Œuvre culte réalisée par Martin Scorsese et sortie en 1990, "Les Affranchis" est un monument du film de gangsters américain. Se déroulant pendant près de 30 années au cœur de la mafia de Brooklyn, le long-métrage se veut ambitieux et sa réputation le place très haut dans la liste des projets à découvrir pour un cinéphile. Pourtant, en ce qui me concerne, j'ai mis énormément de temps avant de le visionner, la raison étant que les films de mafieux ne sont pas foncièrement ma tasse de thé. Mais, étant quelqu'un d'aussi ambitieux que ce projet, j'ai finalement décidé d'enfin le rattraper, afin d'enrichir ma culture personnelle. Et honnêtement, j'ai trouvé au sein de ce dernier tout ce que je m'attendais à voir. Concrètement, cela signifie que je trouve l'ensemble vraiment réussi, sans pour autant avoir été impressionné. Pour expliquer cela, je dirai simplement que ce genre d'histoire d'ascension et de chute au sein d'un milieu mafieux est la base de beaucoup d'histoires du genre, et je n'y ai donc trouvé aucune nouveauté par rapport à cela. De même en ce qui concerne l'écriture des personnages, qui représentent bien les archétypes classiques du genre. Cela dit, retenez bien que cet avis est celui d'une personne n'ayant pas connu l'œuvre à sa sortie, car, avec du recul et suffisamment d'informations, je peux quand même parfaitement comprendre l'ampleur qu'elle possède. Premièrement, car elle est réalisée par Martin Scorsese, et c'est déjà une raison suffisante pour tenter d'expliquer sa grandeur. Offrant une mise en scène à hauteur d'homme, le film est surtout porté par son montage et sa narration pour mener à bien son histoire. En effet, avec une aussi grosse période à couvrir, il a bien fallu trouver des techniques pour correctement tout raconter, et le film en regorge. On peut d'abord noter l'utilisation d'une voix off pour rentrer dans les détails de chaque séquence, celle-ci pouvant sembler de trop, mais étant finalement toujours utile. À cela, on y ajoute une envie de marquer certaines informations au fer rouge, Martin Scorsese optant donc pour des arrêts sur image brusques rentrant rapidement dans la tête du spectateur. Et enfin, on peut également citer une photographie assez classique en apparence, mais parfois vraiment stylisée autour de la couleur rouge pour apporter le sentiment de danger au sein d'une scène. Esthétiquement, le film est donc franchement maîtrisé, et même s'il n'impressionne pas par des effets de style très remarquables, cela suffit à nous faire correctement comprendre ce monde. Ce dernier, pour en parler, est assez classique, comme je l'ai précisé plus tôt. Mais même s'il représente un univers que l'on connaît déjà tous très bien, il réussit à y amener une sorte de moralité qui lui est propre. À ce niveau, c'est surtout l'évolution et la résolution de l'histoire qui sont intéressantes,
car si une bonne partie du scénario se déroule selon les standards du genre, la conclusion surprend le spectateur par un dénouement assez calme. Nous n'aurons donc pas le droit à d'immenses séquences de coups de feu, mais à un simple retour à la réalité vraiment brutal. Grâce à cela, le récit inscrit donc complètement son envie : une parenthèse particulièrement brusque au sein d'un monde destiné à s'écrouler, portant les défauts du rêve américain à bout de bras.
Et forcément, pour conclure, il est important de noter l'excellente prestation du casting dans la réussite de cet ensemble. Que ce soit Ray Liotta, Robert De Niro, Joe Pesci ou les autres, ils sont tous incroyables dans leur prestation. Cet assemblage a donc logiquement fini par donner une œuvre culte, qui, si elle ne m'a pas marqué plus que cela, m'a totalement fait comprendre pourquoi elle fascine tant. Pour conclure, un film important.