L'analyse, minutieuse et objective de la filmographie de Martin Campbell, débouche sur une conclusion : plus de négatif que de positif. Du très bon : ses deux "Zorro". De l'excellent : "The Foreigner". Un tandem improbable, mais très réussi, avec Pierce Brosnan et Jacky Chan. Même un chef-d'œuvre : "Casino Royale". Certains cinéphiles le considèrent comme le meilleur James Bond. Un cil, jeté à nos critiques de ces deux films, convaincra, par des arguments purement factuels, du jugement éclairés de ces cinéphiles. Hélas, pour tous les autres films du Néo-Zélandais, on trouve beaucoup de médiocrité. Toujours interprétés par d'excellents acteurs, les intrigues et la mise en scène sont souvent du déjà-vu, revu et corrigé. "The Protégé", "Edge Of Darkness", "Memory", "Vertical Limit", "Absalon 2022" , la liste est longue. On ne comprend d'ailleurs pas pourquoi CampbelI n'est pas plus encensé par critique et public, disciples de l'idéologie de l'éveil. Presque tous ses films en sont la quintessence : dénonciation de la seule responsabilité de l'homme dans le dérèglement climatique, du capitalisme prédateur, promotion de l'antimilitarisme, et du néoféminisme. Dans son avant-dernier film, "Dirty Angels", il enfourchait deux de ces canassons : antimilitarisme, et néoféminisme. Le résultat était à l'image des films précités : médiocre. Dans son nouveau film "Cleaner" Campbell tente le tout pour le tout. Il enfourche tous les canassons de l'idéologie de l'éveil. L'antimilitarisme: ainsi son personnage central, dont les qualités sont innombrables, est pourtant rejeté par l'armée et jugé inapte à poursuivre une carrière militaire. Néoféminisme : Campbell choisit, comme personnages centraux, deux femmes qui doivent, à leurs manières, lutter contre l'un des principaux fléaux de la planète : la masculinité toxique. La chef de la police, doit, d'un côté refréner les velléités guerrières de son chef du Swat. Elle doit, d'un autre côté, convaincre hiérarchie et subordonnés, tous des hommes, de la nécessité de faire confiance à la seule personne capable de solutionner tous les problèmes : une autre femme, notre soldate congédiée. Cette dernière dont l'inaptabilité vient de son père violent, devra lutter contre une autre représentation de cette masculinité toxique. Représentation incluant à la fois anti-capitalisme et écologisme: un ignoble terroriste qui détourne, par des actes sanglants, la cause, ô combien juste, la défense de la planète contre ses prédateurs occidentaux et capitalistes. En dépit du côté massif du matraquage idéologie de l'éveil effectué dans "Cleaner" , Martin Campbell parvient quand même à nous rendre son film digeste. Comment? Par un tissage scénaristique entre les rebondissements, très intelligent, par des dialogues assez travaillés, une bonne direction d'acteurs excellents, et une bande-son top moumoute, culminant en une chanson de fin : "Vertigo" par Griff, astucieux clin d'œil au métier de la "cleaneuse".