgré la sincérité du propos, quelque chose m’a empêché d’être totalement emporté.
Le film souffre, à mes yeux, d’un certain classicisme dans sa mise en scène. On sent que Destin Daniel Cretton veut bien faire, qu’il respecte son sujet et ses personnages (et c’est tout à son honneur). Mais cela donne aussi un récit un peu trop linéaire, voire scolaire par moments. J’aurais aimé plus de rugosité, plus de prises de risques, une mise en scène qui secoue autant que l’injustice qu’elle dénonce.
Côté casting, Michael B. Jordan livre une prestation solide, même si je l’ai trouvé parfois un peu trop lisse. Jamie Foxx, en revanche, est bouleversant. Il insuffle à son personnage une humanité et une intensité qui, pour moi, constituent le vrai cœur du film. Brie Larson est un peu en retrait, mais juste dans son jeu. Le trio fonctionne, même si on aurait pu creuser davantage les relations entre les personnages.
En somme, "La Voie de la justice" est un film nécessaire, honnête et engagé, mais qui manque un peu de souffle pour marquer durablement. Il fait le travail, il informe, il touche, mais sans transcender. C’est un bon film, pas un grand film (d’où ma note de 3/5). À voir, ne serait-ce que pour se rappeler que certaines luttes sont toujours tristement d’actualité.