Don’t Worry Darling suit une femme enfermée dans une communauté parfaite en apparence, où chaque détail semble pensé pour maintenir l’illusion d’un bonheur sans faille. Un thriller psychologique que j’ai trouvé franchement mauvais, malgré une direction artistique plutôt séduisante.
Avant de le voir, il faut avoir en tête qu’Olivia Wilde signe ici son deuxième long métrage, en passant à un thriller beaucoup plus stylisé et ambitieux. Le film s’appuie sur une esthétique rétro inspirée des années 1950, avec des décors, costumes et architectures très contrôlés. Cet univers visuel, trop propre pour être honnête, fait partie intégrante de son identité et installe d’emblée une forme de décalage.
Le problème, c’est que ce décalage devient très vite prévisible. Le film mise beaucoup sur le mystère, mais son scénario cliché laisse deviner assez tôt la grande révélation censée tout renverser. L’intention derrière chaque personnage paraît évidente, tout semble programmé, et les rôles secondaires servent surtout à entretenir artificiellement le doute plutôt qu’à exister réellement. Pour un thriller psychologique fondé sur la paranoïa et l’inquiétude, c’est quand même raté.
La direction artistique sauve quelques points, avec une esthétique rétro efficace, quelques beaux plans et un univers visuel séduisant. Mais cette beauté de façade ne masque pas longtemps la faiblesse de l’ensemble. Le film dépend presque entièrement de son emballage, tandis que les performances inégales, des dialogues parfois franchement faux et plusieurs incohérences finissent encore de fragiliser l’ensemble.
Le film cherche pourtant à aborder des thèmes intéressants : illusion du bonheur domestique, contrôle patriarcal, consentement, dépossession du corps féminin et nostalgie toxique d’un ordre ancien. Il veut montrer qu’une utopie peut devenir une prison, surtout lorsqu’elle repose sur le confort des uns et l’effacement des autres. Sur le papier, il y avait de quoi faire. À l’écran, c’est surtout démonstratif, manichéen, caricatural et lourd.
Résultat, j’ai attendu la fin avec impatience, pour arriver à un final presque bollywoodien dans son emphase, mais sans l’élan ni la générosité qui rendent ce registre jouissif. Ici, le décalage m’a surtout paru ridicule.
Au final, Don’t Worry Darling propose une belle vitrine, mais derrière la vitrine, il y a surtout du vide. Un thriller stylisé et lourdement symbolique, qui voudrait être dérangeant, mais qui m’a surtout paru prévisible, artificiel et beaucoup trop satisfait de son propre disp