"That's what they want from us. Follow the rules, you lose. Choose violence, you win."
Malgré un scénario prévisible et typiquement hollywoodien, à l'exception de la fin, Ender's Game mérite d'être réévalué pour ses qualités cinématographiques propres : une réalisation (Gavin Hood qui signe également l'adaptation du roman d'Orson Scott Card) qui évite la surenchère d'effets spéciaux et propose une image à la fois classique et non dénuée d'audaces, une interprétation propre (Asa Butterfield, inoubliable héros d'Hugo Cabret, Scorsese, 2011 ; Harrison Ford ; Ben Kingsley ; Viola Davis) et bien dirigée et quelques lancées philosophiques propres à éveiller l'intérêt d'adolescents (un peu attardés comme moi) telles que la balance entre la compassion et la violence, sujet certes conservateur mais qui touchera son coeur de cible, voire une prise de conscience plus globale pas très éloignée du débat éthique autour de la création et du largage des deux premières bombes atomiques.
Si le parcours d'Andrew "Ender" Wiggin est prenant, étape après étape, on pourra regretter que celles-ci soient passées beaucoup trop rapidement. Quitte à se baser sur la logique du jeu vidéo, pourquoi en effet ne pas avoir pensé la narration sur une longueur plus importante, à la façon d'une saga ou d'une série, pour laisser le temps aux personnages de développer une psychologie plus complexe, plus nuancée ?
Au rayon des références, on notera Full Metal Jacket (Stanley Kubrick, 1987) ou Le Maître de Guerre/Heartbreak Ridge (Clint Eastwood, 1986), deux oeuvres assez opposées sur le plan politique mais qui se rejoigne sur celui du chemin initiatique, pour la première partie. Pour la seconde, on sent bien l'influence de sagas plus copieuses, à l'image de Dune ou de Star Wars.
Au final, ce film à gros budget mérite d'être réévalué pour ses qualités et malgré un rythme beaucoup trop rapide et quelques facilités scénaristiques.