50 piges le gars. j'avais jamais vu le film. mais bon, je le connaissais, tout le monde le connaît, hein ? mon voisin, ma grand mère, le curé... et c'est marrant de se dire qu'un film, tout le monde le connait alors qu'au fond je suis pas certain que tant de gens l'ont réellement regardé. alors oui, je sais, il y a John qui lève sa botte au dessus de la gomina en costard patte d'eph et puis, of course, il y a les beegees ! yeeeah ! OK, c'est bon, j'ai compris : le mec se prépare, flirte, danse, ça paillette le samedi soir, ça remue du popotin sous les projos, façon star acc des origines (l'impression d'avoir dit un gros mot d'un coup) pour aguicher la peuplade-spectacle (oui je suis élitiste façon la nana dans le film). mais moi c'est bon, j'aime les vrais films sociaux comme rocky, j'ai l'œil pour capter le superficiel du vrai film dur qui envoie du réel avec des images d'artistes, les films 80's qui avaient encore les scénaristes touchés par un entrain en fin de course, la soif de transmettre leurs impressions de manière limpide et profonde à la fois, des gens qui pensent à tout, qui n'écrivent pas un scénar mais qui sont dans le scénar ! et je trouve que ça manque un brin, parfois, souvent, à la folie. savoir partager des valeurs, c'est de la sueur. écrire limpidement l'humilité, la fraternité, l'humanité, ses corps qui se parlent presque à se toucher du coeur, à se rentrer les mains dans la chaire, à s'engueuler, à rester fier de ses choix face au monde, et faire corps ! les échecs, les empêchements, la folie colorée de la fièvre dans laquelle Travolta se transforme en transe, le monde revêt son imaginaire, son envie de fuir le quotidien, de fuir les rumeurs des cloches du foyer tradi catho familial pour se retrouver dans l'atmosphère lointaine d'un air jazzy dans les rues de manhattan, un classique dans la maison de personnes du mooonde ou du blues ou folk dans la bagnole des copains. et puis le samedi, le vrai jour du seigneur, de la zic pop bien envoyée pour prendre un grand bain collectif, à l'unisson des corps qui vibrent, qui vivent quoi ! on sent fout de vieillir ! les choses sont finement dites, on prend pas les gens pour des moutons, on leur fait confiance, ils vont comprendre par eux mêmes. . et moi c'est ce que j'aime, c'est la patte d'un auteur qui nous explique pas tout ce qu'on voit par peur de perdre sa crédibilité, un gars qui nous hausse vers notre humanité commune, un type qui nous envoie direct dans sa constellation.
rien qu'au début, cette contrefaçon d'un jeune homme qui marche dans la rue, qui dodeline du train, qui s'y croit au point de se demander si ce ne serait pas un peu clinique son truc, si ce ne serait pas un peu dans sa tête tout ça. donc déjà il y a un petit malaise qui va durer. est ce juste un naïf un peu écervelé narcissique, ou une fashion victime, victime d'une autre histoire, d'autres histoires. mais voilà, malgré la purée de brochettes qu'il doit se coltiner et de la beauté de son corps à la limite de l'hypnotique, le gars il est mené par des valeurs humaines (certes parfois en grande contradiction (très limites), car au travail de grandir, de faire des choix pour sa vie. et tout ça pour moi, c'est donc qu'il y a autre chose à voir, que l'habit a paillettes ne fait pas le moine, qu'il y a quelque chose à creuser.
alors, pour la critique, j'ai trouvé que le scénar s'étiole un peu sur la fin (moins de profondeur), ce qui ne retire en rien la facilité à boulotter le film sans voir passer le temps, et je mettrai cette bévue sur le compte peut être d'une envie de boucler une œuvre conséquente qui a dû bien donner de la sueur à son réalisateur. des scènes profondes qui jouxtent avec des scènes désuètes dansées, parfois même naïves, un grand silence au début, des cris de jouissances à un moment, des sons qui accompagnent en filigrane un scénar et des images de poids... tout est millimétré. réalisation osée. chapeau.