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Liam Neeson, encore lui. Infatigable chevalier fatigué, silhouette raide, voix rocailleuse, toujours prêt à affronter les éléments, les armes, le destin. Cette fois, ce n’est plus le Canada gelé. C’est le Népal, ses sommets vertigineux, ses routes suspendues entre ciel et précipice. Ice Road: Vengeance commence comme un pèlerinage : Mike veut disperser les cendres de son frère au pied de l’Everest. Mais très vite, le recueillement vire à la traque.
Un bus, des passagers, un guide de montagne. Et soudain, des mercenaires. Le film bascule dans la violence. Plus question de mémoire ou de deuil : il faut survivre. Protéger. Se battre. Neeson reprend ce rôle qu’il connaît si bien : celui de l’homme ordinaire jeté dans un chaos qui le dépasse, et qui pourtant s’y dresse, par devoir, par rage, par fidélité à ceux qu’il a perdus.
Jonathan Hensleigh filme sec, efficace, sans fioritures. Les routes étroites deviennent des pièges, les pentes de l’Himalaya des champs de bataille. Chaque détour de montagne peut dissimuler une embuscade, chaque silence annonce une explosion. L’action est tendue, brutale, presque claustrophobe malgré l’immensité des paysages.
Face à Neeson, Fàn Bīng-Bīng incarne Dhani, guide à la fois protectrice et fragile, dont le calme tranche avec la fureur environnante. Leurs échanges donnent au film une respiration, une humanité au milieu du vacarme. Michala Banas, Mahesh Jadu et Bernard Curry complètent ce théâtre de survie où chacun lutte à sa manière, entre peur et courage.
Bien sûr, le film obéit à la logique du genre : fusillades, trahisons, coups de théâtre. Mais derrière les mécaniques de l’action, demeure un fil plus intime : celui du deuil. Mike ne transporte pas seulement les cendres de son frère, il porte sur ses épaules le poids de toutes ses pertes, de tous ses regrets. Chaque coup qu’il assène, chaque souffle qu’il arrache à la montagne, semble répondre à une douleur enfouie.
Ice Road: Vengeance n’invente rien. Mais il prolonge le mythe Liam Neeson : celui d’un acteur qui, depuis deux décennies, transforme la fatigue en force, le désespoir en résistance. On vient pour l’action, on reste pour ce visage buriné qui dit tout : la lassitude, la colère, la fidélité.
Ma note : dix sur vingt.