Il s’agit du quatrième film entre le réalisateur Yórgos Lánthimos et la comédienne Emma Stone, après La Favorite (2018), Pauvres Créatures (2023) et Kinds of Kindness (2024).
Pour la scène de l’enlèvement du personnage que joue Emma Stone, les deux ravisseurs (interprétés par Jesse Plemons et Aidan Delbis) portent des masques qui représentent le visage de Jennifer Aniston. Un choix tout sauf anodin puisque Yórgos Lánthimos est un grand fan de la série Friends dans laquelle la comédienne incarnait Rachel Green. Le réalisateur lui a d’ailleurs demandé son autorisation afin de pouvoir utiliser son "visage" pour les besoins du film.
Pour les besoins du film, Emma Stone s’est réellement fait raser la tête devant la caméra. Ce n’est donc pas une prothèse qu’elle arbore à l’écran. Quelques instants avant le tournage de cette scène clé, l’actrice a également manié la tondeuse mais cette fois pour raser le crâne de Yórgos Lánthimos.
Comme c’était déjà le cas sur Pauvres Créatures (2023) et Kinds of Kindness (2024), Yórgos Lánthimos a de nouveau collaboré avec le compositeur Jerskin Fendrix. Si jusqu’à présent ce dernier travaillait essentiellement en lisant les scripts sans voir aucune séquence des films du cinéaste, il a cette fois procédé autrement puisque le réalisateur ne lui a tout simplement rien donné à lire. Ses seules indications tenaient en quatre mots : abeilles, sous-sol, vaisseau spatial et Emily-bald.
Dans Bugonia, Alicia Silvertone interprète la mère du personnage joué par Jesse Plemons. Un choix plutôt singulier puisque ce dernier n’a que douze ans de moins que la comédienne.
Bugonia marque les premiers pas au cinéma du comédien Aidan Delbis. Avant ce film, le comédien n’avait jamais eu d’expérience devant la caméra. Yórgos Lánthimos cherchait en effet pour le rôle de Don un acteur neuro-divergent non professionnel afin de fournir une dynamique de jeu qui soit différente par rapport à celles proposées par Emma Stone et Jesse Plemons.
Bugonia est un remake du film sud-coréen Save the Green Planet ! de Jang Joon-hwan, sorti en 2003. À l’origine, ce dernier devait réaliser l’adaptation américaine de son long-métrage en collaboration avec le scénariste Will Tracy. Mais en raison de problèmes de santé du réalisateur, CJ Entertainement, célèbre société de distribution en Corée-du-Sud, a fait appel à Yórgos Lánthimos, dont elle appréciait la version directrice, afin de s’occuper du projet.
Bugonia a la particularité d’avoir été intégralement tourné en VistaVision, qui est un procédé de prises de vues cinématographiques sur pellicule 35mm. C’est seulement le troisième film du XXIème siècle à utiliser cette technique ancienne pour l’ensemble de ses scènes après The Brutalist de Brady Corbet et Une Bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson, également sortis en 2025.
Avec Bugonia, Yórgos Lánthimos retrouve de nouveau le chef décorateur James Price, lauréat de l’Oscar des meilleurs décors en 2024 pour son travail sur Pauvres Créatures.
Bugonia est le deuxième film de Yórgos Lánthimos, après La Favorite (2018), dont il n’est pas signé le scénario. Néanmoins, même s’il s’agit d’une œuvre de commande, le cinéaste tient toujours à ce que certaines conditions soient respectées : avoir un contrôle créatif total, nommé les personnes qu’il souhaite aux différents postes techniques et pouvoir superviser le montage final.
Yórgos Lánthimos a tourné ses premiers films dans son pays d’origine, la Grèce. Mais depuis The Lobster, son premier long-métrage en anglais, le cinéaste a posé ses caméras dans d’autres pays, notamment en Angleterre ou aux États-Unis. Avec Bugonia, il revient tourner quelques scènes dans sa patrie de naissance, plus précisément sur l’île de Milos. En cela, il s’agit de son premier film en langue anglaise à être tourné en Grèce.
Yórgos Lánthimos a envoyé le scénario de Bugonia à son fidèle collaborateur, le dramaturge et scénariste grec Efthýmis Filíppou avec qui il a travaillé sur cinq films (Canine – 2009 ; Alps – 2011 ; The Lobster – 2015 ; Mise à mort du cerf sacré – 2017 et Kinds of Kindness – 2024). Après avoir lu le script, ce dernier lui a fait part de sa plus grande admiration en lui disant qu’il aurait adoré écrire une telle histoire.