Ce film à mi chemin entre conte initiatique et récit d’apprentissage a une histoire quelque peu particulière. Le scénario de départ en a été écrit par Hark Bohm, une figure importante du cinéma allemand, tout à la fois acteur, scénariste, réalisateur et producteur. Hark Bohm a grandi sur l’île d’Amrum et était l’ami et, en quelque sorte, le mentor de Fatih Akin, beaucoup plus jeune que lui. Au départ, Hark Bohm avait en tête de réaliser lui même ce film mais, se sentant très diminué physiquement, il a proposé son scénario à Fatih Akin, avec qui il avait déjà collaboré à plusieurs reprises. Au départ, Fatih Akin avait à cœur de réaliser un film qui soit le plus proche possible de celui que Hark Bohm aurait tourné, mais il s’est assez vite aperçu de l’absurdité d’un tel choix. Avec l’accord de Hark Bohm, il a révisé le scénario afin de s’approprier le film, faisant de la recherche du pain et du miel l’épine dorsale de l’histoire, et il l’a réalisé selon ses propres canons. Hark Bohm est décédé il y a un mois, le 14 novembre, à l’âge de 86 ans. Fatih Hakin a fait un certain nombre de choix forts. Celui, par exemple, de faire utiliser le frison Öömrang à côté de la langue allemande. Ce dialecte n’est parlé que dans l’île d’Amrum et il ne reste plus qu’une soixantaine de personnes dans le monde capables de le parler. Une disposition légale l’a amené à faire un autre choix fort : ne pouvant tourner que 3 heures par jour avec l’enfant interprétant le rôle de Nanning, il a choisi les 3 dernières heures de jour de chaque journée, ces 3 heures considérées par les photographes comme étant des heures magiques en matière de lumière. Le film repose en grande partie sur les épaules d’un jeune adolescent qui n’avait aucune expérience de comédien : Jasper Billerbeck apporte une grande sincérité dans son jeu et il est pour beaucoup dans la douceur que dégage le film malgré la dureté de la situation vécue par les complète sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film..
Vu dans le cadre du Festival de Cannes. Un film doux et mélancolique, qui prend son temps. La mise en scène est superbe, avec une lumière et des paysages à couper le souffle. Diane Kruger est incroyable de retenue, et le jeune acteur principal dégage une vraie sincérité. J’ai aimé la pudeur du film, sa façon d’aborder la guerre sans grands discours, juste à hauteur d’enfant. Par moments, le rythme est un peu trop calme, mais la poésie de l’ensemble l’emporte. Un beau film, simple, touchant et très humain.
Visionné en avant-première Film plein de sensibilité qui nous fait découvrir une période tourmentée  vue de l’autre côté de la rive. Le jeune garçon est extrêmement touchant. Sa loyauté envers son entourage, famille, amis et lui-même est admirable . J’ai beaucoup aimé ce film. 
Le germano-turc Fatih Akın n’est pas un inconnu. On lui doit entre autres l’excellent Soul Kitchen en 2009. Pour ces 93 minutes, tout est dans le titre original Amrum, suivi de la date-clé de 1945. Dans les derniers jours de la guerre, Nanning, 12 ans, brave une mer dangereuse pour chasser les phoques, pêche de nuit et travaille à la ferme voisine pour aider sa mère à nourrir la famille. Lorsque la paix arrive enfin, de nouveaux conflits surgissent, et Nanning doit apprendre à tracer son propre chemin dans un monde bouleversé. Pour nous, en France, en 1945, la guerre est terminée… pas en Allemagne. Une plongée dans une époque et un cadre qu’on connaît mal qui nous permet de mieux comprendre les ultimes soubresauts du nazisme au quotidien. Un film immense. Et avant de parler plus avant de cette pure merveille présentée en compétition à Cannes – dont on se demande encore comment il n’a pas été récompensé d’une manière ou d’une autre -, un cri de colère : par pitié pourquoi encore dénaturer le titre original Amrum qui se suffisait amplement à lui-même. Une île sévère au nord de l’Allemagne, un décor réaliste où vont s’incarner les derniers jours tumultueux de la guerre et le début des changements brutaux. On suit pas à pas une famille dont le monde s’effondre brutalement et en particulier le parcours initiatique d’un tout jeune allemand adhérent des jeunesses hitlériennes. Ce film est en tous points admirables. Le scénario virtuose, les images et la lumière d’une grande beauté, l’évolution des sentiments – y compris ceux des spectateurs -, et l’interprétation admirable de l’ensemble du casting. D’abord un mot des acteurs et des actrices qui ont accepté de parler le dialecte local, la langue frisonne öömrang, unique en son genre et qui n’est plus parlé que par environ 60 personnes dans le monde. Bien sûr le jeune Jasper Billerbeck occupe tout l’écran. Il est tout simplement bouleversant. Autour de lui, Laura Tonke, Diane Krüger, Mathias Schweighöfer, Kian Köppke, Lisa Hagmeister ne se contentent pas de jouer les utilités. Chacun a sa partition et la joue à la perfection. Quant à la musique de Hainbach qui intègre des sons de la nature comme le vent, l'eau et les oiseaux, elle ajoute une couche immersive et contemplative, renforçant l'atmosphère nostalgique et poétique du film. Un dernier mot pour souligner l'ultime scène, magnifique, constitue un sommet d'émotion qui marque à la fois la fin de l'innocence et le début d'un nouveau regard sur le monde. J’en frissonne encore…
Le nouveau long métrage de Fatih Akin, appelons-le Amrum, qui est son titre original, se démarque fortement de la radicalité et de la violence de ses dernières œuvres. Cela tient d'abord à sa genèse puisque le film s'inspire des souvenirs d'enfance du comédien et auteur Hark Bohm, ami du réalisateur, et qui a renoncé pour des raisons de santé à mettre en scène le scénario coécrit avec Akin. Le lieu et le temps où se déroule le film ont une importance capitale : la petite d'île d'Amrum, qui a été longtemps le port d'attache de baleiniers, offre une lumière somptueuse et l'époque est celle des derniers feux du Reich, au printemps 1945. Conte initiatique, le film évoque avec sensibilité un récit d'apprentissage dans lequel un garçon de 12 ans, soumis depuis le début de la guerre à une propagande active, voit se lézarder ses certitudes et se confronter à une certaine rudesse de son environnement. Akin renonce avec raison à son style habituel, souvent dans l'excès, pour une sagesse qui convient parfaitement au spectacle de la nature et à un cheminement narratif qui oscille entre tendresse et âpreté, tamisé par un regard de pré-adolescent. À ce titre, l'ultime scène, magnifique, constitue un sommet d'émotion qui marque à la fois la fin de l'innocence et le début d'un nouveau regard sur le monde.
Le dernier film de Fatih Akin est une nouvelle preuve de la versalité féconde du réalisateur allemand.
La violence qui exsudait de ses derniers films (In the fade, ou le très malsain Golden glove) laisse ici place à la tendresse d'une chronique d'enfance à la facture ultra-classique.
L'originalité du film est de raconter trois heures de la vie du petit Nanning, 12 ans, membre des jeunesses hitlériennes, confronté aux affres de l'enfance (avoir des amis, plaire à sa mère qui ne se nourrit plus depuis la mort d'Hitler, affronter la nature hostile, tomber amoureux) en pleine année 1945.
Le contexte n'apparaît qu'au second plan, ce qui est tout à fait original : on est d'abord captivé par les mésaventures cocasses du petit garçon, on est ensuite frappé par la façon dont son monde va s'écrouler prochainement.
L'île d'Arum, île frisonne en mer du Nord, constitue un décor saisissant, avec ses marées violentes, ses landes sauvages, sa langue spécifique, ses particularités culturelles et ses ciels infinis. Elle constitue à elle seule une raison d'aller voir le film, tant la photographie lumineuse de Karl Walter Lindenlaub lui rend merveilleusement hommage.
J'ai pris beaucoup de plaisir à suivre cette histoire qui trouve le ton juste pour raconter l'enfance (quelque part entre Pagnol et Stand by me) dans un cadre fascinant à plus d'un titre.
On sait depuis "le Tambour" de Volker Schlöndorff que l'Histoire se raconte bien à hauteur d'enfant. Une façon plus légère de raconter certains moments forts du passé... Les derniers jours de la guerre dans une petite île allemande des Jutland, proche de Hambourg. L'île est très préservée du conflit, même si les escadrilles de bombardiers britanniques survolent les lieux comme des vautours menaçants; la vie se poursuit comme si de rien n'était, marquée pour chacun par la recherche constante de nourriture. Mais un ressort semble cassé, et même les enfants qui portent l'uniforme des jeunesses hitleriennes savent que les carottes sont cuites. Comment le dire dans une société où des soubresauts de fanatisme se prolongent ? Comment ne pas montrer de signe de défaitisme ? Nanni, jeune garçon d'une petite dizaine d'années, découvre que le monde des adultes est un terrain glissant. Il essaye de protéger sa mère, vivant péniblement sa grossesse avec ses deux enfants. Il observe les réfugiés allemands qui sont des étrangers aux regards des Iliens. Il met ou non son uniforme selon les personnes qu'il rend visite. Il apprend l'histoire de sa famille, et de cet oncle dont la fiancée juive n'a pas été sauvée par son propre père qui est toujours un haut cadre des nazis, resté à Hambourg. En d'autres mots, il découvre toutes les compromissions des adultes avec des yeux purs qui essayent naïvement de recoller les morceaux. Un très joli film avec une ambiance prenante. Le succès du film tient assurément à son jeune acteur, très juste dans son jeu, qui brille d'une flamme intérieure. Les images sont aussi d'une grande beauté, avec des dunes plongeant dans une mer et un ciel qui se confondent. Enfin Diane Kruger fait une courte apparition remarquable en paysanne revêche aspirant comme beaucoup à la fin d'un conflit interminable. Une vision différente de l'Allemagne en guerre. Dans le regard d'un enfant, c'est tellement juste par essence.
Le film retrace bien ce qu'à pu être la fin de la seconde guerre mondiale vécue du côté de la population allemande, de ceux qui ont cru à cette guerre menée pour le soi-disant bien de leur peuple ; la manipulation des esprits et l'emprise est montrée, de même que la misère qu'elle a engendrée pour les civils. Le film montre à travers le regard d'un enfant la lente agonie du régime, puis le tournant d'une nouvelle vie après la capitulation. Il y a parfois quelques longueurs mais ce qui compte ici c'est bien ce regard à la fois éveillé et partisan - mais sans certitude absolue encore - et qui commence doucement à s'émousser pour laisser place à un bouleversement des valeurs, malgré un attachement viscéral au régime personnifié et identifié à l'image de la mère. Une leçon d'humanité dont il va être l'acteur le fera grandir et lui faire comprendre aussi que la valeur de la vie humaine dépasse les haines et les frontières, comme le passage d'un nouveau cap vers une vie d'homme à construire et surtout enrichie d'une nouvelle conscience.
Film à hauteur d'enfant .Quel formidable acteur l'incarne et les paysages de l'île d'Amrum m'ont charmée. Très belle photographie : les scènes au clair de lune au raz du sable avec les étoiles qui brillent, on dirait le petit Prince sur sa planète. J'ai passé un très bon moment : j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de subtilité dans des détails ténus mais parlant pour ceux qui y faisaient attention. Cela a un côté conte. J'ai passé un très bon moment. Hark Bohm a écrit le scénario du film et y relate sa jeunesse à Amrum. C'est lui qu'on voit à la toute fin du film face au coucher de soleil. Il est mort après le tournage du film. Fatih Akin nous offre une œuvre pleine de poésie et de cruauté.
Très beau film sur la fin de la seconde guerre mondiale dans une île oubliée des belligérants et où arriver à se nourrir est devenu la préoccupation majeure. Outre la façon dont l’écroulement du pouvoir hitlérien est vécu, le film est particulièrement émouvant sur le conflit de loyauté d’un enfant de nazis dont les yeux s’ouvrent mais qui est viscéralement attaché à sa mère. Par ce biais on dépasse l’aspect historique du sujet pour celui intemporel de l’amour insondable de l’enfant pour sa mère. A cela s’ajoute la beauté des images et une magistrale direction d’acteurs.
Quel destin que celui des enfants de nazi. Quelle bonne idée de raconter la fin de la guerre côté allemand avec les yeux d’un enfant, fils de nazis. Ce film est fort, simple et attachant, sans esbroufe, la photographie est magnifique et le son également, à l’image de la nature que le film nous montre.
Nanning, 12 ans, est un jeune garçon débrouillard qui aide sa famille en participant aux travaux des champs et en ramenant du gibier. Nous sommes en pleine Guerre mais à la fin de celle-ci, la donne change. Fatih Akin ("In the fade") 2017, signe un film à hauteur d'enfant qui ne m'a pas transcendé. Malgré des paysages sublimes filmés souvent à la tombée de la nuit, je n'ai été emballé que par l'amitié liée entre les deux garçons et certains traits d'humour. Une oeuvre vue en avant-première maintes fois exploité au cinéma où le le réalisateur germano-turc ne parvient pas à se démarquer des films de l'époque malgré la présence de la plus francophone des actrices allemandes, Diane Kruger. Une relative déception.
Un petit nazillon , attachant et mignon comme tout, découvre de ses grands yeux bleus et innocents la fin du Reich de mile ans révéré jusqu’à l’absurde par ses parents
C'est l'un des rares films à traiter la guerre vue à travers un ado allemand de 16 balais ( Je passe sur le film " Le Tambour" de Volker Schonldorf - 1979) . Ici on est en pleine campagne - aux alentours de la Mer Baltique - et les bruits de la guerre parviennent assourdis, à part un retour de quadrimoteurs de la RAF ( Visiblement des Handley Page Halifax ) qui se délestent de leurs surplus de bombes. Mais c'est à peu près tout. L'essentiel du film tient dans la volonté de Nanning, d'offrir à sa "Mutti" du pain blanc avec du beurre et du miel ! A quoi ça tient l'obession d'un jeune issu des jeunesses Hitlériennes... Il est difficile de juger pour nous, notre génération n'ayant jamais connu de telles affres. Mais on peut garder ce film, dans un coin de notre tête, pour comprendre l'après guerre. C'est en tout cas un film a garder. L'essentiel des films de guerre étant de toujours glorifier les combattants. Ici on vit la Guerre au jour le jour, sans se raconter d'Histoire !