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Monsieur Crocodeal
5 critiques
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5,0
Publiée le 1 juillet 2026
En ce 6 mai 1938, le réalisateur nous emmène dans l'intimité de la parade mettant en scène le Duce et son allié moustachu.
"Une journée particulière" est une de ses "vieilles pépites" d'il y a 50 ans, qui nous paraissent terriblement actuelles, tant les combats sont les mêmes, et pour l'époque, particulièrement avant-gardiste, si ce n'est mal vu.
Ici tout est clair, calme, limpide, et d'une maturité absolue. Là où le cinéma moderne essaie de nous piquer la rétine, ici il nous retient par la véracité de ce qu'il propose, il nous transporte, il nous emmène avec lui sans qu'on nous prenne par la main.
Tout nous semble si réel, la photographie, les acteurs, c'est un quasi-huit clos qu'on a l'impression de regarder dans le judas de porte, tant l'intimité de ce qu'on voit est puissante.
Le film nous prend constamment à contre-pied en douceur, nous pensons voir quelque chose ? Nous en verrons une autre, nous pensons comprendre une personne ? Elle nous délivrera l'information contraire, ce scénario magistral est une ode aux plus grands clivages de l'humanité, reposant sur une journée et deux personnes : la joie et la tristesse, le calme et la colère, la richesse et la pauvreté, l'intelligence et l'inculture, le fascisme et l'antifascisme, ce qui doit être fait ou non, le bien et le mal, où se situe le curseur. On a hâte de voir ce qu'on nous a présenté, de le vivre (la parade), et finalement, on nous tire vers ce qu'on ne veut pas, là où il n'y a personne, presque, et au bout de quelques minutes, on ne veut plus les quitter.
On se remet constamment en question, en même temps que ce que l'on nous dit, sans jamais éprouver complètement l'émotion qui y est associée, pas de larmes, pas de colère, pas de surprise. Je n'ai jamais vu un film qui m'émeut autant sans que personne ne puisse le voir.
Les cadrages sont parfaits, tout est bien temporisé, avec la parade qui l'accompagne en fond, ayant une importance capitale lors des prises de parole des deux protagonistes. Les messages sont passés avec une intelligence scénaristique absolument hors du commun. Je regrette de ne parler ni italien, ni allemand, pour avoir un peu plus de contexte.
De longues lignes ne suffiraient pas à décrire cet ovni cinématographique tant il est différent de tous, surtout à cette époque, bref, regardez-le.
Attention, chef d’œuvre ! Une pièce maitresse du grand cinéma italien de la décennie 70/80. Nous sommes en mai 1938, Hitler rend visite à son "ami" Mussolini pour une journée de festivités et délires fascistes...Une journée marquée par les hurlements d'une foule acquise à leur cause, une journée particulière... Les deux personnages principaux ne vont pas participer à la fête, ce sont des rejetés, des exclus... Cette courte journée va devenir leur journée particulière à eux aussi, ils vont se rencontrer et cette rencontre est bouleversante, je ne veux en dire plus... Le jeu à contre emploi de Marcello Mastroianni et de Sophia Loren est tout simplement prodigieux, leur direction parfaite. Que dire de la bande son entièrement consacrée aux rumeurs de la foule, des hurlements, des politiques et des vivats de la populace ? C'est génial tout simplement. La photographie est dans la même veine, ce film est étrangement simple et déchirant, on en ressort un peu différent. Du très très grand cinéma, merci monsieur Ettore Scola...
Avec Une journée particulière, Ettore Scola enferme deux solitudes dans les marges d’une Italie fasciste en fête, transformant un simple appartement romain en espace de résistance intime et silencieuse. Sophia Loren et Marcello Mastroianni livrent des performances d’une grande retenue, loin de leurs images glamour habituelles, donnant au film une humanité fragile et profondément mélancolique. La mise en scène feutrée et les tonalités volontairement ternes traduisent admirablement l’étouffement moral d’une société fondée sur la norme, la virilité et l’effacement des différences. Pourtant, malgré la finesse psychologique du duo central et l’élégance politique du propos, le film semble parfois trop conscient de sa portée symbolique pour atteindre une émotion totalement spontanée. Une œuvre délicate et profondément humaniste, portée par une immense sensibilité, mais dont la douceur mélancolique laisse une trace plus discrète que véritablement dévastatrice.
Avec Une journée particulière, Ettore Scola signe un film d’une douceur trompeuse, où la violence ne crie jamais mais ne cesse d’agir. Un film d’une pudeur immense, où le politique se loge dans les corps, et où le tragique naît précisément de ce qui n’est jamais montré.
Le titre est à double sens, désignant d’une part, la journée du 7 mai 1938 (soit 2 mois après l’Anschluss, annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie), où Adolf Hitler vint rencontrer Benito Mussolini ainsi que le roi (1900-1946) Victor-Emmanuel III, et d’autre part, la rencontre improbable (grâce à un mainate), le jour où tout le monde assiste à la rencontre germano-italienne à Rome, entre Antonietta (Sophia Loren, 43 ans), originaire de Naples, mère au foyer, n’ayant pas fait d’études, avec 6 enfants et un mari volage, et Gabriele (Marcello Mastroianni, 53 ans), intellectuel, speaker à la radio et homosexuel. C’est la rencontre de deux solitudes, différentes mais imposées par la société fasciste patriarcale et viriliste. Bien sûr, le sujet est toujours d’actualité car la mise à l’écart de la société de certains individus, minoritaires, est le début du totalitarisme. Outre la mise en scène, la brillante interprétation, à contre-emploi, de Sophia Loren, sex-symbol au cinéma, et de Marcello Mastroianni, latin lover, la bande-son constituée par la radiodiffusion du voyage d’Hitler, omniprésente et faisant office de lavage de cerveaux, le travail sur la photographie (dû à Pascalino de Santis, 50 ans) est remarquable : bien qu’en couleurs, le film parait être en noir et blanc, tant les couleurs sont atténuées, rendant bien la grisaille de l’Italie fasciste. A noter la présence de 2 acteurs canadiens, John Vernon (45 ans), mari d’Antonietta, et Françoise Berd (54 ans), la concierge venimeuse.
Très beau film qui trouve une très belle place dans la filmographie d’Ettore Scola. Filmographie variée, avec quelques récurrences, notamment un regard critique sur l’Italie et une attention particulière aux personnages en marge. Deux ans avant cette réalisation, le cinéaste faisait dans l’originalité scandaleuse avec Affreux, sales et méchants. Il fait ici dans le classicisme subtil et délicat pour donner à voir l’Italie de la fin des années 1930, sous régime totalitaire. Une vision “de l’intérieur”, depuis un immeuble romain où se rencontrent deux voisins qui sont, chacun à leur manière, des exclus, des victimes, de la dynamique fasciste. L’histoire de leur rencontre est d’une simplicité, d’une justesse et d’une émotion remarquables, grâce à une belle qualité d’écriture, grâce aussi à deux comédiens magnifiques, Sophia Loren et Marcello Mastroianni, en contre-emploi. Grâce enfin à une réalisation inspirée et fluide, qui joue habilement entre les intérieurs et les extérieurs, avec à la clé quelques plans-séquences mémorables. La teinte brune de l’image est parfaitement accordée à la couleur politique de l’époque. Et la tonalité du récit, doucement déchirante.
Éblouissant ! Sophia et Marcello au sommet de leur grand art, Ettore Scola d’une inspiration absolue ! Un chef d’œuvre bouleversant, à voir et à revoir.
Une journée particulière d'Ettore Scola est une parenthèse sur le temps. Un moment inattendu entre deux immenses acteurs Sophia Loren et Marcello Mastroianni qui livrent une prestation inoubliable. Malgré le contexte historique pesant qui est omniprésent dans le film de manière sonore avec un univers sonore créé , et cette rencontre entre Mussolini et Hitler, accueilli à Rome comme un roi par la population italienne totalement hystérique, on voit la liberté se profiler avec cet oiseau s'échappant de sa cage au début du film et qui provoque la rencontre du film. La rencontre d'une mère de 6 enfants qui reçoit aucune tendresse de son mari qui la méprise et qui la commande comme un objet cela montre la position de la femme et de ce voisin homosexuel ne pouvant vivre comme il le souhaite dû à la répression faite aux homosexuels à cette époque. Ce chef d'œuvre créée ce sentiment d'injustice et cette rage silencieuse que subissent cette femme et cet homme qui ne peuvent vivre comme ils le veulent à cause de ce régime politique, cet état totalitaire de Mussolini, à cause de cette dictature qui tue.
Bravo pour cette réalisation d'Ettore Scola qui nous amène dans une histoire rempli d'amour et qui créée de l'espoir.
Attention chef d'oeuvre !Un jeu d'acteur incroyable, une Sophia Loren bouleversante!Un traitement de la photographie particulier, entre le noir et blanc et la couleur,de très beaux cadrages...Des personnages qui semblent une minute d'ennui malgré l'unité de temps et de lieu!
Chef d œuvre italien! À voir et revoir. on y trouve tout (émotion, peinture réaliste de la montée du fascisme et le regroupement grégaire derrière l’ordre), Sophia Loren magnifique dans sa solitude de mère au foyer et Marcello superbe dans son rôle! Leur art dans le jeu n’est plus à démontrer..
Après une introduction faite d’images d’archives de 1938, montrant le contexte historique (la visite de Hitler à Rome) et l’annonce de la grande parade fasciste en son honneur programmée le lendemain, le film s’ouvre sur un lent mouvement de caméra qui balaye une façade d’immeuble et pénètre dans l’appartement de la protagoniste principale, puis la suit de près dans ses tâches matinales auprès de sa nombreuse famille. Le film se clôturera sur un plan semblable, qui la raccompagnera lors de sa fin de journée, au moment de son coucher. Entre les deux plans se sera déroulée une journée en effet bien particulière. Particulière historiquement pour un pays et une bonne partie de son peuple, qui se rend massivement (du moins pour les habitants de l’immeuble) à la parade en question, dont les commentaires, issus du poste de radio de la concierge, constitueront le fond sonore de l’essentiel du film. Mais particulière aussi, et surtout, pour Antonietta (Sophia Loren est merveilleuse dans ce rôle) , découverte dans le premier plan, et Gabriele, un voisin d’en face, que le hasard fait se rencontrer. Ces deux personnages sont deux types de victime du fascisme : la première est victime d’une oppression, machiste et moralisatrice. Le second d’une répression, celle qui est exercée sur les personnes « différentes ». Ettore Scola, avec une délicatesse exemplaire, nous fait vivre leur rencontre et cette journée avec eux, pour qui, à son terme, l’avenir ne sera plus comme avant. Un très grand film qui réunit les dimensions politiques et humaines. Une œuvre admirable et bouleversante.
Ils sont l’une et l’autre prisonniers de leurs vies particulières, aussi dissemblables qu’il est possible, sauf que leurs fenêtres se font face. Antonietta/Sophia est une mère de famille nombreuse, épouse d’un mari macho et infidèle. Gabriele/Marcello est un journaliste homosexuel victime des persécutions en cours dans l’Italie fasciste de 1938. Le hasard sous la forme d’un oiseau bavard qui vole d’une fenêtre à l’autre les fera se rencontrer. Il est désabusé et résigné, elle est triste, et cette tristesse, Scola sait la montrer sur son beau visage. Un éclat de rire sous un drap qui sèche sur la terrasse leur fera oublier leurs destins particuliers, le temps d’une journée à peine…
Un tout bon film signé Ettore Scola. "Une journée particulière" nous emmène dans un immeuble en 1938 à Rome, un jour de défilé ou le Duce reçoit Hitler et ou le tout Rome est venu assister au spectacle, dans cet immeuble quasiment vide, par hasard se rencontrent deux personnes que tout sépare : un homosexuel vivant seul et une femme consacrant sa vie à son mari fasciste et ses enfants. Sophia Loren et Marcello Mastroianni (pour ainsi dire les 2 seuls acteurs du film) sont tout simplement excellents ! Une belle histoire humaine.
Avec "Affreux, sales et méchants" le chef-d’œuvre de Scola, bien différent du premier... En effet, ce spécialiste de la comédie grinçante dirige ici sa caméra sur deux laissés pour compte de l'Italie fasciste, alors triomphante, tissant minutieusement les fils d'un récit déchirant auquel Sophia Loren et Mastroianni confèrent l'authenticité de leur infini talent. Dans des décors misérables et souvent hideux, la qualité des dialogues et le rapprochement progressif de deux êtres a priori si éloignés, en des plans rapprochés qui scrutent les visages dans leur intimité la plus nue, dans une ambiance sinistrement délétère, participent à la création d'un drame que l'on sent inexorable, mais que les touches d'humour et la sincérité des personnages atténuent selon les scènes. C'est du grand art et l'un des films majeurs des années 70.
cette journée particulière est celle où, en 1938, Hitler rendit visite à Mussolini à Rome et où toute la population romaine participa à à l'accueil du führer, toute la population ou presque, puisque dans un immeuble, 3 personnes au moins ne s'y joignirent pas : la concierge, mégère et médisante, un ancien chroniqueur de radio, homosexuel et déprimé et une mère de famille de 6 enfants au mari macho et infidèle, tenue de s'occuper du foyer pour le retour des siens. Su fond sonore des défilés fascistes et commentaires dithyrambiques de la radio de la concierge, le film nous narre la rencontre et la relation éphémère de la mère de famille et de l'homosexuel, tous deux finalement exclus des festivités, l'une étant profasciste par ignorance et conformité, l'autre antifasciste par exclusion; La relation passe par différentes étapes, la découverte, la séduction, l'incompréhension, le rejet et la fusion. c'est filmé avec talent, Sophia Loren et Marcello Mastroianni sont excellents et le film reste 50 ans après toujours aussi agréable à regarder et intéressant par le contraste entre l'arrière plans fasciste et la relation profonde mais ambigüe et sans lendemain entre deux êtres tout simplement humains