En corps suit une danseuse contrainte de se reconstruire après une blessure, en redéfinissant son rapport au corps et à la danse. Un film qui se veut sensible et inspirant, mais que j’ai trouvé surtout très prévisible et assez agaçant dans sa manière de tout souligner.
Avant de le voir, il faut avoir en tête que Cédric Klapisch s’inscrit ici dans un cinéma ancré dans le réel, en se rapprochant du monde de la danse contemporaine avec une volonté d’authenticité. Le film mêle comédiens et danseurs professionnels et s’appuie sur des lieux et des pratiques réels pour capter le travail du corps.
J’ai trouvé le film passablement agaçant, avec une narration d’une prévisibilité assez impressionnante. Pendant une bonne partie, j’ai attendu un retournement, un décalage, quelque chose, mais non, le film suit tranquillement sa chorégraphie. On est en plein dans le cliché du film français parisien, avec une accumulation de bons sentiments qui finissent par devenir mièvres, lisses et naïfs. Le film veut tout dire, tout expliquer, à coups de dialogues lourds, clichés, parfois inutilement vulgaires. Dès le début, il enchaîne les thématiques de manière mécanique, en les surlignant au lieu de les faire exister.
Et forcément, tout ça finit par créer une vraie distance. Les personnages manquent de naturel, sont trop écrits, et il devient difficile de s’y attacher. L’émotion ne prend jamais vraiment, au point d’attendre la fin avec une certaine impatience. Même la danse, qui devrait être le cœur du film, ne suffit pas à rattraper l’ensemble. C’est joli, oui, mais rarement habité.
Le film aborde pourtant beaucoup de choses. Le rapport au corps, la reconstruction, l’identité, le collectif. Sur le papier, c’est riche. À l’écran, tout est expliqué et surligné, comme si le film ne faisait jamais confiance à son spectateur. Et cette volonté de réalisme se contredit même par moments, notamment dans la manière dont la récupération physique est traitée, avec une évolution bien trop simplifiée pour être crédible, ce qui renforce encore cette impression d’artificialité.
Au final, En corps donne surtout l’impression d’un film qui insiste tellement sur ses intentions qu’il finit par les étouffer. Un récit trop démonstratif et trop naïf pour être réellement touchant.