La "nouvelle vague" des années 60 et particulièrement Truffaut ont sacrément descendus les polars à la française et maintenant 50 ans plus tard nous les retrouvons avec beaucoup de plaisir. Scénarios soignés,personnages travaillés,dialogues sans failles (ici,c'est surtout Auguste lebreton) musique bien en place,noir et blanc de rigueur,décors et voitures de circonstances et acteurs impeccables...Plus la nostalgie chez les vieux comme moi : le plaisir est bien là. Il y a bien sur quelques défauts qui empêchent les étoiles de grimper et l'on ne retiendra que les moments forts:Ventura dégueulasse comme jamais plus il ne sera,Franqueur lache comme c'est pas croyable,Gabin qui flinque dans une position de super-héros et qui reçoit une baffe de sa mére l'admirable Gina Niclos (il faut voir jouer des actrices comme elles pour garder des reférences)pour comprendre que ce cinéma là on n'en fera plus jamais mais que c'est formidable qu'il existe.
Gabin était habitué à tourner régulièrement avec les mêmes metteurs en scène. Ce fut encore plus vrai l’âge venu. Grangier sera avec douze films en commun son plus fidèle compagnon de route. Cette collaboration a souvent été décriée comme étant la meilleure preuve du conformisme caractéristique du Gabin d’Après-guerre. C’est pourtant oublier que la moitié de ces douze films sont des œuvres tout à fait digne d’intérêt avec deux franches réussites (« Gas-Oil », « Maigret voit rouge ») et quatre petits joyaux du film noir, policier ou comique (« Le sang à la tête », « Le désordre et la nuit » , « Le rouge est mis » et « Le cave se rebiffe » ). « Le rouge est mis » né du roman d’Auguste Le Breton ponte de la Série Noire avec Augustin Normand, adapté et dialogué par Michel Audiard, constitue la preuve indéniable du talent sous-estimé de Grangier. Cette histoire sombre au possible n’est pas loin de faire penser au « Rififi chez les hommes » de Dassin inspiré du même André Le Breton. Depuis Jacques Becker et « Touchez pas au grisbi », Gabin est devenu la figure du milieu à l'écran. Chez Grangier le gangster est un fils à sa mère chez laquelle il habite comme huit ans plus tôt James Cagney dans « L'enfer est à lui » de Raoul Walsh. Remplaçant le père comme cela se faisait souvent dans les milieux populaires, il a en charge la protection de son jeune frère fraîchement sorti de prison et complètement sous l'emprise d'une jeune manucure arriviste jouée par la sémillante Annie Girardot. Seulement Louis doit aussi continuer à mener ses affaires avec une bande pour le moins hétéroclite composée d'un maniaque de la gâchette et du couteau (Lino Ventura brut de décoffrage à faire peur) et d'un poltron qui ne maîtrise plus ses nerfs (Paul Frankeur immense dans la lignée du Vanel du "Salaire de la peur"). On sait que mêler ses affaires privées avec le business ne fonctionne jamais très longtemps. L'axiome va une nouvelle fois se vérifier, entraînant dans sa chute un Gabin qui semble être le dernier survivant d'un milieu autrefois régi par le code d'honneur. Gilles Grangier, réputé cinéaste académique et sans point de vue ose s'attaquer à la légende de l'union des gens du milieu en faisant voler en éclat la petite équipe dans un final paroxystique où Gabin rejouera pour la dernière fois une des fins tragiques qui ont façonné son image de héros tragique du Front Populaire. Un grand film où Grangier montre sa faculté à retranscrire le Paris d’une époque qu'il a bien connu.
Un film noir à la française qui n’a rien à envier à nombre de productions américaines du même genre : un scénario solide, des personnages charismatiques, du rythme, du suspense, des rebondissements. Malgré les années, l’histoire ne fait pas démodée et continue d’accrocher avec efficacité. Une fois de plus, Jean Gabin occupe tout l’écran, notamment dans quelques scènes où il fait la démonstration de son autorité.
4ème long métrage de Gilles Grangier avec Jean Gabin sur une collaboration qui comptera 12 films ! Par là même Gabin en profite pour tourner son 3ème film avec son nouvel ami Lino Ventura après "Touchez pas au Grisbi" (1954) de Jacques Becker et "Razzia sur la chnouf" (1955) de Henri Decoin... Ce dernier film est adapté d'après et par Auguste Le Breton qui offre une nouvelle fois ses services et ses talents pour "Le Rouge est mis"... Un vrai bon polar des années 50 qui mériterait un peu plus de reconnaissance avec un final qassez inattendu qui fait son effet.
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3,0
Publiée le 5 janvier 2014
Classique de la sèrie noire à la française à plus d'un titre, "Le rouge est mis" est un film de « famille » (Jean Gabin, Lino Ventura, Paul Frankeur) avec lequel Gabin continue plus que jamais a inaugurè le « cycle Gilles Grangier » . On sent ici l'affection du metteur en scène pour son personnage principal! Certes, Gabin est un dangereux gangster / garagiste, mais surtout un homme droit qui aime sa mère et qui a toujours la claque facile! Dialogues au taquet de Michel Audiard : « il faut croire qu'en vieillissant, on cherche tous à se blanchir ! » . Que demander de plus, on est en terrain connu mais l'histoire n'a pas vieilli, toujours passionnante à suivre entre truands et sauvage agression qui tourne mal, avec une musique de film noir jazzy / titi parisienne qui colle parfaitement à l'ambiance d'une èpoque avec ses bagnoles, son artillerie, son flipper, son marchè, son peloton de cyclistes amateurs à 10 kilomètres de Limours! Avec en prime, Marcel Bozzuffi et la jeune Annie Girardot en manucure qui se fait sèrieusement remettre en place par Gabin dans le bois de Boulogne...
Comment ne pas être conquis dès le début, ne serait-ce que par la musique caractéristique de l'époque et du style de film d'alors, notamment ceux de Grangier, l'un des réalisateurs les plus chevronnés et les plus doués de la période 1950-1960 ? Sur un scénario d'Auguste Le Breton (auteur du roman) et les dialogues de Michel Audiard, Gilles Grangier ne pouvait que nous ravir avec ce superbe policier de la plus pure tradition ! Il rend parfaitement l'ambiance des quartiers parisiens de jadis. Jean Gabin, qui a tourné avec les plus grands metteurs en scène dans sa carrière, a collaboré le plus souvent avec Grangier (12 films ensemble). Il domine l'événement par sa présence et son charisme indiscutables dans un rôle de chef de gang taillé sur mesure. Le spectateur prendra plaisir à retrouver le dit gangster habitant encore chez sa vieille maman. On retrouve à ses côtés des habitués du genre : Paul Frankeur, le trouillard et lâche de service, Marcel Bozuffi en frangin coureur de jupon amoureux de la belle Annie Girardot, Lucien Raimbourg en complice fidèle et surtout, Lino Ventura dans l'un de ses premiers rôles de bandit brutal, flingueur patenté et accessoirement lanceur de couteau. Un polar convenu, certes, mais ô combien réussi, fidèle aux poncifs du genre (de l'époque …) et à l'issue fatale.
un film de voyou à l'ancienne comme en a beaucoup tourné GABIN et les autres On voit Lino VENTURA à ses débuts dans un rôle de gitan violent et Annie GIRARDOT toute jeune les scènes d'actions sont un peu lentes film d'époque
Gilles Grangier dépendait toujours des scénarii qu'il mettait en scène, et « Le Rouge est mis » ne fait pas exception. D'ailleurs, sans être renversant, l'aspect « criminel » est bien rendu, à base d'argot réjouissant (merci Audiard) et de scènes d'action rondement menées, les deux points forts du film. Reste que si le travail est appliqué, il manque clairement un auteur pour rendre l'entreprise vraiment nerveuse, d'autant que certains personnages sont taillés beaucoup trop grossièrement pour que cela soit vraiment crédible. Entre le frère franchement pas malin, la brute épaisse vaguement psychopathe et la garce vraiment garce obnubilée par le fric et les manteaux de fourrure (heureusement très bien interprétés par Marcel Bozzuffi, Lino Ventura et Annie Girardot), Auguste Le Breton n'y est pas allé de main morte en adaptant son propre roman, heureusement compensés par Jean Gabin et Paul Frankeur, tous deux impeccables dans des rôles dignes, eux, de la série noire française. Et puis il y a ce beau final (malgré une invraisemblable facilité technique), intense et pour le coup très bien filmé, permettant de conclure sur une bonne note. Divertissant donc, mais néanmoins trop inégal pour séduire pleinement.
que dire de plus ,les acteurs jouent a merveille,la musique est splendide et le scenario est bien ficelé la fin est bien,merci mr grangier encore une fois
Nous sommes face à une honnête série noire à la Française,caractéristique des années 50 . Gangsters valeureux avec leurs codes et leurs valeurs,privilégiant la famille tout en organisant des braquages. Jean Gabin trône royalement sur une distribution qu'il connaît par cœur. C'est fou le nombre de policiers de ce genre-là dans lequel il tourna après-guerre. Son charisme autoritaire et viril éteint sans peine des interprètes en surjeu permanent,y compris des futures vedettes comme Lino Ventura(en psychopathe écervelée)et Annie Girardot(en fille facile vaguement vénale). L'histoire est assez aseptisée,à peine relevée par quelques bons mots de Michel Audiard. La mise en scène de Gilles Grangier est très neutre,et n'a pas le temps de prendre de l'ampleur en seulement 85 minutes. "Le Rouge est mis"(1957)ne vieillit pas trop mal,mais la minceur de son scénario et sa carence en action valable(hormis le final dans la cage d'escalier)sautent aux yeux.
Un bon film, bien mis en scène, avec des personnages bien servis par des acteurs de qualité, on reprochera une certaine lenteur et certaines scènes inutiles (ex. Circulation de voitures...).
Les films de cette époque c'est un genre à eux seuls: "le policier des années 50". Il y a le rythme lent, la musique jazz discrète, l'action qui fait la part belle aux coups de feu et surtout qui privilégie les dialogues. Ici le scénario est assez simple et c'est cette histoire de trahison qui prend toute la place. Un bon cru au final tout en tension.
Un film qui a bientôt 60 ans et se regarde toujours avec grand plaisir. Une histoire de gangsters qui se tient avec une chute intéressante, de grands acteurs (Gabin, Ventura, Girardot...) et surtout cette ambiance des années 50 avec des Tractions, des 203, des 403, un Paris qui suscite la nostalgie, et une très jolie musique
Encore un très bon polar malheureusement resté assez confidentiel tant dans la filmographie de Gabin que celle de Grangier. Mes prédécesseurs ont déjà tout dit ou presque, je ne partage en revanche pas les critiques sur la maigreur du scénario, qui à mon avis n'a rien d'inabouti, tout au contraire. L'histoire flirte même avec le drame dans la relation déséquilibrée entre Gabin et son frère, auxquels on peut ajouter le lien fort qui les unit tous les deux à leur mère (la fameuse scène de la gifle évoquée plus bas est mémorable, Gabin les aura plus distribuées que reçues dans sa carrière, et son personnage dans ce film n'en est que plus intéressant). Dans l'ensemble, les personnages de ce film sont plutot riches, entre un Frankeur comme souvent abonné aux rôles de pétochards, une Annie Girardot vénale mais finalement assez attachante, et Ventura en brute psychopathe incontrolable, nous sommes servis et bien servis. Un film à réhabiliter, sans aucun doute.