Derniers Avis : Portrait de la jeune fille en feu - Page 20
Portrait de la jeune fille en feu
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Un visiteur
5,0
Publiée le 7 octobre 2019
Un film lumineux, à la fois beau et intelligent, romantique et politique. Je n'avais pas été aussi touchée à la fin d'une projection au cinéma depuis longtemps... Courez le voir!
Deux très belles actrices avec beaucoup de présence, une vraie belle idée de départ mais... il est quand même dommage qu'un film sur la libération de la femme soit aussi peu libéré. Une mise en scene très statique, théâtrale et un montage très découpé nous empêchent de ressentir quoi que ça soit pour les deux protagonistes. Beaucoup de belles idées sont gachées par une mise en scene qui manque de vision - le moment d'avortement pourrait être une scene forte avec la présence d'un bébé juste à coté de la servante sauf que le bébé parait être juste posé la pour la mise en scene, la scene avec des femmes des chantes pourrait être bien mieux intégrée et surtout mener quelque part mais elle est coupé très vite pour s'enchainer avec une scene qui se passe le jour suivant... Au final une expérience mitigé entre curiosité et l'ennuie.
1770, une jeune peintre doit faire le portrait d’une future épouse à son insu. Cette dernière refuse de poser, car une fois son portrait réalisé, il est envoyé chez le futur époux et le mariage devient incontournable ; et accepter de poser, c’est accepter le mariage ; le faire à son insu devient donc une forme de mariage forcé. Céline Sciamma, primé à Cannes pour son scénario, réalise un film sur la condition féminine. Au travers d’un scénario documenté et riche, elle dépeint une époque étouffante et patriarcale : mariage forcé, avortement clandestin, sexualité féminine bridée,… Mais au-delà et comme dans la « Naissance des pieuvres », « Tomboy » ou « Bande de filles » ; elle interroge l’identité sexuelle et l’éclosion du désir. Et cette fois dans un film d’époque, genre permettant un geste artistique plus puissant : lumières magnifiées (à la « Barry Lindon » en intérieur ; à la David Lean en extérieur), des plans picturaux, des dialogues plus fins,… Là où Jane Campion dans sa « Leçon de piano » défend les mêmes idéo, Sciamma peine à mettre du romanesque dans son film excepté dans son final bouleversant. Talentueuse certes, mais ses films ancrés dans son époque sont plus convaincants. Chose inhabituelle chez Sciamma et d’autant plus étonnant dans un film d’une telle sobriété, c’est l’usage d’un symbolisme maladroit à plusieurs reprises : le bébé à côté de la femme qui avorte, le miroir contre le pubis dans lequel se regarde la peintre en plein auto portrait,…. Toute la parabole autour du mythe d’Orphée hante excessivement sa seconde partie au point de la rendre trop prévisible. Aussi Adèle Haenel si juste dans des rôles comiques et/ou des jeunes femmes de son époque n’est pas toujours à son avantage dans un rôle de femme du 18ème . Considéré par les critiques comme un passage dans le cinéma de Sciamma, ce dernier est bien l’objet artistique le plus abouti mais le film le moins captivant. tout-un-cinema.blogspot.com
Portrait de la jeune fille en feu est un très beau film d'amour, en même temps qu'une réflexion sur l'art et sur le cheminement de l'artiste. La photo est splendide, les 2 actrices, Adèle Haenel et Noémie Merlant (aux yeux à la couleur indéfinissable) sont parfaites. Et l'épilogue sur fond de "Quatre saisons" fait frissonner. Je pronostique une avalanche de nominations aux Césars
Magnifique sur tous les aspects. Une révolution amoureuse à laquelle on fait plus que s'attacher sublimée par le jeu fort des actrices, et des images à couper le souffle.
fugere non possum. Qu'est il impossible de fuir ? Peut-être un mariage forcé, peut-être une attirance irrésistible, peut-être une société qui ne l'accepte pas telle qu'elle est. Cette histoire filmée avec soin et art, est ressentie comme à la fois lointaine dans le temps (18ième siècle semble-t-il) et d'une proximité troublante. Étrange composition où l'homme semble absent, ou plutôt invisible. Gynécée onirique où deux femmes se rencontrent et s'aiment. La place faite à la musique dans ce film est une inattendue et d'un effet puissant : dans les quelques scènes où elle intervient la musique devient l'objet central d'abord dans un chant énigmatique qui s'adresse plus à l’inconscient qu'autre chose puis dans la scène finale où la réalisatrice mélange à la fois l'émotion exceptionnelle que pouvait procurer ces oeuvres musicales à l'époque et l'émotion d'une passion étouffée qui resurgit. Le film s'achève sur cette scène qui est un jeu curieux où les actrices sont spectatrices submergées par leurs émotions comme l'est le spectateur dans la salle.
Difficile pour moi de faire une critique... J’ai apprécié ce film comme un tableau, très belle photo et superbe lumière. J’ai été intéressée par la progression de l’intrigue, sans ennui. L'émotion, la vraie, n’a pas été au rendez-vous, mes yeux ont admiré mais mon cœur est resté froid... Un film vite oublié. Je salue cependant les qualités esthétiques et la sensibilité de Noémie Rhéaume.
Voici un film rare et je pourrais dire rarissime par son triple propos : documentaire sur l’époque, instructif sur la conception des portraits et révélateur sur une passion naissante entre deux jeunes femmes. La mise en scène est belle, bien qu’esthétisante par moments, la musique parfois envahissante mais significative et les hommes indifférents ou totalement absents bien que responsables des comportements féminins de la fin du dix-huitième siècle. Le film se décompose en deux parties bien distinctes, la première tant que la mère est présente et la deuxième lors de son absence. Sur le plan personnel je n’ai pu ressentir la moindre émotion tant je me suis senti étranger à l’histoire d’amour et j’ai été consterné de la référence au mythe d’Orphée et d’Eurydice…Transformer cette horrible morale crée pour faire peur à ceux qui désobéissent en un choix délibéré entre les souvenirs et les regrets…IL faut oser.
Céline Sciamma nous offre un film d'une rare modernité, sur la naissance du désir et la beauté du souvenir. Son long-métrage est caractérisé par un travail sur la retenue, qui permet d'instaurer une tension érotique et sexuelle des plus étouffante. C'est un film sur l’éclosion de l’amour entre deux femmes, qui n'ont pas le droit de s'aimer, de part leur condition : ce sont des femmes. L'oeuvre de Céline Sciamma est subtilement féministe et visuellement époustouflante. La superbe composition des cadres met en valeur les corps par un jeu de couleurs dans l’espace. La photographie et l'esthétique sont maitrisées. La réalisatrice fabrique des images éternelles, construites comme de véritables tableaux de maître. C'est un film pictural, mais littéraire aussi. En effet, le métrage connait un style très théâtral et littéraire, notamment dans ses dialogues, qui ne donnent pas l'impression d'être naturels ou spontanés. Bien entendu cette démarche est voulue par la réalisatrice mais cet aspect peut diviser. Le long-métrage est touchant, érotique, mais semble être timide...ou trop sage. La passion est là, ces femmes sont en feu, mais l'amour sexuel des corps manque à l'appel.
N'en reste pas moins un film beau, dans le fond comme dans la forme qui fait du bien au cinéma français.