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Philopate
14 critiques
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4,5
Publiée le 31 juillet 2026
Voici un film qui dès le début nous interpèlle en nous entrainant dans l'irrationnel car très vite on ne sait plus faire la part du vrai et du faux. On suit la lente descente d'un homme dans l'enfer de sa vie sans qu'il puisse opposer la moindre résistance à ce siphon qui l'aspire; on peut noter l'hostilité croissante de ses voisins et le fait que tout le monde le conduit à devenir Simone Schule,la locataire précédente qui s'est suicidée tragiquement. Mais on note également que Trelkovsky devient de plus en plus possédé et après quelques tentatives pour retrouver sa vraie personne il est complètement pris par ses démons et va vers un destin inélucatable ou l'on comprend enfin tout.
Avec Le Locataire, Roman Polanski pousse à son paroxysme son exploration de l’enfermement psychologique et de la dissolution de l’identité. À partir d’une situation apparemment banale, le film construit une paranoïa progressive où l’appartement, les voisins et les conventions sociales deviennent les instruments d’une inquiétante dépersonnalisation. Polanski, également acteur principal, incarne avec une remarquable fragilité ce personnage qui semble peu à peu absorbé par l’existence de celle qu’il remplace. La mise en scène entretient constamment l’ambiguïté entre complot réel et effondrement mental, transformant chaque détail du quotidien en source potentielle d’angoisse. Malgré son caractère volontairement déroutant et son humour noir parfois inconfortable, Le Locataire demeure une œuvre fascinante et profondément troublante.
Après "Repulsion" et "Rosemary's Baby", Roman Polanski poursuit son exploration de la paranoïa et de l’enfermement psychologique avec "Le Locataire". L’histoire suit un homme discret qui emménage dans un appartement parisien dont l’ancienne locataire s’est défenestrée après une tentative de suicide. Très vite, l’atmosphère de l’immeuble devient oppressante : les voisins surveillent, se plaignent du moindre bruit, imposent des règles absurdes. Peu à peu, Trelkovsky se persuade qu’ils cherchent à le transformer en copie parfaite de la précédente locataire, comme si l’immeuble lui-même exigeait qu’il prenne sa place. Roman Polanski se réserve le rôle principal et incarne parfaitement cette lente descente dans l’angoisse. Son jeu nerveux, presque maladif, accentue le malaise constant du film. Face à lui, Isabelle Adjani apparaît dans un rôle plus discret mais marquant, apportant une fragilité qui renforce le sentiment de déséquilibre. Fait amusant, le film offre également de petits rôles à trois membres de la troupe du Splendid, Josiane Balasko, Gérard Jugnot et Michel Blanc.
Un jeune homme timide et réservé emménage dans un appartement dont la précédente occupante s’est jetée par la fenêtre. Une fois de plus, le réalisateur Roman Polanski plonge dans la folie d’un personnage névrotique. Incarnant lui-même le rôle principal, le cinéaste signe une œuvre cathartique dépourvue de la moindre finesse et aux effets le plus souvent grotesque.
La dernière image ? Beaucoup de moments m'ont marqué, à commencer par l'incroyable travelling du début qui laisse à penser que Dario Argento a pu s'en inspirer pour son plan séquence / morceau de bravoure dans Tenebre tourné 6 ans plus tard.
Mais beaucoup d'autres moments restent en mémoire comme cet instant suspendu où le personnage principal s'aperçoit chez lui derrière sa fenêtre depuis les toilettes du pallier (sacré pallier en forme de U si l'on en croit la géographie des lieux depuis la cour de l'immeuble). Impressionnant, comme l'est cette rencontre avec l'ex locataire au visage bandé sur un lit d'hôpital et qui à la vue du nouveau locataire a soudain l'air effrayé. Toute la séquence finale, où chaque habitant de l'immeuble est comme "au spectacle", est également fabuleuse. David Lynch a probablement lui aussi beaucoup emprunté à ce film pour son fameux "cinéma mental" (Twin Peaks / Lost Highway / Mulholland Drive / Inland Empire).
Le Locataire prend l'exact contrepied de Rosemary's Baby car il va creuser non pas du côté de l'entreprise diabolique prise au pied de la lettre et au premier degré mais du côté de la folie, d'une personnalité trouble aux penchants dissociatifs, de la schizophrénie saupoudrée de paranoïa comme maladie mentale agissant de façon sournoise sur le personnage principal, pourtant bien sous tout rapport dans les premières minutes du film et dont la vision du monde se trouve peu à peu grimée à l'image de son apparence physique qu'il va modifier (sans vraiment s'en rendre compte) au fil du temps...
Le film dans la façon dont il fait grimper la tension Kafkaienne est magistral jusqu'au final en apothéose qui fait évidemment se répéter les mêmes fins dernières pour le locataire et celle qui l'aura précédé.
Mais une idée émerge alors lentement : Dans le tout premier plan séquence, il me semble reconnaître derrière la fenêtre de la chambre d'où Simone Choule a sauté les traits de Roman Polanski... On ne sait pas quand a vraiment commencé le désordre mental du personnage campé par ce dernier. On sait juste qu'il vient d'apprendre (par une connaissance) qu'un appartement était à louer dans l'immeuble. En ce cas, qu'est-ce qui empêche de penser qu'il connaissait déjà Simone Choule, qu'il en était fou au point de la jeter par la fenêtre et de prendre sa place jusqu'au bout, jusqu'à devenir elle ? Je dis cela puisqu'un moment clé du film est celui où Simone Choule semble effrayée sous les bandages en découvrant près de son amie (jouée par Isabelle Adjani, qui relèvera ce détail plus tard) le fameux M. Trelkovsky.
Aux angles morts la grande oeuvre. le Locataire en est une assurément !
Thriller dramatique coécrit et réalisé par Roman Polanski, Le Locataire est un film correct. L'histoire nous fait suivre Trelkovsky, un homme timide et réservé, d'origine juive polonaise, travaillant dans un service d'archives, qui visite un appartement vacant pour le louer. Lors de sa visite, la concierge lui apprend que Simone Choule, l'ancienne locataire, a voulu se suicider sans raison apparente, en se jetant de la fenêtre de l'appartement. Suite à son décès, il y emménage. Mais alors que les divers habitants tiennent particulièrement au calme et à la respectabilité de l'immeuble, l'homme devient peu à peu paranoïaque et se met à imaginer que tous ses voisins le poussent au suicide. Ce scénario, adapté du roman Le Locataire Chimérique écrit par Roland Topor et publié douze ans plus tôt, s'avère intrigant à visionner pendant toute sa durée de deux heures. Cependant, le récit prend beaucoup de temps à se mettre en place pendant lequel il fait planer une ambiance incertaine et troublante laissant présager un lien avec l'ancienne occupante des lieux et un malheur à venir. Mais celui-ci arrive très, trop, tard. Il faut attendre plus de la moitié du métrage pour qu'enfin tout s'accélère et que l'on bascule dans le vif du sujet. Résultat, le film aurait clairement gagné à être amputé d'une bonne demi-heure pour ne pas avoir l'impression qu'il tire en longueur dans sa première heure. L'ensemble est porté par des personnages intéressants, interprétés par une distribution comprenant entre autre Roman Polanski, Isabelle Adjani, Melvyn Douglas, Shelley Winters, Bernard Fresson, Claude Dauphin, Jo Van Fleet, Rufus, ou encore trois membres de la troupe du Splendide que sont Josiane Balasko, Gérard Jugnot et Michel Blanc. Tous ces rôles entretiennent des rapports conflictuels liés aux événements se déroulant au sein de cet immeuble. Des échanges soutenus par des dialogues bien écrits et parfaitement déclamés. Sur la forme, la réalisation du cinéaste franco-polonais s'avère bonne. Sa mise en scène est efficace en nous immergeant au cœur des problèmes de voisinage, en plus d'évoluer dans un bâtiment jouant un rôle important. Ce visuel étrange est accompagné par une bonne b.o. signée Philippe Sarde, dont les compositions inquiétantes s'accordent parfaitement avec l'atmosphère menaçante, sans pour autant être mémorables. Reste une fin moyennement satisfaisante venant mettre un terme à cette œuvre singulière. En conclusion, Le Locataire est un film méritant d'être découvert, sans pour autant être un indispensable.
C'est en fait assez flippant mais le réalisateur (à l'inverse de Répulsion et Rosemary's Baby) a cette fois décidé de nous montrer rapidement la réalité de ce fameux locataire. Sûrement une manière de clore en beauté sa trilogie des appartements maudits. spoiler: (Et de tenter de nous montrer ce que la schizophrenie peut engendrer) Assez dingue de voir toutes ces têtes connues en 76 d'ailleurs et l'action se déroulant à Paris, donne une ambiance toute particulière à l'ensemble.
Roman Polanski signe avec Le Locataire une œuvre intrigante et angoissante, portée par une ambiance oppressante et une lente descente dans la paranoïa. La mise en scène est maîtrisée, et le cadre claustrophobique de l'immeuble participe à une tension palpable. Cependant, le rythme du film peut paraître un peu lent, surtout dans sa première moitié, où les événements s'installent progressivement, parfois au détriment de l'engagement du spectateur.
Cela dit, la fin est mémorable et parvient à sublimer l’histoire en offrant une conclusion à la fois puissante et perturbante. C’est une œuvre singulière, mais elle demande une certaine patience pour en apprécier pleinement la portée.
Dans ce brillant huis-clos psychologique, le metteur en scène Roman Polanski nous propose l’exploration de l'angoisse et son plongeon dans la folie. Sa réussite repose sur le fait que le spectateur ne sait jamais vraiment si ce qu’il voit est la réalité ou la projection de l’esprit dérangé de Trelkovsky, le personnage principal interprété par Polanski lui-même. Les stigmates du drame déroulé dans son appartement laissent une trace de malaise permanent et l’étrangeté des voisins fait évoluer le personnage sympathique vers une personnalité plus trouble puis à la paranoïa. Le mystère permanent dans une ambiance austère accroche le spectateur tandis que la mécanique inconsciente se déroule. C’est redoutable !
Quelques années après « Rosemary's baby », Roman Polanski propose un nouveau film fantastique basé sur la paranoïa. Dans ce long-métrage, sorti en 1976, le réalisateur interprète lui-même un homme timide et emprunté qui s’installe dans un appartement. Progressivement, pris de crises d’angoisse, il est persuadé que ses voisins complotent contre lui. Avec des décors simples, peu d’effets visuels et une bande son minimaliste, le cinéaste parvient à créer une ambiance pesante dans laquelle l’évolution psychologique de son personnage constitue un tour de force incroyable. Bien que tourné en anglais, ce film réunit essentiellement des acteurs français, dont Isabelle Adjani et Bernard Fresson ainsi que l’apparition de trois membres de la troupe du Splendid (Josiane Balasko, Gérard Jugnot et Michel Blanc). Bref, une œuvre malaisante où le mystère reste complet.
Récit d'une folie, univers kafkaïen (Polanski n'a t-il pas joué Grégoire dans l'adaptation au théâtre de "La Métamorphose" ?), "Le Locataire" est un film étouffant, où le drame s'installe au fil du récit, aussi insidieux qu'irréversible. Dans le rôle principal, le cinéaste est époustouflant, donnant à son personnage une humanité étonnante.
Habituellement, je trouve que les films de Roman Polanski sont sur le dessus du panier (Le pianiste, quelle claque, ou encore Rosemary Baby, quelle inventivité !). Ici, je n’ai pas accroché, car le héros qui devient fou je n’y ai pas cru. Il y a sans doute une bonne chose, comme ces voisins insupportables qu’on a tous connus, mais pour le reste…Bien également pour le casting (j’ai mis en VF pour avoir les voix françaises), l’ambiance glauque de l’appartement, et la grande beauté d’Isabelle Adjani alors très jeune. Regardable mais pour moi moyen.
En vacances d'Hollywood après le remarquable Chinatown, Polanski se place ici au centre du jeu, un jeu pervers sur la manipulation mentale et la paranoïa. Dans une progression lente, le piège se referme avec beaucoup de subtilité sur son personnage de plus en plus torturé (à cet égard, l'on se rend quand même compte qu'il demeurait bien plus à l'aise derrière la caméra que devant celle-ci), le réalisme froid se muant de temps à autre en scènes absurdes illustrant assez adroitement la folie ambiante. Troublant et efficace.
Huis-clos sombre et oppressant, doté d'un superbe casting et d'une mise en scène délicieuse, menée avec brio. Un psychodrame à l'angoisse palpable, jusqu'au dénouement qui va en laisser plus d'un sur sa faim. Excellent Polanski, un de ses meilleurs.