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    Phantom Thread
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Phantom Thread" et de son tournage !

    Dernier rôle pour Daniel Day-Lewis

    Stupeur à Hollywood ! Le triple oscarisé Daniel Day-Lewis, 60 ans, met un terme à sa carrière de comédien après avoir joué un dernier rôle dans Phantom Thread de Paul Thomas Anderson.

    Leslee Dart, porte-parole de cet acteur atypique, réputé pour l'investissement total qu'il met dans ses rôles, a confirmé la nouvelle : "Daniel Day-Lewis ne travaillera plus comme acteur. Il est immensément reconnaissant envers tous ses collaborateurs, envers le public, depuis toutes ces années. Il s'agit d'une décision personnelle. Ni Daniel, ni ses représentants ne feront d'autres commentaires sur le sujet."

    Daniel Day-Lewis est le seul comédien détenteur de trois Oscars du Meilleur acteur, pour My Left FootThere Will Be Blood et Lincoln. Celui qui a également crevé l'écran dans Gangs of New York et Au nom du père avait fait une pause de cinq ans dans sa carrière à la fin des années 90, sans que le mot "retraite" ne soit alors prononcé. Il s'était pour l'occasion converti à la cordonnerie avant que Martin Scorsese ne le sorte de cette "retraite".

    Idée de départ

    Paul Thomas Anderson, dont les dernières réalisations incluent les clips de Radiohead et de Haim ainsi que le documentaire Junun, n’avait jusque-là aucun intérêt pour le milieu de la mode, jusqu’à ce que le musicien Jonny Greenwood ne lui fasse une remarque sarcastique sur son accoutrement, le traitant de ‘‘Beau Brummell’’. Il s’est alors renseigné sur les caractéristiques de ce célèbre dandy et s’est réellement piqué d’intérêt pour l’histoire de la mode.

    Sur tous les fronts

    Paul Thomas Anderson a réalisé, écrit et officié en tant que directeur de la photographie sur Phantom Thread.

    Paul et Jonny

    Phantom Thread marque la 4ème collaboration entre Paul Thomas Anderson et le musicien Jonny Greenwood après There Will Be BloodThe Master et Inherent Vice.

    Préparation intensive

    Comme à son habitude, Daniel Day-Lewis s'est complètement investi dans son rôle, regardant notamment de nombreuses archives de défilés de mode des années 40 et 50, étudiant également les plus grands couturiers, effectuant un conséquent travail de recherches au Victoria and Albert Museum de Londres. Il a aussi appris comment confectionner des vêtements sous la houlette de Marc Happel, directeur du département costumes du New York City Ballet. Il a poussé la préparation jusqu'à créer lui-même une robe pour sa femme, Rebecca Miller.

    Une histoire d'accent

    C'est la première fois depuis Stars and Bars en 1988 que Daniel Day-Lewis utilise son accent britannique naturel pour un rôle.

    Inspiration espagnole

    Le personnage de Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis) est inspiré par le grand couturier espagnol Cristóbal Balenciaga (1895-1972). Lors de ses investigations pour le film, Paul Thomas Anderson a développé une véritable curiosité pour la vie et l’oeuvre de ce couturier connu pour son travail sur la dentelle, ses coupes innovantes et l’élégance de ses patrons. Cette curiosité s’est transformée en fasciation à la lecture du livre de Mary Blume "The Master of Us All : Balenciaga, His Workrooms, His World" que la vie de cet esthète, qui vivait comme un moine et son approche de la mode à l’époque de l’âge d’or d’Hollywood et du travail de Dior sur la réinvention de la silhouette féminine. Les silhouettes angulaires du créateur lui ont tout de suite fait penser à Daniel Day-Lewis avec qui il avait hâte de retravailler depuis There Will Be Blood. "Daniel est un homme d’une grande beauté, mais dans notre précédent film, ce n’est pas exactement le côté que nous avions travaillé ni mis en avant. Il était temps de rendre justice à sa beauté, son élégance naturelle et la passion qu’il a pour les choses qu’il fait de ses propres mains."

    Gérer son budget

    Avec un budget estimé à 35 millions de dollars, Phantom Thread est le second film le plus cher de Paul Thomas Anderson après Magnolia (37 millions). Pour rappel, The Master et There Will Be Blood ont respectivement coûté 32 et 25 millions de dollars tandis que le budget d'Inherent Vice s'élevait à 20 millions.

    Inspiration Hitchcock

    Paul Thomas Anderson a toujours été captivé par le glamour et les histoires d’amour passionnelles très noires du milieu du XXe siècle, et spécialement Rebecca d’Alfred Hitchcock. "Cela faisait longtemps que j’attendais un scénario qui me permettrait de mettre en scène une relation triangulaire du genre de celle de Rebecca, dans une atmosphère excessivement raffnée qui se prêterait à un romantisme macabre." Daniel Day-Lewis et le réalisateur se sont alors plongés dans des recherches sur l’histoire de la Haute Couture, dévorant les ouvrages à propos des plus grands créateurs, de Balenciaga à Dior en passant par Charles James ou Alexander McQueen, qui dans sa jeunesse cousait des messages dans les doublures des costumes qu’il fabriquait pour les plus grands de ce monde, y compris le prince Charles. Day-Lewis nous explique : "Après la guerre, le monde de la mode s’est scindé en deux : il y avait Paris, le leader, là où le « New Look » avait été inventé, et tout un éventail de créateurs londoniens. C’est sur ces créateurs que nous nous sommes concentrés, il y avait quelque chose de très intéressant à explorer dans l’idée qu’un tel raffinement pouvait naître au coeur d’une si grande austérité ambiante."

    Décors réels

    Une grande partie du film a été tournée dans les villages de Lythe et Staithes près de Whitby sur la côte est de l'Angleterre en janvier et février 2017. Pour Paul Thomas Anderson, natif de la côte ouest des États Unis, et habitué aux studios de San Fernando Valley, Londres était la ville rêvée pour son premier fi lm à l’étranger. Durant leur séjour à Londres, le réalisateur et Daniel Day-Lewis ont étudié ensemble l’art de la Haute Couture, échangeant des livres sur le sujet et se rendant fréquemment au Victoria et Albert Museum, où à travers les créations de Balenciaga et Charles James ils ont commencé à croquer la personnalité du couturier Reynolds Woodcock.

    Blague à part

    Le nom de Reynolds Woodcock a été suggéré comme une blague par Daniel Day-Lewis à Paul Thomas Anderson. Le cinéaste a tellement ri en entendant ce patronyme qu'il a décidé de garder ce nom pour son héros.

    Haute couture

    La plupart des membres du staff de la maison de couture Woodcock sont joués par des acteurs professionnels. Toutefois, se glissent parmi eux des couturières et des personnes réellement connectées au monde de la mode. Joan Brown et Sue Clark sont par exemple des conceptrices de robes à la retraite que Paul Thomas Anderson a rencontré durant ses recherches au Victoria & Albert Museum's historic clothing archive. Amber Brabant et Geneva Corlett sont des costumières professionnelles pour le cinéma et Georgia Kemball est designer dans le textile.

    Ecriture appliquée

    Contrairement au scénario de There Will Be Blood qui était presque fini quand Daniel Day-Lewis l’a eu entre les mains, celui de Phantom Thread a été travaillé pendant deux ans avant que le tournage ne commence. "Il y avait beaucoup de matière mais pas de structure. J’écrivais pendant des semaines à Londres puis on faisait une lecture à New York avec Daniel. Il y a eu beaucoup d’allers retours", explique Paul Thomas Anderson. C’est pendant cette période que l’acteur s’est perfectionné dans l’art de la Haute Couture, étudiant des douzaines de volumes sur le sujet, se rendant fréquemment au Costume Center d’Anna Wintour au Metropolitan Museum de New York, pour s’imprégner du travail fait sur les robes des plus grands couturiers du monde qui y sont archivés. Il a de même pris des cours sous la direction de Marc Happel le créateur des costumes du New York City Ballet. Le cinéaste admiratif nous confie : "Il a tout appris et à la fin de sa formation, il a fait lui-même une copie parfaite d’un costume Balenciaga."

    Signification du titre

    Au printemps 2017 le projet a été nommé Phantom Thread, faisant référence à la situation particulièrement difficile des couturières de l’East London durant l’ère victorienne, qui travaillaient des heures au fond des manufactures, dans des conditions déplorables les laissant physiquement, moralement et psychologiquement exsangues… d’où les fameux Phantom Thread. Mais le titre fait également référence aux forces occultes qui tissent les destins qui échappent au contrôle des humains. Maîtrisons nous vraiment l’art, ou est-ce l’art qui nous maîtrise ?

    Une jeune actrice à suivre

    Vicky Krieps, comédienne originaire du Luxembourg, fait ici une entrée fracassante dans le monde du cinéma hollywoodien avec le rôle d'Alma, la femme qui se dresse entre les deux piliers de la maison Woodcock. Privilégiant une carrière européenne, elle ne croyait pas beaucoup à ses chances d’obtenir le rôle, surtout face à deux artistes de l’envergure de Daniel Day-Lewis et Paul Thomas Anderson. Pour le réalisateur, dès le visionnage de son audition il y a eu une évidence : la jeune actrice avait tout de l’héroïne qu’il avait imaginé. "L’idée était de trouver une jeune femme entre 25 et 33 ans, si possible d’Europe de l’Est, une immigrante qui serait arrivée en Angleterre pendant ou juste après la guerre. Vicky avait déjà tourné dans le film allemand Les Secrets de Lynn (Ingo Haeb, 2014) où elle était excellente. Il était clair en visionnant son audition qu’elle pouvait aussi bien jouer une serveuse qu’une princesse. Elle a quelque chose qui n’a rien à voir avec du jeu, mais une prestance naturelle qui correspond à ces deux mondes très distincts."

    Création des costumes

    Mark Bridges, le créateur des costumes des trois derniers films de Paul Thomas AndersonInherent Vice, The Master, There Will Be Blood, n’a pas eu d’autre choix, pour répondre aux attentes de son réalisateur, que de s’atteler à la création de costumes aussi raffinés que ceux de l’époque, puisqu’il était hors de question de les emprunter aux différents musées. Sa tâche dès lors a été d’illustrer la trame narrative avec ses costumes qui devaient refléter la psychologie de chacun. Il a résisté à la tentation de s’inspirer d’un seul couturier et a créé cinquante costumes, dont neufs pièces uniques et originales qu’il a utilisé lors d’un défilé au printemps dernier. Il a commencé en se documentant dans des éditions vintage de Vogue et de Harper’s Bazaar, et en visionnant des archives Pathé des années 50 pour se faire une idée précise du style de l’époque.

    Il lui arrivait de passer des heures entières avec le réalisateur et le comédien à décider de l’inspiration du couturier esthète. Il a également réuni des costumes de l’époque des quatre coins du monde, mais ils étaient tous fanés et usés par le temps. Ils ont alors réalisé qu’il leur faudrait créer de toutes pièces plus de costumes qu’ils n’avaient pensé. Les archives du Victoria & Albert Museum de Londres lui ont servi pour étudier les techniques utilisées sur les pièces emblématiques des collections de Balenciaga ou Hardy Amies, dont les pièces maîtresses, que porte Vicky Krieps dans le film, sont inspirées. La simplicité de la conception de ces chefs-d’oeuvre n’a cessé de sidérer le costumier.

    La maison Woodcock

    Mark Tildesley s’est chargé de reconstituer l’ambiance au romantisme sombre voir macabre du film. Né en 1963 il n’a pas connu les 50’s mais s’est inspiré des photographies que ses frères avaient conservées de l’époque. Il s’est concentré sur la psychologie de Reynolds Woodcock afin que celle-ci transparaisse dans les lieux qu’il habite. En discutant avec Paul Thomas Anderson et Daniel Day-Lewis, ils lui ont inventé une vie faite de voyages, et d’expériences diverses marquées par la mort et l’angoisse. Ils ont préféré investir des décors naturels plutôt que de les recréer en studio, afin de transcrire une véritable authenticité et une âme sensible. Dans le style de la maison de Fitzroy Square très proche du quartier de Mayfair, où Paul Thomas Anderson a établi sa maison de production, ou encore de la maison de campagne Owlpen qui ressemble à s’y méprendre à Manderlay dans Rebecca d’Alfred Hitchcock.

    Les deux demeures faisaient parfaitement écho au goût de la précision et du détail d’un personnage comme Reynolds Woodcock. Londres regorge de ce type de maisons, à l’architecture géorgienne du XVIIIe siècle. La plupart d’entre elles sont privées et connues pour leur hauteur sous plafond, leurs larges fenêtres, et l’élégance de détails très théâtraux tels que le grand escalier ou le grand salon. La maison Woodcock devait être aussi brillante et animée que Owlpen. La maison de campagne se devait d’être sombre et lugubre. La maison familiale des Woodcock a hérité de tous les espoirs, des rêves, des souvenirs de la famille et est littéralement hantée par ces réminiscences d’un passé qui n’est plus. La maison appartient en réalité à une riche famille qui l’a conservée en la modernisant et dont le fils, un grand fan de Paul Thomas Anderson a convaincu ses parents de leur abandonner le temps du tournage.
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