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David B.
55 abonnés
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3,5
Publiée le 26 décembre 2020
J'ai bien aimé cette histoire de deux jeunes, dont les cicatrices de l'enfance ne sont pas toutes refermées et qui doivent se débattre pour prendre pleinement leur place d'adultes. Et puis, le destin qui va les rapprocher, on est beaucoup à reconnaitre cet heureux hasard, lorsqu'on fait "confiance en la vie".
Je suis resté totalement hermétique à ce drame social (et sociétal). 110 minutes durant lesquelles Cédric Klapisch tente de dépeindre la solitude des grandes villes à travers le prisme de la génération Y. Faisant partie de cette tranche d'âge, je pensais pouvoir m'identifier à eux ou du moins, pouvoir comprendre ce qu'ils ressentent, mais c'est peine perdue.
Le réalisateur du Péril jeune (1995) nous fait découvrir de l'intérieur la solitude de deux âmes en peine. Tous deux ont 30ans et vivent à Paris (ils sont voisins sans même le savoir). Tous deux ont des difficultés pour s'épanouir professionnellement et personnellement. Des vies étriquées et dont la solitude et la morosité ambiante emplissent leur vie de tous les jours.
En choisissant de filmer ces deux âmes esseulées qui ne cessent de se croiser mais qui s'ignorent au grès de leur train-train quotidien (métro, boulot, épicier, dodo), le film s'enlise dans un schéma narratif redondant et lassant. A trop vouloir surligner le côté "qui se ressemble, s'assemble" tout en ne parvenant jamais à les rassembler jusqu'au happy-end au combien prévisible, le réalisateur nous oblige à prendre notre mal en patience et à revivre sans cesse les mêmes séquences redondantes et ses innombrables chassés-croisés de nos deux héros.
Dépeindre la génération Y des grandes villes sans devoir passer par la case "cliché" était-il envisageable ? La réponse est non, entre les applis de rencontres & de livraisons à domicile (utilisées par Mélanie et ses copines), sans parler de Rémy (le seul provincial du film) qui visiblement, découvre les réseaux sociaux en 2019 après avoir débarqué à Paris). On sait pertinemment que l'on aurait éviter ces écueils si l'intrigue s'était déroulée en province.
Dans les rôles titres, on retrouve un sympathique duo, avec Ana Girardot & François Civil, que le réalisateur avait déjà dirigé dans Ce qui nous lie (2017). A trop vouloir jouer sur la corde dépressive, le film devient rapidement trop mollasson, pour ne pas dire fade...
Un film, malgré des trains qui passent dans un univers gris et sombre , qui illumine l'esprit et qui donne du sens à l'humain. En clair si vous n'avez pas le moral regardez le et souriez vous êtes filmés.
Une mise en parallèle de deux solitaires sympathiques et très humains qui sont voisins qui fait la part belle à ce que l'on peut appeler la psycho thérapie qui est comme une sorte de science moderne des comportements bienveillante. Le film est fait de telle façon que l'on attend, en attendant Godot par exemple, la confusion règne et l'on craint une issue qui soit dramatique. Mais c'est une comédie romantique et c'est davantage un hymne à la vie tel le poème de Gide qui nous parle des attentes.spoiler: Ils se rencontrent dans les 30 dernières secondes du film. Ce sont deux moi qui ne sont pas des ego dans le sens où ils ne nous font pas aller dans des excès comme trop souvent mais dans une histoire relativement simple et qui ressemble à celle de beaucoup de quidam des grandes villes. Le sujet reste limité et facile avec des psychologues qui ont le beau rôles mais l'intérêt du film est bien dans l'aspect intimiste et réaliste très réussit et bien convaincant des deux personnages principaux et de leurs proches.
Un film extrêmement touchant, je trouve que l'atmosphère qui s'en dégage est très poétique et vrai. Sauf 1/2 moments de gènes mis exprès par le réalisateur pour le spectateur le film se regarde sans jamais trouver le temps long. Un film dramatique certes mais aussi une une très jolie histoire. Une bien belle morale : avec la patiente et l'envie de changer les choses tout eut arriver. Je recommande ce film.
Dans une ville qui ne dort jamais, dans un monde pourtant si connecté, deux individus cherchent LA réponse aux profonds et mystérieux mal-êtres qui les rongent, UNE réponse à la solitude qu'ils subissent et dont ils souffrent. Un film qui se veut véritablement thérapeutique, qui montre que l'aide, le soutien et l'amour de l'autre est indispensable pour se forger une identité, pour librement se (re)construire, pour avancer dans notre monde bruyant hostile aux âmes sensibles mais aussi riche de toutes ses cultures et toutes ses innovations. Klapisch réalise là un film bien plus posé qu'à son habitude. On pourra reprocher au film son manque de rythme et son ton abattu mais cela reste en harmonie avec son scénario. Un film de Klapisch peut-être un peu plus mélancolique qu'à son habitude mais toujours très humaniste.
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1,5
Publiée le 9 novembre 2020
Une bonne ambiance et de bonne performances des artistes et les deux personnages principaux sont intéressants. Deux Moi est comme un économiseur d'écran agréable à regarder mais comme film il ne va vraiment nulle part...
Film particulièrement mou sur de brumeuses considérations bourgeoises d'époque pas vraiment passionnantes. Des personnages voulus "normaux" mais rendus insipides (Civil épouvantable en l'occurrence), des quotidiens voulus ordinaires mais rendus totalement atones. L'inverse de l'effet escompté en somme. Restent quelques bavardages corrects chez les psys et la délicatesse de l'amour après tant de morne attente. Un Klapisch très essoufflé.
Quand Klapish ne cède pas a ses tics de mise en scène ou de découpage schématique, le film en serait presque attachant. Il faut néanmoins se farcir quelques problèmes d'écriture sur les personnages et un certain aspect "remplissage" assez agaçant (les séquences de rêves, l'horripilante scène avec Pierre Niney...). Sinon, on n'oublie pas qu'on est dans le boboïsme de gauche qui coche toutes les cases (mixité sociale, tout ça...) et le sujet, celui de la solitude, ne me parait pas traité à fond. Alors, que les deux héros fassent de la psychothérapie, ok, mais on aurait pu au moins nous épargner les poncifs.... Reste les acteurs, touchants dans leur registre (en particulier François Civil...) mais à mon avis, Klapish a loupé un grand film existentiel.
Un monde toujours plus virtuel, des relations à distance, des réseaux sociaux qui nous isolent plus qu'ils nous rassemblent... tant de faux-semblants qui développent une certaine aliénation de chacun des "moi", cette action de devenir autre que soi.
"Deux moi" de Cédric Klapisch nous rappelle à quel point il est difficile de s'y retrouver aujourd'hui avec les nouvelles technologies et les réseaux sociaux. Alors certes, il n'est pas le premier à le faire, mais son approche reste foncièrement bonne en choisissant deux jeunes trentenaires avec une situation somme toute banale qui se rapprochent petit à petit d'une dépression. Travail mais surtout amour, voilà les deux éléments qui façonnent notre mode de vie au quotidien. Rémy et Mélanie ont un travail, l'une est peut-être plus épanouie que l'autre mais il n'empêche que quelque chose leur manque : sans doute l'amour ou du moins, trouver cet autre "moi" qui les comprenne et avec qui ils pourraient tout partager ensemble. Alors oui, les rencontres qui suivent avec les psychothérapeutes sont bourrées de formules rabâchées maintes fois comme "aimez-vous un peu plus pour aimer les autres". Il n'en demeure pas moins qu'elles restent globalement véridiques.
L'idée du long-métrage est aussi de redonner de l'espoir aux gens qui n'y croient plus ou qui sont faussement désabusés de leur situation. On dramatise parfois bien vite. Le problème de notre société réside dans le fait que le "moi" est finalement trop présent. Se dire sans cesse que l'on a pas confiance en soi revient à dire qu'on ne voie pas plus loin que le bout de son nez, ou qu'on se regarde un peu trop le nombril, pour reprendre des expressions toutes faites. Tout cela est notamment imagé par les applications de rencontres qui paraissent nocives au plus haut point pour notre société tant elle reflètent notre incapacité à développer des relations sociales, amicales et amoureuses qui ne partent pas toujours que du physique. On tombe dans le faux, l'imposture et l'apparence, celle qui nous plait de prime abord alors qu'elle est trompeuse sur le long terme. Tandis qu'à l'inverse, une relation qui débute de façon neutre mais en rencontre physique peut déboucher sur quelque chose de beaucoup plus fort. Chacun possède son avis sur la question comme la psychothérapeute jouée par Camille Cottin. L'essentiel dira-t-on, c'est d'être "heureux et épanoui".
Loin d'être parfait, ce nouvel opus de Klapisch me plait car il peut parler à tout le monde. Il ne s'égare pas dans une philosophie trop profonde et ambiguë. Il cherche avant tout à "décoincer" le monde qui nous entoure et libérer les non-dits. Sans doute y a-t-il trop de banalité et un léger manque de rythme, mais le sujet reste terne il faut dire ; donc quitte à rester en phase avec ce dernier, autant le faire sur le fond et la forme.
spoiler: Et que dire de la fin ? Je dois dire que je le sentais arriver, sinon il y aurait eu un sentiment d'inachevé ! Le psychothérapeute parlait de scénario positif, de repenser sa vie et de déclencher des opportunités. On peut dire que nos deux personnages ont franchi de cap !
En 2019, Cédric Klapisch signe une comédie sur le mal être des trentenaires célibataires. On suit le destin de deux individus désemparés et solitaires (Ana Girardot et François Civil) qui vivent dans le même quartier à Paris. Même si le film se laisse regarder aisément, il ne dégage aucune passion en raison d’un rythme totalement plat. Bref, à l’image de l’un de ses films précédents (« Chacun cherche son chat »), le réalisateur a simplement produit une photographie sociologique contemporaine de notre société.
François Civil super comme tjs Belle mise en scène et BO très chouette Un joli film ou fait réfléchir sur la rencontre, l’amour, et qui illustre parfaitement que l’on arrive pas au bonheur par hasard
Tout en reprenant nombre de codes de la comédie romantique, Klapisch y insuffle son influence fantaisiste et s'attache surtout à évoquer la démarche personnelle nécessaire pour réussir, peut-être, à trouver l'amour. Au-delà du couple phare, nous est dépeinte la difficulté des trentenaires à assumer leur vie adulte tout en acceptant leurs douleurs d'enfance, sans ridicule ni manichéisme, mais avec un rythme dynamique et des acteurs sobres. Un joli récit, juste et humain.
Film subtil et délicat. Deux beaux et excellents acteurs dont les chassés croisés nous touchent et pourtant seulement à proximité de fenêtres parisiennes. Quand l'unique fait parti du tout et inversement. En quête de soi pour mieux découvrir les autres. En quête d'amour pour mieux trouver l'autre. Enquêtes ordinaires de la vie pour mieux vivre nos vies et les regarder par le prisme de ce très beau film que je recommande.