Depuis le choc du remake de "La Colline a des Yeux", Alexandre Aja a beau être devenu le réalisateur français de cinéma de genre ayant le mieux réussi aux États-Unis -et continuant qui plus est à y être en exercice- il faut bien avouer que cela commence à vraiment faire longtemps qu'une de ses œuvres n'a pas su déclencher notre pleine enthousiasme (oserait-on dire que cela remonte au moins à "Horns" ?... si l'on ne compte pas le mésestimé "La Neuvième Vie de Louis Drax", "Crawl" et "Oxygène" se sont révélés assez insignifiants à nos yeux). Mais, alors que l'on ne comptait pas trop sur ce "Mother Land" pour réhausser le niveau, notamment à cause d'un contexte post-apo surnaturel qui semblait aussi rongé que les vieilles cordes entourant sa famille héroïne, il faut bien reconnaître qu'à notre grande surprise, on en sort avec le coeur plus noué que prévu et l'impression d'avoir vu quelque chose se plaçant sans mal au-dessus de la cordée des propositions de ce type par ses partis pris narratifs.
Et pourtant, pendant quasiment les deux tiers de sa durée, "Mother Land" n'a fait que confirmer nos a priori premiers. Non pas qu'Aja démérite derrière la caméra (l'ambiance tendue et quelques frissons corollaires sont bien présents malgré une représentation du mal environnant pas très originale) ou que l'évolution des liens tissés par son trio de personnages ne soient pas solides, soutenue en sus par une bonne interprétation (Halle Berry et les deux petits sont formidables), dans ce cadre de survie précaire et métaphore ténébreuse de l'emprise d'une mère sur sa progéniture, mais tous les voyants restent désespérément au vert pour que le récit s'inscrive dans la ligne de conduite bien trop classique que l'on redoutait. Tout paraît en effet tellement pensé pour nous aiguiller en direction d'un twist peu habilement dissimulé, en compagnie d'évènements de scission au sein du petit groupe ayant l'air de chercher à en mettre toujours plus les contours en lumière, que les spectateurs les plus rompus à ce genre d'exercice ne peuvent qu'au bout d'un moment avoir la conviction que "Mother Land" ne sera plus en mesure de dévier du cap scénaristique prévisible auquel il s'est attaché.
Seulement, dès la dernière partie du long-métrage amorcée, les petits malins que l'on pensait être vont soudain prendre conscience qu'Aja l'est en réalité bien plus qu'eux, nous dévoilant l'espèce d'esprit de conditionnement sur son intrigue dans lequel il s'est amusé à nous installer pour mieux désormais nous calquer sur ceux de ses personnages pris dans une tornade incessante de doutes face aux évènements. Et ça fonctionne de tous les diables ! Dès que "Mother Land" insinue ce "Et si... ?" chez le spectateur, Aja passe à une vitesse supérieure qu'il ne quittera plus, élargissant l'obscurité de son univers vers de sacrées belles envolées cruelles, où une horreur bien plus soutenue qu'auparavant devient le véhicule à une amplitude émotionnelle que l'on n'avait pas vu venir sur les ultimes virages de cette destinée familiale mouvementée (le tout supporté magnifiquement par une nouvelle partition musicale réussie de Rob).
Au final, c'est donc plutôt bluffé que l'on sort de notre ballade forestière en ces terres maternelles signée par un Alexandre Aja bien plus en forme que sur ces derniers faits d'armes. Après quelques films plus oubliables, "Mother Land" nous rappelle qu'il est toujours capable de surprendre, et ce en se permettant même de le faire sur un terrain où, justement, rien ne pouvait le laisser supposer. Bien joué, on ne rompera pas le cordon avec lui.
Le film intéresse d'abord, puis on s'en désintéresse. On comprend (à tort ou à raison) qu'on s'interroge sur l'origine du mal (dehors ou en soi) et sur sa façon de procéder (nous "faire entretuer" par exemple, dira la mère). Puis on ne comprend plus trop ce qu'on veut nous faire comprendre, ou sentir.
Sans doute que les auteurs avaient une idée bien précise, mais il nous a semblé qu'ils manquent de suite dans les idées. Faut-il voir dans ce film une allégorie sur le bien qui ne peut venir que d'une entente aveugle et sourde entre les membres d'une communauté ? Et qu'il suffit que l'un d'eux "baisse sa garde", comme dit la mère, pour que tout s'effondre ?
Notre intérêt s'est effondré depuis un moment quand on se pose ces questions. D'ailleurs, se poser des questions en cours de film est un mauvais signe...
Le décor est cependant fascinant, l'ombre dehors comme à l'intérieur de la maison, notamment. Les acteurs jouent bien (bien qu'ils participent à notre désillusion). La corde (qu'on a déjà vu intervenir dans une excellente mini série) est un bon accessoire symbolique pour représenter l'emprise ou la protection, l'amour ou la toxicité.
Mais ce film n'est ni attachant ni glaçant. Ni dans le genre. Superficiel finalement. Pour en faire un film efficace dans le genre, il fallait simplifier le scénario. D'ailleurs un film d'horreur qui cherche à faire peur dès le prologue est une drôle de tactique.
Un joli conte très mal exploité comme les guetteurs qui ne m'a donné aucun frissons. Une réalisation correcte, une photographie somptueuse , halle Berry ainsi que les enfants sont d'excellentes acteurs mais le film est d'un ennuis total ... Il ne s'y passe pas grand chose hormis quelques jumpscare pour nous éveiller avec une fin vite expédié. Le moins bon de la filmographie de AJA .
Un film angoissant et mystérieux autour d'une mère et ses deux enfants. Ils ne peuvent s'aventurer à l'extérieur de leur maison que via une corde qui les rattache à cette dernière, les protégeant du mal qui rôde dehors. Qu'en est-il de ce mal ? Qui peut le voir ? Comment se manifeste t-il ? Le scénario est très intelligent et métaphorique, nous dévoilant les complexités sur les rapports maternels. L'histoire m'a tenu en haleine jusqu'à la fin, elle est bien pensée et subtile. Un très bon thriller horrifique.
J'aime bien Alexandre Aja, j'apprécie beaucoup Halle Berry et le synopsis, ainsi que la bande-annonce me tentaient pas mal. Ma déception n'en fut donc que plus grande à la découverte du film que je trouve finalement assez mal exécuté. Parce-que les idées sont bonnes, notamment celle de constamment mêler horreur, fantastique et psychologique pour perdre son spectateur. Pour resituer l'histoire, nous suivons une petite famille composée d'une mère et de ses deux fils qui se sont réfugiés dans la forêt car "le mal" existe à l'extérieur, notamment dans la ville etc. Pour se déplacer, ils doivent alors le faire avec une corde, reliée à la maison, construite de "bois pur". Évidemment, les connotations religieuses sont déjà présentes avec ce synopsis mais elles le sont d'autant plus dans le film qui se prête d'ailleurs à de nombreuses interprétations. Car ici, tout est question de croire ou de ne pas croire et le film n'apporte d'ailleurs jamais de réponses précises à ce sujet, c'est au spectateur de se faire sa propre interprétation. Ce n'est pas pour autant une facilité narrative mais fait partie intégrante du concept puisqu'il passe sont temps, encore une fois, à donner de fausses pistes, à constamment prendre un chemin inattendu et c'est donc en toute logique qu'il garde cette part de mystère jusqu'à la toute fin. En réalité, nous sommes dans un univers dans lequel les deux interprétations sont possibles, ce qui est brillamment écrit. D'autant plus que, pour en revenir aux connotations religieuses (d'autant plus appuyées avec les scènes de la cave etc. ou même la corde pouvant représenter le lien entre l'Homme et la spiritualité, menaçant toujours d'être littéralement rompu), il y a toute une sorte de discours sur le fait de croire ou de ne pas croire ; est-ce que l'on invente ou invoque ce que l'on croit ? Est-ce que le fait de ne pas croire n'en est finalement pas moins dangereux ? Enfin bref, pleins de questions et de sujets intéressants mais dans un film malheureusement bien trop mou ! Eh oui, elle est là ma déception ; nous sommes dans un film dont le sujet est intéressant donc mais particulièrement mal exécuté. Non seulement c'est lent mais en plus le film accumule les effets racoleurs du genre, comme si des producteurs ou autre avaient dit au réalisateur "ouais elle est cool ton idée mais faut quand même que ça attire des pré-ados en manque de sensation forte". D'autant plus dommage pour un réalisateur qui sait normalement très bien manier le genre. Bref, "Mother Land" a donc un sujet qui a du potentiel et loin d'être inintéressant mais emballé avec beaucoup trop de fadeur.
Motherland est un échec cinématographique de bout en bout. Dès les premières secondes, on se rend compte que le scénario est une catastrophe, accumulant clichés et incohérences à un rythme affligeant. L’histoire, si on peut appeler ça une histoire, ne mène nulle part et laisse le spectateur complètement perdu et désintéressé.
Ce film d’horreur et d’épouvante de ce réalisateur français, utilise tous les ingrédients habituels du genre (portes qui grincent, maison abandonée en pleine forêt, musique angoissante etc…). Malgré un scénario qui a un peu de consistance et une bonne réalisation avec un bon rendu de tension et d’angoisse, l’épouvante et l’horreur l’emportent. Cela ravira bien sur les amateurs.
Bernard CORIC
(film visionné en projection de presse au Métropolitan le 05/09/2024)
Ce film pourrait faire passer comme beaucoup comme un film d'épouvante avec les habituels conditions de stress, c'est à dire, isolé dans une maison vieille au bout milieu de nul part avec comme simple protagonistes les 3 membres de cette famille. Ici je trouve que le petit truc serait que le réalisateur (M r Aja cocorico) mélange fiction et réalité, est ce la maman (avec Halle Berry convaincante je trouve) qui est juste totalement frappadingue ou il y a t-il vraiment quelques choses qui rôdent et qui est prêt à surgir à la moindre erreur de leur part? Le début nous laisse penser une chose puis finalement peut être que... puis non bref il tente de nous brouiller la tête. J'ai trouvé pas mal le fait de pas être dans une quasi certitude. Pas été non plus transcendé mais suffisamment capté pour apprécié. NOTE : 7/10
« Inoffensif », voici le premier mot qui me vient à l’esprit après le visionnage de ce film ! J’ai eu l’impression de voir du sous Shyamalan avec un scénario vraiment trop simpliste, des scènes prévisibles et une tension qui diminue progressivement. Certes, les acteurs sont bons, notamment les deux garçons, mais ça ne fait peur à aucun moment ! Il aurait vraiment fallu qu’Alexandre Aja dispose d’un script plus fouillé avec plus de background en ce qui concerne ses protagonistes et un minimum d’explications sur la mère ! Bref, un beau ratage pour moi doublé d’une belle déception !
Depuis la fin du monde, June protège ses fils en les confinant dans une maison isolée. Mais le calme ambiant est trompeur, car à l’extérieur, le Mal rôde et ils vont devoir s’engager dans une lutte terrifiante pour leur propre survie.
Il aura fallu attendre 5 ans après son dernier film en salles (Crawl - 2019) pour retrouver Alexandre Aja au cinéma. Après nous avoir laissé un arrière-goût amère avec sa production Netflix (Oxygène - 2021), il est de retour avec un film d’horreur psychologique, pseudo huis clos puisque celui-ci se déroule presque intégralement aux abords d’une maison décrépie perdue au beau milieu de la forêt.
Mother Land (2024) aka "Never Let Go" n’est rien d’autre qu’un thriller paranoïaque. Pas la moindre frayeur à l’horizon, c’est d’ailleurs d’un calme sidérant, si bien qu’au bout de la première demi-heure, on commence sérieusement à s'ennuyer (d’autant plus lorsqu’il reste encore 60 minutes à tenir). L’ensemble s’avère fâcheusement prévisible et à la fois, terriblement confus, voire ambiguë.
Malgré une très belle photographie et de magnifiques décors (la forêt et la maison), ainsi qu’une excellente distribution (aussi bien Halle Berry que les jeunes garçons), tout le reste s’avère finalement très plan-plan et ronronne gentiment jusqu’au générique de fin et ce, sans le moindre soubresaut d’originalité.
Un bon récit dans l’ensemble, avec quelques idées intéressantes, une écriture assez profonde sans trop en faire se limitant juste à quelques longueurs. Les personnages sont assez intéressants et l’intrigue à interprétation libre nous laisse réfléchir quand au sens profond de l’allégorie de la corde. C’est bien fait, avec de bonnes idées visuelles propres et jolies ainsi que des scènes horrifiques assez réussies, même si peu nombreuses et parfois assez timide. Ce ne sera pas le meilleur film d’Alexandre Aja mais c’est loin d’être le moins bon.
On pourrait se penser dans un mauvais Shyamalan qui ne trouverai pas de fin. Les doutes entre surprotection maternelle, drames et violences dans le couple ou reelle fin du monde persistent dans un décors impressionnant et un style soigné, mais à aucun moment le style Aja n'est reconnaissable, signe d'une commande impersonnelle dans un récit empêtré.
"Ne jamais la lâcher!", voilà le leitmotiv de cette mère et de ses deux jumeaux isolés en plein milieu d'une immense forêt. Pour pouvoir chasser et se nourrir, ils doivent continuellement être rattachés à une corde. Le pitch avec une Halle Berry en tête de gondole était très attrayant, le film, un peu moins. Cette vision apocalyptique de l'humanité menée par l'expérimenté Alexandre Aja peine à faire vibrer et ronronne souvent, la faute à une histoire qui tourne un peu en rond. Par contre Halle Berry, dans son rôle de mère autoritaire est très convaincante quand elle veut (selon elle) éviter le pire à ses enfants. On peut également se perdre dans les allers-retours entre rêves et cauchemars. Sentiment mitigé pour ce film.
Pour June et ses 2 fils, la vie se résume à vivre dans une cabane au fond des bois et à aller chercher l'eau et la nourriture en étant attachés à une corde reliée à leur maison. En effet, un esprit maléfique rode et la seule façon d'éviter ses griffes, ce sont ces cordages et cette bicoque, c'est en tout cas ce que cette maman rabâche sans cesse à ses deux loustics. Lorsque l'un d'entre eux commence à avoir des doutes sur toute cette histoire, les événements vont alors prendre une tournure inattendue... J'ai trouvé ce thriller psychologique et horrifique plutôt bien ficelé, Halle Berry est relativement convaincante dans le costume de cette femme protectrice et très angoissée. Comment tout cela va t-il finir ? Rencontre surnaturelle ? Paranoïa aiguë ? Les deux ? Rien de tout ça ? Quel suspens ! Assez captivant et stressant dans l'ensemble. Site CINEMADOURG.free.fr
Survi, Obscurantisme, croyance, voici les sous textes présents dans ce nouveau bébé horrifique d'Alexandre Aja, qui marque son retour au cinéma d'une plutôt belle manière. En effet, Mother Land étonne par un scénario intéressant servi par des acteurs impeccables. La dualité entre les jumeaux sur les propos de leur mère jouée par la grande Halle Berry est le point central du film. L'horreur y est finalement assez timide et peu brutale ce que je regrette un peu même si j'ai conscience que ce n'était pas le but premier de ce métrage. Il n'empêche que le film est une réussite dans ce qu'il entreprend malgré un climax assez brouillon.