Sauver ou périr est un drame puissant et profondément humain, porté par une interprétation remarquable de Pierre Niney. Le film raconte le destin brisé puis reconstruit d’un pompier gravement brûlé lors d’une intervention, et la longue descente – puis remontée – qui s’ensuit.
Ce qui frappe, au-delà de la blessure physique du grand brûlé, c’est la manière dont le scénario insiste sur la blessure psychologique. Le corps est meurtri, mais l’homme l’est tout autant. Le regard que le personnage porte sur lui-même change, tout comme celui des autres, et le film ose montrer cette violence silencieuse, souvent invisible.
Le récit s’attarde aussi avec justesse sur le couple, victime collatérale du drame. L’amour est mis à l’épreuve, entre culpabilité, fatigue, peur et incompréhension. Rien n’est idéalisé, tout sonne juste, sincère et douloureusement réaliste.
C’est un film touchant, triste et bouleversant, qui ne cherche jamais le pathos facile. Frédéric Tellier filme la reconstruction avec pudeur et respect, et parvient à changer notre regard sur les grands brûlés, leur combat quotidien et la lente reconquête de soi.
Un drame fort, humain, nécessaire, qui marque durablement.