Alors, je comprends que le film puisse cliver ! J'ai apprécié (pas adoré car il y a des maladresses) mais mon chéri a détesté, il n'en pouvait plus.
Vous aurez donc ici un double retour. Le mien : en 1 phrase, j'ai adoré me laisser porter par une espèce de flottement vécue par l'actrice principale, Claire, à la fois déterminée mais ne parvenant pas à expliquer clairement ce qui se passe, dans un univers un peu sombre et mystérieux, ne sachant trop où l'intrigue va nous mener, et en même temps, les dialogues sont parfois "surfaits", trop "soignés" et ça ne passe pas , cela donne un côté faux, presque théâtral entre le mari et sa femme, ce qui enlève de l'intensité et donne l'impression d'avoir un film vieillot. Au final, j'ai quand même passé un très beau moment, et j'ai été touché par une certaine poésie et lenteur. Je n'avais pas regardé la bande annonce avant d'y aller, ce qui est rare, juste le synopsis m'avait interpellée. Vu l'affiche, j'imaginais que c'était un peu sombre, mais pas autant tourné sur l'écologie, je m'attendais plus à un film un peu mystique et drame. Par ailleurs, dire que c'est un film sur l'écologie est aussi extrêmement réducteur, c'est plus un appel à se poser des questions, au delà d'un débat, en se plaçant sur la corde raide et sensible d'un ressenti. Bref, après la surprise de comprendre le propos (le danger du nucléaire qui n'est et ne sera jamais maîtrisable par l'homme vu qu'il ne maîtrise pas les évolutions de climat et de catastrophes naturelles qui pourraient advenir et pour lesquelles nos technologies d'aujourd'hui sont trop faibles pour dire "oui, nos centrales seront résistantes à tout tsunami, tremblements de terre, canicule extrême etc), je me suis laissée porter par cette lente évolution. Du côté de mon chéri, il n'a pas apprécié justement cet aspect lent, le mutisme de Claire, le mari Yves qui est un peu "basique" et les dialogues qu'il a qualifiés de "br... intellectuelle d'auteurs français". Chacun son ressenti. De mon côté, j'ai pardonné ces maladresses, car j'ai été emporté par l'esthétique, le propos, la poésie et surtout la fragilité de Claire, à la fois forte et faible, déterminée et portée par quelquechose qui la dépasse, mais qu'elle ne peut nier. On pourrait dire qu'elle a été touchée par la grâce, mais c'est plus fin, comme une reconnexion à quelque chose d'essentiel, une part d'humanité subtile, enfouie.