Le titre est à double sens, désignant d’une part, la journée du 7 mai 1938 (soit 2 mois après l’Anschluss, annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie), où Adolf Hitler vint rencontrer Benito Mussolini ainsi que le roi (1900-1946) Victor-Emmanuel III, et d’autre part, la rencontre improbable (grâce à un mainate), le jour où tout le monde assiste à la rencontre germano-italienne à Rome, entre Antonietta (Sophia Loren, 43 ans), originaire de Naples, mère au foyer, n’ayant pas fait d’études, avec 6 enfants et un mari volage, et Gabriele (Marcello Mastroianni, 53 ans), intellectuel, speaker à la radio et homosexuel. C’est la rencontre de deux solitudes, différentes mais imposées par la société fasciste patriarcale et viriliste. Bien sûr, le sujet est toujours d’actualité car la mise à l’écart de la société de certains individus, minoritaires, est le début du totalitarisme. Outre la mise en scène, la brillante interprétation, à contre-emploi, de Sophia Loren, sex-symbol au cinéma, et de Marcello Mastroianni, latin lover, la bande-son constituée par la radiodiffusion du voyage d’Hitler, omniprésente et faisant office de lavage de cerveaux, le travail sur la photographie (dû à Pascalino de Santis, 50 ans) est remarquable : bien qu’en couleurs, le film parait être en noir et blanc, tant les couleurs sont atténuées, rendant bien la grisaille de l’Italie fasciste. A noter la présence de 2 acteurs canadiens, John Vernon (45 ans), mari d’Antonietta, et Françoise Berd (54 ans), la concierge venimeuse.