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tuco-ramirez
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3,5
Publiée le 19 juin 2026
« Nul ne guérit de son enfance » : Jean Ferrat Romane Borhinger met en image le roman éponyme de Clémentine Autain, avec la complicité de cette dernière qui viendra jouer son propre rôle. En effet, les deux femmes partagent une histoire commune autour d’une mère absente partie très tôt, avant leur adolescence. Le format du film est troublant puisqu’il convoque le documentaire et la fiction, en mêlant et entremêlant sans cesse les deux genres ; et offre donc une grande liberté dans la forme. Cette mécanique en vogue actuellement donne du bon et du moins bon ; « Le garçon » de Zabou Breitman avait été une bonne surprise du genre en 2025. Ici, comme dans son précédent film «(« L’amour flou »), Romane Borhinger met en scène sa propre vie, comme si sa vie devait être universelle et intéressée tout le monde. De fait, j’ai trouvé les quinze premières minutes pénibles, auto centrées et impudiques. A-t-on besoin de faire une psychanalyse frontale et de l’exposer à la France entière ? Si on ajoute qu’elle fait jouer son fils dans un rôle assez ridicule et dénué d’intérêt pour ce qu’elle évoque, jusqu’à un final lui donnant la part belle et purement pathétique. Mais passons !!! Son film n’est pas que cela ; malgré l’impudeur, il n’est jamais voyeuriste. Quand elle commence à tisser des liens entre l’histoire mère-fille de Clémentine Autain et la sienne au travers de similitudes, de blessures, de besoin de compréhensions ; le film devient universel. On finit par oublier l’histoire personnelle et on est happé par ces histoires de vie. L’enfance ressort comme le creuset de tous les malaises futurs et comment au travers des générations il est difficile de se défaire du passé traumatique d’un aïeux que l’on peut porter en soit quelques générations après. Au terme de ce film hydride à la forme touffue, on ressort bouleversé par ce récit de reconstruction d’un lien maternel abimé. Surprenant comment ce film a vaincu mes grosses réticences de la première demi-heure.
Vraiment un film excellent en tous points, un des meilleurs de 2025. Le sujet, sa réalisation originale et son interprétation : tout est à le fois brillant et poignant ici. Bravo et merci à Romane Bohringer et à Clementine Autain pour ce film magnifique sur la relation mère-enfant.
Deux femmes abandonnées enfants par leurs mères, deux mères disparues prématurément, deux destins qui se croisent deux histoires qui résonnent et un film sensible et intelligent sur l’absence et le manque de la mère.
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3,5
Publiée le 14 avril 2026
« C'est vous que vous avez envie de raconter à travers cette histoire. » Quand elle fait part de son envie d'adapter le roman de Clémentine Autain, « Dites-lui que je l’aime », il est clair que Romane a surtout envie de parler de sa propre histoire. L'œuvre de l'autrice, qui lui parle énormément parce qu'elle a vécu plus ou moins la même chose, sert surtout de porte d'entrée à sa propre expérience. Une manière d'utiliser ce qui existe déjà, sans se l'approprier, pour entamer un travail sur soi. Et ça se ressent dans le film puisque la députée s'efface peu à peu au profit de la réalisatrice. C'est vraiment là que le film décolle pour moi avec ces recherches pour reconstituer l'histoire de Marguerite Bourry. Ici, la démarche est plus personnelle puisqu'il s'agit d'un membre de la famille, mais ça m'a beaucoup fait penser au très bon "Le Garçon". On avance à l'aveugle dans ce voyage ponctué d'indices, de découvertes et de témoignages sans savoir où cela va nous mener. C'est une sorte de thérapie pour Romane, mais aussi un hommage à sa mère à qui elle redonne vie en quelque sorte. En somme, une touchante histoire autour de la maternité et des racines.
Attention : film clivant. Beaucoup de spectateurs peuvent apprécier avec raison ce moment de communion sincère de deux femmes qui décrouvent et racontent leur trauma familial commun. Pour d'autres - et je dois avouer que c'est mon cas - il y a matière à être indifférent voire choqué. Non par le propos mais par le fait d'avoir été forcé de partager l'intimité de Romane Bohringer et de Clémentine Autain. Voyeuriste à son insu est un position désagréable. Cela ne retire rien aux qualités du film. A réserver au public averti et consentant.
Un film entre documentaire et fiction biographique de Romane Bohringer qui touche par son sujet. Dites-lui que je l'aime est non seulement touchant mais traite de l'amour de mamans plus présentes envers leurs filles présentes qui cherchent désespérément à reconstituer des souvenirs lointains intimes importants pour continuer à avancer. L'approche est originale sensible on y voit Clémentine Autain authentique touchante mais surtout fille en quête d'une reconstitution mentale de sa maman défunte. Cette même reconstruction se fait avec Romane Bohringer en recherche d'une vérité d'une image d'une écriture. Très beau film à voir absolument.
Franchement ce n'est pas le genre de film que je préfère, au début du film j'ai eu même ,énormément de mal a rentré dans le film , ceci étant dit ce film représente malgré tout un travail de réalisation de documentations une scénarii, et d'originalité de tournage , avec plusieurs scènes que j'apprécie particulièrement notamment la scène plan-séquence tourné vers la fin du film. Et la musique de fin du générique d'Adela Diane . J'attribue une note de 15,5/20 sur l'ensemble des éléments du film.
Au départ, une adaptation du roman de Clémentine Autain par Romane Bohringer, qui joue son propre rôle, racontant son histoire, et lisant à voix haute quelques passages de son livre. Mais ce scénario entremêle leurs deux histoires, utilisant de véritables photos et petites scènes de la réalisatrice, avec de larges passages avec son père Richard Bohringer, dans une époque aux ambiances festives propres aux années 60, 70, écolos, musicales, « diabolo menthe »…Une caméra qui navigue délicatement entre des pièces d’ archives chargées d’ émotion, et une liberté de reconstitution légèrement floue, et tellement authentique. Cependant le parallèle sème un trouble sur les histoires de ces deux mamans, au parcours écourté, où la fiction semble toutefois prendre le dessus. Reste ce sentiment partagé d’ abandon de la mère, commun, que chacune surmontera à sa manière et saura ne pas reproduire. Forcément l' alcoolisme et la toxicomanie laissent des traces indélébiles, que le si joli message d’ amour transcrit ou l’ énergie radieuse de petits enfants, ne pourront effacer…!!**
Se pose la question de la mémoire avec ce film documentaire qui traque la géméllité entre l'enfance de Clémentine Autain et celle de Romane Bohringer, cette dernière stupéfiée puis inspirée par celle de l'autre. Une partition émouvante se joue alors via différents médiums, la lecture, la conception du film, les essais des interprètes, les images d'archives personnelles, d'autres publiques en passant de l'un à l'autre des récits, qui se font écho. C'est le temps d'accepter de se poser des questions sur sa mère mais surtout sur soi, ce qu'on a retenu de la relation et pourquoi. De cette enquête intimiste et émouvante surgira au autre vérité qui sera finalement préférée parce que résiliente. Une séance consolante.
Avec ce film Romane Bohringer prenait le risque de tomber dans une docu fiction, mais non elle a su tirer parti de ces histoires personnelles de Clémentine Autain et d'elle-même pour en faire un grand film d'amour. Le message que je retiens de ce film, est la mise en lumière des liens familiaux qui restent intangibles malgré les aléas de la vie, l'amour des enfants dans leur regard vers ces mères dont le parcours aura été destructeur, la construction des familles adoptives synonyme d'un amour fort et indestructible.
La première scène est magistrale. Rien n’est dit, mais on se met en mode sensible. La voix de Christine Angot si particulière nous prend (Ce n’est d’ailleurs pas anodin de retrouver Christine Angot et une interview télé : le projet n’est si loin de celui de « Une famille »), mais la caméra se fixe sur le visage et les larmes de Clémentine Autain. Romane Borhinger quitte ses occupations domestiques, fascinée, pour entrer en empathie avec elle. Comme nous avec elles deux. On remercie Romane Borhinger de nous éviter les voix off. Elle choisit de raconter son histoire, celle de sa mère, à travers des lectures de lettres, à travers quelques interviews, quelques films de famille. Les photos impriment notre esprit bien après le film. Pour Clémentine ou pour Romane, les documents racontent une autre histoire de leur mère que l’image qu’elles se sont construites. Leurs souvenirs si fragiles ont écrit une autre histoire. Déconstruire est le projet du film. C’est un geste salutaire et optimiste. Les secrets feront place à la résilience. On se perd parfois entre les personnages. Les filles sont plus âgées que leurs mères mortes si jeunes. Les deux mamans, leurs jeunes vies chahutées et brisées, jamais abouties, se confondent parfois. Mais c’est le meilleur du film, ce regard que porte Romane sur Clémentine. La caméra filme en gros plan l’une quand l’autre parle ou raconte. C’est quasi miraculeux la symétrie de leurs enfances à regarder le souvenir fuyant et de leurs mamans. Cela va donner l’envie et la force à Romane d’enquêter C’est une enquête dit-elle à son fils qui se déguise alors en détective pour de petites scénettes qui sont l’une des bonnes idées du film. Une autre bonne idée par exemple est de nous montrer les essais des actrices pour le rôle de Clémentine Autain. Un film sur des femmes qui cherchent à reconstruire des histoires de femmes. Christine Angot, Clémentine Angot, Romane Borhinger. Des histoires terribles qu’elles mettent en scène pour se guérir.
Le meilleur film que j'ai vu sur l'influence des parents sur leurs enfants... ainsi que sur la libération qui découle du fait de revoir et de réanalyser cette influence à l'âge adulte.
Très touchant, ces deux femmes abandonnées bébé par leurs mères; aucune amertume, mais la recherche du "pourquoi" et une certaine nostalgie. Un film qui mélange vraies images et fiction. La courte apparition de Richard Bohringer, malade, est touchante. Cette psychanalyse cinématographique est superbe, ponctuée de moments poignants. L'alcoolisme de la mère de Clémentine, l'enfance ballotée et la toxicomanie de celle de Romane, tout cela donne lieu à des grands moments d'émotion.