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Là où les précédents films du cinéaste allemand Fatih Akin reposaient sur l’addition, des destins croisés de personnages immigrés (Auf der anderen Seite, 2007) aux femmes pourchassées par un tueur (Der Goldene Handschuh, 2019) en passant par l’adaptation d’une vie entière (Rheingold, 2022), Amrum soustrait les élans et partis pris de mise en scène, resserre son intrigue autour d’une galerie réduite de personnages, s’adapte à son sujet et à l’espace insulaire qu’il suppose. Son intelligence réside alors dans le maintien d’une réflexion prolongée œuvre après œuvre – peut-on faire communauté en Allemagne ? – tout en veillant à la placer au second plan, par épisodes anecdotiques interposés qui, placés les uns à la suite des autres, portent un acte de foi en l’intégration et en la tolérance.
Comme dans Moby Dick, roman cité à de nombreuses reprises par les deux principaux enfants, les personnages sont animés par un but qui les frustre et les engage dans une suite d’actions dangereuses : spoiler: la volonté de faire plaisir à sa mère
conduit Nanning à braver les distances le séparant du continent et les éléments pour réunir les ingrédients nécessaires à la fabrication du pain blanc, qu’accompagnent le beurre et le miel ; ce désir, rendu complexe par la Seconde Guerre mondiale et ses pénuries, rend compte d’une époque amputée de sa simplicité, et qui contraint la jeunesse à errer entre des modèles rendus caduques par les circonstances, spoiler: telle l’aliénation idéologique de la mère mimétique de celle de nombre d’adeptes du national-socialisme.
L’île permet de cartographier les rapports entre différents groupes incapables de faire communauté en raison de leurs origines, de leurs convictions politiques et des représentations que ceux-ci superposent en lieu et place des visages ; en cela, la clausule, magnifique, surprend par le triomphe d’une sous-intrigue jouée en sourdine et porteuse de tous les espoirs. Une réussite sublimée par sa photographie.
Comme dans Moby Dick, roman cité à de nombreuses reprises par les deux principaux enfants, les personnages sont animés par un but qui les frustre et les engage dans une suite d’actions dangereuses : spoiler: la volonté de faire plaisir à sa mère
conduit Nanning à braver les distances le séparant du continent et les éléments pour réunir les ingrédients nécessaires à la fabrication du pain blanc, qu’accompagnent le beurre et le miel ; ce désir, rendu complexe par la Seconde Guerre mondiale et ses pénuries, rend compte d’une époque amputée de sa simplicité, et qui contraint la jeunesse à errer entre des modèles rendus caduques par les circonstances, spoiler: telle l’aliénation idéologique de la mère mimétique de celle de nombre d’adeptes du national-socialisme.
L’île permet de cartographier les rapports entre différents groupes incapables de faire communauté en raison de leurs origines, de leurs convictions politiques et des représentations que ceux-ci superposent en lieu et place des visages ; en cela, la clausule, magnifique, surprend par le triomphe d’une sous-intrigue jouée en sourdine et porteuse de tous les espoirs. Une réussite sublimée par sa photographie.
Les derniers jours de l’Allemagne nazie, vus par un gamin de douze ans, et racontés par un réalisateur d’origine turque, cela change évidemment des innombrables documents d’époque que l’on a pu voir, très généralement en noir et blanc. Ici, c’est tout le contraire : de belles images, la mer Baltique au couchant, les fleurs sauvages, et même des gros plans d’insectes, façon Terrence Malick dans Les moissons du ciel. Hélas, la comparaison s’arrête là. La dureté des temps est omniprésente, mais ses raisons profondes ne sont qu’à peine suggérées. En revanche la brutalité, voire la sauvagerie, sont de tous les instants, comme si les usages du régime moribond se perpétuaient malgré tout dans la vie quotidienne. Ainsi de la tuerie des lapins, puis de la leçon de dépeçage, ou de la ruse déployée pour tuer un phoque : défenseurs de la nature, passez votre chemin ! Le pire est que l’on peut aisément y voir de la nostalgie pour une époque honnie et, s’il s’agit de second degré, c’est raté.
Un joli petit film, un récit de vie où le petit Nanning apprend, souvent durement, que tous les adultes ne partagent pas la vision de ses parents et les "valeurs" qui lui sont inculquées depuis tout petit. Il apprend à ses dépends et évolue avec candeur et courage. Tout cela dans une nature joliment filmée, parfois cruement également.
Très beau film.
le jeune acteur porte tout le film sur ses épaules
Page d'histoire peu connue
quelle belle quête de cet enfant pour sa mère
le jeune acteur porte tout le film sur ses épaules
Page d'histoire peu connue
quelle belle quête de cet enfant pour sa mère
Faire se croiser la grande histoire avec celle plus intime d’un jeune garçon, sans trop en faire et avec une très belle photographie, c’est tout le talent de ce beau film. Mention spéciale pour l'interprétation du jeune protagonistes.
Une très belle évocation de ce jeune gamin, membre des jeunesses hitlériennes, au moment du suicide du führer et de la capitulation allemande. On assiste à son évolution lente vers le désendoctrinement, avec une tante et une mère aux opinions opposées. Des fabuleuses prises de vues dans cette petite île de mer du Nord proche du Danemark, où les autochtones, avec leur dialecte propre, se méfient des « continentaux ». Beaucoup d’émotion, en particulier lors de la scène finale, et le jeu du gamin est bluffant de naturel. Bravo au réalisateur germano-turc qui nous montre en outre avec talent la vie de tous les jours dans la campagne.
Le sujet était interessant mais ce traitement à hauteur d’enfant se révèle beaucoup trop austère et fastidieux pour nous captiver, et il ne se passe finalement pas grand-chose…
Beau film emouvant a hauteur d' un enfant, d'une bonté naturelle, qui realise la noirceur de son monde. la photo est belle et les acteurs jouent bien. une approche originale d'une periode historique bien connue.
"UNE ENFANCE ALLEMANDE" (2025): 1945, la fin de la guerre du côté allemand. Le silence de la défaite à venir, la douleur de la précarité, de magnifiques images aux couleurs grisâtres qui jongleront avec la faune, la flore et la mer tout en suivant la bienveillance de ce garçon de 12 ans, Manning, endoctriné dans les jeunesses Hitlériennes. Devant la dure réalité, cette innocence infantile se fissurera et commencera à comprendre les vraie raisons du désarroi de sa société. "Une enfance allemande" , une paisible histoire pour un très joli film, l'occasion de nous faire découvrir le vécu allemand des années sombres mais aussi l'excellente performance d'acteur du très jeune Jasper Billerbeck.
La plage très étendue a une place très importante sur cette île de la Mer du Nord. Et notre jeune héros (membre des Jeunesses Hitlériennes) la parcourt maintes fois à marée basse, pour aller quémander de la nourriture pour sa mère capricieuse. HITLER se suicide le 30 mai 1945 tout bascule et l’île passe sous la gestion des anglais. Et la désillusion commence à le miner : tout s’effondre dans son monde. Comme tous ces allemands qui ont pris conscience qu’ils étaient du mauvais côté. Dommage toutes ces longueurs avec en plus des séquences superfétatoires sur la faune (ne parlons pas des maltraitances incroyablement inutiles et de mauvais aloi). Un grand bravo pour la performance du jeune acteur.
Sans didactisme ni lourdeur, l'intrigue réussit à traiter tous les aspects de sa situation géo-politique: le récit initiatique d'un jeune garçon découvrant (à quel point!) les leçons de ses parents doivent être remises en question, l'embrigadement nazi (ou de toute pensée extrémiste), la résistance muette ou détruite face aux interdictions hitlériennes, la passion aveugle des disciples, la vie sur une île (amis des bêtes soyons prévenus), le climat xénophobe (même entre Allemands), l'éclatement des familles face à la doctrine nationale, le rationnement entraînant violences ou vols, les secrets dus à la honte ou à la haine, le renversement des forces par la fin de la guerre. Et ce faisant, la mise en scène atteint parfois la grâce, filmant des paysages naturels sourds aux affaires des hommes mais dont la faune est détruite par elles, un regard empli de gratitude ou d'affection, une mer symbole de tous les possibles. Dense, (in)tranquille, touchant.
C'est sur une petite île allemande, au sortir de la guerre 39/45, que se déroule le quotidien d'une famille et, particulièrement d'un petit garçon responsable. Tout tourne autour de ce dernier, avec l'empreinte encore présente du führer, qui a pour obsession de trouver du pain blanc, du beurre et du miel pour sa mère déprimée. Une chronique retracée assez terne et lente. Les nombreux plans contempatifs de la nature de l'île finissent par lasser et ne masquent pas la pauvreté du récit.
Rarement j'ai été déçu par les films de Fatih Akin, et là encore, quel beau film que ce "Amrum". Sur une petite île allemande, une poignée d'habitants vit les derniers moment avant la capitulation du pays dans la seconde guerre mondiale. Hormis un survol d'avions, on ne voit rien de la guerre et c'est la l'une des réussites majeure de ce film pudique, exempt de facilité, élégant et émouvant. Pourtant, le conflit est bien là: les partisans et les détracteurs d'Hitler, les déplacés polonais, la pénurie de nourriture, le danger de dénonciation... tout cela, filmé au travers des yeux d'un garçon décidé à faire manger sa mère coûte que coûte. Vrai coup de cœur pour ce film présenté à Cannes, qui aurait mérité sans aucun doute une récompense.
Fatih Akin nous avait habitués à un cinéma viscéral, punk et chargé d’une énergie brute (Golden Glove, Head-On). Avec Amrum, il signe un film à l'opposé total de sa filmographie habituelle. Si la photographie est soignée et l'interprétation d'une grande justesse, le film reste d'une tristesse linéaire, sans jamais retrouver la nervosité ou la "patte" organique de ses œuvres précédentes.
L'histoire manque cruellement de ce souffle de vie et de cette rage qui caractérisent le cinéaste. On assiste à un drame classique, propre et bien filmé, mais si le nom du réalisateur n'était pas au générique, il serait impossible de deviner qu'il est derrière la caméra. Une œuvre mélancolique et appliquée, mais décevante pour ceux qui aiment le Akin qui bouscule.
L'histoire manque cruellement de ce souffle de vie et de cette rage qui caractérisent le cinéaste. On assiste à un drame classique, propre et bien filmé, mais si le nom du réalisateur n'était pas au générique, il serait impossible de deviner qu'il est derrière la caméra. Une œuvre mélancolique et appliquée, mais décevante pour ceux qui aiment le Akin qui bouscule.
Pour faire plaisir à sa mère qui refuse de s'alimenter, le jeune Nanning se met en tête de lui donner ce qu'elle demande à savoir une tranche de pain blanc avec du beurre et du miel. C'est quelque chose de basique, mais pas en temps de guerre quand la population manque de tout. À la recherche de chaque ingrédient, il doit faire preuve de malice alors que de nombreux obstacles se dressent devant lui. Plus qu'une quête de nourriture, c'est aussi une prise de conscience sur sa famille et sur lui-même en tant que membre des Jeunesses hitlériennes. Son regard d'enfant disparaît, mais Fatih Akin continue de raconter l'histoire de Hark Bohm à sa hauteur. Ce n'est pas enfantin pour autant avec des comportements révélateurs et de sombres secrets qui se dévoilent. C'est beaucoup à encaisser pour un petit garçon, mais le réalisateur n'en fait pas trop d'un point de vue dramatique. L'impact émotionnel est très limité, mais "Amrum" reste un récit d'apprentissage intéressant à suivre.
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