Le Brio d’Yvan Attal raconte l’ascension de Leïla, une jeune femme de banlieue, qui, avec l’aide d’un professeur conservateur incarné par Daniel Auteuil, va tenter de se dépasser pour réussir un concours d’éloquence.
La mise en scène est élégante, portée par des mouvements de caméra qui accompagnent et symbolisent cette progression, presque comme une ascension sociale et personnelle. Les scènes d’éloquence sont particulièrement réussies : inspirantes, captivantes, elles constituent clairement le cœur du film.
Sur le fond, le film aborde avec justesse une thématique forte : celle du changement et de la volonté de s’élever. Cela passe notamment par la question du transfuge de classe, avec tout ce que cela implique : s’adapter à de nouveaux codes, parfois au risque de s’éloigner de ses racines. Mais cette idée se retrouve aussi dans la relation entre les deux personnages principaux : Leïla, interprétée par Camélia Jordana, apprend à maîtriser la parole, à structurer sa pensée et à canaliser ses émotions. À l’inverse, le personnage de Daniel Auteuil, d’abord enfermé dans des préjugés ouvertement racistes, évolue vers quelque chose de plus sincère, plus humain, en apprenant à lâcher prise et à parler avec le cœur.
C’est là que le film trouve sa force : dans cette transformation réciproque et dans l’opposition initiale de deux mondes sociaux très marqués, dont l’équilibre et l’évolution commune sont globalement bien retranscrits.
Cependant, malgré ces qualités, une certaine frustration subsiste. Le scénario reste assez prévisible dans son déroulé, et les personnages, bien que pertinents dans leur fonction, manquent parfois de profondeur. Leurs évolutions apparaissent parfois précipitées et manquent de justification, ce qui peut nuire à la compréhension et à l’implication émotionnelle.