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4,0
Publiée le 13 juillet 2026
Kinds of Kindness propose trois récits étranges autour de personnages pris dans des rapports de contrôle, de dépendance et de soumission. Un film froid, absurde et dérangeant, que j’ai beaucoup apprécié pour sa radicalité, son humour inconfortable et sa manière de rendre le malaise fascinant.
Après le succès plus accessible de Pauvres Créatures, Yorgos Lanthimos revient vers un cinéma plus sec, cruel et conceptuel. Coécrit avec Efthimis Filippou, son collaborateur sur certaines de ses œuvres les plus radicales, le film prend la forme d’un triptyque où les mêmes acteurs interprètent des rôles différents. Il vaut mieux l’aborder comme une expérience noire autour de l’emprise et du libre arbitre que comme une narration fluide ou émotionnelle.
Le film explore la domination sous plusieurs formes : autorité, couple, croyance, reconnaissance ou appartenance. Les personnages cherchent à être choisis et aimés, quitte à accepter des règles absurdes, humiliantes ou violentes. L’emprise ne repose donc pas seulement sur la contrainte, mais aussi sur le besoin de cadre et de validation.
Kinds of Kindness interroge également le corps et les formes perverties de la gentillesse. Chez Lanthimos, prouver son attachement passe souvent par l’obéissance, le sacrifice ou la mise à l’épreuve. Le film interroge ainsi ce que l’on est prêt à accepter pour conserver sa place dans une relation, un groupe ou un système. Son constat est cruel : certaines dépendances rassurent autant qu’elles détruisent.
J’ai vraiment apprécié cette proposition singulière, ce retour à un Lanthimos plus radical et l’engagement de ses acteurs. J’ai surtout accroché à son comique froid et absurde, fondé sur le décalage, la cruauté et une mécanique de malaise aussi inconfortable que fascinante. C’est une œuvre difficile, parfois inconfortable, mais suffisamment cohérente et marquante pour rester en tête.
Sa durée se fait néanmoins sentir, sa froideur empêche parfois de s’attacher aux personnages et son humour reste très clivant, même s’il a fonctionné sur moi. J’ai également moins adhéré à la deuxième histoire, que j’ai trouvée moins convaincante dans sa progression. Certaines provocations et fausses pistes symboliques donnent aussi parfois l’impression que Lanthimos s’amuse un peu trop avec son public.
Au final, Kinds of Kindness est un film exigeant et parfois frustrant, mais dont la radicalité formelle et l’humour noir donnent une vraie force à son exploration de l’emprise. Une œuvre dérangeante et fascinante sur notre besoin d’obéir, d’être aimé et d’appartenir à quelque chose, même lorsque cette appartenance devient une forme d’effacement.
Le premier mot qui me vient à la fin du visionnage de ce film est « étrange ». Etrange sur sa forme et étrange sur son fond. Le film ne prend pas la forme classique d’un long-métrage mais est plus la succession de trois moyens-métrage d’environ 50 minutes sans aucun lien entre eux hormis le fait de prendre les même acteurs dans des rôles, bien sur, différents. Aucune de ces trois histoires ne m’a complètement convaincu sur le plan scénaristique. Bourré de symbolisme, de sens métaphorique, le sens de chacune de ces partie est parfois obscur mais avant tout jamais complètement passionnant. La première partie est probablement la meilleure à mon gout et les deux autres, sans être mauvaises, m’ont laissé plutôt mitigé. Yorgos Lanthimos se montre bon derrière la caméra et maitrise sa réalisation ainsi que ses acteurs, ce qui rend le visionnage de ces quasi 2h40 plutôt supportable mais ça n’en fait pas un film marquant pour autant. Note : 11/20
Trois courtes histoires sans rapport les unes avec les autres. Un vieux procédé qui passe ou qui casse. Ca casse. Difficile de savoir vraiment l'intention de Yorgos Lanthimos avec ce film qui ne raconte pas grand-chose. C'est long et lent avec des personnages farfelus, dans l'univers de Lanthimos, mais avec des relations étranges et un concept qui m'échappe. Heureusement, le casting est bon et ça joue bien. Parce qu'on sent vraiment les 2h40 passer.
On se réjouit ici de la méchante misanthropie de Yogos Lanthimos dans cette comédie très noire. Une jubilation sur les aspects les plus dégoûtants de l’humanité. Mais hélas, derrière ces provocations, le réalisateur retombe dans les travers et facilités de la fin de son premier grand film (the Lobster). Un rythme mal maîtrisé, des effets un peu trop calculés et grandiloquents qui font encore de ce film un cliché de snobisme de festival. C’est dommage, Lanthimos était prometteur. Il ressombre dans une vanité mal dissimulée.
Je ne saurai même pas résumer ou introduire ce film, seulement dire qu'on a le droit à 3 histoires absurdes et assez malsaines, dérangeantes. Mais là où Dupieux sait distiller un peu d'humour et fait des films relativement courts, ici ça dure quand même plus de 2h40... que c'est long !!! L'intérêt du film ? voir les acteurs incarner différents personnages avec des nouvelles coupes de cheveux à chaque fois, c'est tout ! Bref, c'est le 3e film de Lanthimos que je regarde et je ne suis vraiment pas fan de ce type, c'est même le pire film de lui que j'ai vu !
Un naufrage, un monument d’ennui et de prétention, un vide abyssal. Ennui total. Seul l’effet de groupe provoqué par la présence des mêmes acteurs dans des rôles différents dans chacune des trois parties de ce pensum peuvent sauver le spectateur du sommeil intégral . C’est bien peu ,,,,
Comme toujours l'exploration des recoins sombres de l'existence humaine. En fait même si le triptyque n'est pas très confortable (mêmes acteurs par exemple) je n'ai personnellement jamais l'impression de perdre mon temps avec Y. Lanthimos. Glauque oui mais la vie est parfois glauque et ce genre de film a un rôle de catharsis. Lanthimos ose parler de ce qui fâche : dépendance affective, égoïsme, bassesse, folie jusqu'à la nausée. Il s'amuse à craqueler la croûte de la normalité comme celle d'une crème brûlée et c'est tellement satisfaisant.
Une fable d’humour noir (en 3 actes) inégale avec bcp de longueurs mais bien audacieuse, souvent fascinante et dérangeante, qui interroge sur les vicissitudes de la condition humaine.
On est ici bien loin des réussites qu'étaient la Favorite ou Pauvres créatures. Toujours provocant, mais moins écrit et assez vain. On ne comprend pas bien pourquoi le réalisateur a fait ce film à sketches
Film qui avait pourtant énormément de potentiel. Certaines scènes, pour moi, sont répugnantes. Voir tout du long certaines actrices hyper sexualisées inutilement est également éprouvant et me fait questionner sur le message que souhaite faire passer le réalisateur. Je ne le recommande absolument pas.
Oeuvre singulière et originale de Yorgos Lanthimos, Kinds of Kindness se compose de 3 histoires indépendantes à la tournure aussi inattendue que troublante, tant sur le plan scénaristique que visuel et musical.
Le réalisateur grec Yorgos Lanthimos signe une fable en forme de tryptique explorant trois histoires distinctes au sein desquelles les protagonistes sont incarnés par les mêmes acteurs. Cette comédie noire très cruelle sur l’usage de la liberté et notre obsession pour l’autonomie. Mais le récit, trop long et étiré n’a que peu de sens avec une mise en scène faussement stylisée et sa musique stridente pour rajouter une couche d’effet suranné. Seul le casting semblant s’amuser avec leurs personnages est à la hauteur.
Je connais peu Lanthimos, j’ai seulement vu The Lobster et Pauvres créatures mais avec Kinds of Kindness, je suis partiellement convaincu. J’ai globalement apprécié car le casting est excellent et Lanthimos arrive à installer cette bizarrerie qui nous empêche de décrocher du film, avec une mise en scène toujours aussi outrancière que j’aime beaucoup. Mais de l’autre côté, contrairement à pauvres créatures, j’ai du mal à voir une quelconque signification à ce film et le découpage en 3 est forcément compliqué puisque comme souvent, certaines parties sont meilleures que d’autres… en l’occurrence, la première a été ma préférée. Ça ressemble plus à un essai artistique qu’à un vrai film cohérent mais ça reste une expérience captivante !
Kinds of Kindness met tout en œuvre pour écraser, pour écœurer, pour malmener son spectateur et ainsi triompher de lui, rappelant par là la toute-puissance du réalisateur démiurgique qui tient dans sa main tous les pouvoirs sans les redistribuer, qui tire les ficelles d’un spectacle destiné, tel un theatrum mundi, à voir les hommes choir en raison de leurs vices. Les trois épisodes formant ce film à sketches composent un triptyque moraliste comme le proposait, quelques mois plus tôt, l’éprouvant Heureux Gagnants (Maxime Govare et Romain Choay, 2024), avec comme intérêt principal d’offrir à une même troupe de comédiens des rôles aux antipodes les uns des autres : ainsi Jesse Plemons, le plus convaincant, est-il tour à tour spoiler: homme à tout faire d’un riche maniaque, flic persuadé que son épouse est une actrice et membre d’une secte . La longueur démesurée parce que fortuite de certaines séquences, les partis pris capricieux recherchant la rupture de ton, les préceptes choisis en guise de dialogues nuisent à un ensemble pas aussi intelligent qu’il le prétend, et guère subversif, si bien que l’impression générale oscille entre la fulgurance occasionnelle et le pétard mouillé.