Mais où est la direction d'acteurs ? Fernandel en fait trop, donne l'impression de faire ce qu'il veut et a tendance à énerver son monde, les acteurs secondaires n'ont aucune personnalité, quant à Samia Gamal, autant ses deux danses du ventre sont plastiquement splendides autant son talent d'actrice est proche de néant. Mais contrairement à Dagobert tourné l'année précédente avec ce même Fernandel, nous avons ici un grand réalisateur qui s'il semble avoir laissé les acteurs se débrouiller, à néanmoins assuré une mise en scène de qualité parvenant à faire oublier quelques passages ridicules, certains plans sont splendides avec une utilisation hardie de l'espace et le plus fort c'est qu'il arrive à nous intéresser un petit peu à cette histoire abracadabrante et que ça se regarde sans déplaisir. Qui aurait cru ?
"Sésame, ouvre-toi" ! Même si ce conte demeure une histoire agréable et accessoirement un bon souvenir d'enfance, cette adaptation cinématographique d'"Ali Baba et les 40 voleurs" trouvera avant-tout son charme dans le faciès de l'inoubliable et unique Fernandel. Cependant, et malheureusement, avec le politiquement correct qui ne cesse de prendre de l'importance dans le paysage français, pas sûr que ce film fasse encore partie des contes à diffuser aux enfants d'aujourd'hui. Nous ne serions pas étonné d'apprendre que ce qui nous faisait rêver et sourire à l'époque, ne serait pas loin d'être banni par le ministère de l'éducation de nos jours. Entre la vente d'esclaves, l'image dégradée de la femme, la tyrannie, le vol, la soif d'argent, les meurtres et j'en passe, le bon fond d'Ali Baba aura du mal à prendre l'ascendant sur le reste. "Ali Baba et les 40 voleurs" n'en reste pas moins un film appréciable, où la perpétuelle bonne humeur de Fernandel se marie avec la découverte d'un trésor que l'on envie tous.
Bon alors c’est vrai que ce film est gentillet, mais alors je crois que Jacques Becker est incapable de tenir un scénario sur la longueur ! Après un début des plus sympathiques, le film s’enlise malheureusement. Au casting un seul acteur se démarque vraiment, et c’est Fernandel. Samia Gamal est clairement ici pour exécuter les morceaux de danse (fort bien d’ailleurs) mais ni son personnage ni sa prestation ne présente un réel intérêt. Pour les autres interprètes c’est très moyen, et on sent que le film est totalement monopolisé par Fernandel, qui grâce à une interprétation gouailleuse, légère s’en sort bien et pour être honnête, sauve le film. Il nous tire un peu de notre torpeur (en dépit d’un style provençal plus marqué que je ne pensais !). Le scénario reprend assez peu l’histoire originale en fait, et c’est clair, on ne se marre pas vraiment. Le film n’est pas vraiment drôle, tout au plus le trouvera-t-on léger, et encore. Par ailleurs, exotique et pas désagréable au début, le film finit par perdre pied. Ça devient longuet, redondant, et on ne sent jamais le métrage décollé. Beaucoup de dialogues pour rien, une conclusion loupée, c’est vraiment dommage. Reste heureusement quelques qualités visuelles. Si Becker ne signe pas une mise en scène très percutante (notamment dans les quelques scènes d’action), en revanche les décors ont du charme, et la version colorisée conserve à la fois le charme du grain d’époque et celui du technicolor. Le tout est servi par une musique un peu redondante mais « couleur locale » plutôt pas mal pour l’ambiance, mais manquant quand même de souffle et de variété. Pour être franc cette adaptation m’a paru faiblement crédible et enthousiasmante. C’est plus un métrage en l’honneur de Fernandel (qui reste l’élément fort du film c’est clair) qu’autre chose, et forcément faire porter un film par une personne c’est toujours compliqué. Pas réellement amusante, doté d’une narration chaotique, on retiendra quand même l’acteur principal, les beaux numéros de danse, des décors et une photographie de qualité, une musique pas mauvaise, tout cela m’amène quand même à la moyenne.
J'ai trouvé ce film assez contrasté...Ali Baba a soulevé assurément ma sympathie, par sa joie de vivre et sa droiture morale (il a volé un trésor mais le partage avec le plus grand nombre par exemple) mais en même temps je l'ai trouvé extrêmement naïf (toujours prêt à rendre service, et même un peu trop, totalement insouciant voire inconscient et pas du tout méfiant). Par ailleurs, si les scènes sont tournées dans des lieux qui respirent l'authenticité (le Maroc des années cinquante, qui comportaient encore des zones où les gens vivaient-ou en tout cas semblaient vivre- comme cinq cents ans auparavant; le palais avec son jardin etc...) j'ai en même temps trouvé que ces lieux pouvaient manquer de la féérie qui est à mon avis le propre des contes. Enfin, si certaines scènes sont mémorables (par exemple l'ouverture de la grotte, spoiler: le combat entre les quarante voleurs et les hommes de Kassim ....), j'ai trouvé certains passages longs voire franchement lourds...Donc un film à voir, mais qui présente du bon et du moins bon...
J'ai aimé le début avec la négociation mais par la suite, le film ne tient pas ses promesses. Ennuyeux au possible, même Fernandel malgré ses mimiques et son beau sourire ne parvient pas à retenir l'attention, les autres acteurs étant trop sérieux par rapport à lui. Fade.
Jacques Becker, j'aime beaucoup. Pourtant, je n'avais jamais vu « Ali Baba et les Quarante Voleurs », film le plus diffusé de l'histoire de la télévision française (oui, oui!). Il faut dire que sa mauvaise réputation n'aidait pas trop, même si j'avais fini par penser qu'au vu du sujet et d'un tel réalisateur derrière la caméra, cela ne pouvait pas être si mal, profitant donc d'une énième diffusion pour me faire un avis. Malheureusement, j'ai dû très vite me rendre à l'évidence : ce n'est pas bon du tout. Il faut dire que ce conte, ingénieux sans être génial, est chouette lorsqu'il est lu sur quelques pages : là, il faut quand même tenir 90 minutes, et évidemment, cela devient beaucoup plus problématique. Si l'on retrouve à peu près la trame originale, beaucoup de balourdises et peu de consistance dans cet Orient presque de pacotille, où seuls les intérieurs font un minimum illusion. Visuellement, cela a mal vieilli, notamment les couleurs, seule la caverne continuant de faire illusion. Enfin, coté casting, si Fernandel correspond plutôt bien physiquement, son jeu n'apparaît pas du tout adapté à cette fantaisie, tout le monde ou presque s'exprimant d'ailleurs avec un étonnant accent marseillais. Alors de temps en temps, cela s'accélère un peu, notamment à mi-parcours, mais globalement, tout en restant dans une logique assez phallocrate, on sent que Becker et ses scénaristes n'ont vraiment pas grand-chose à exprimer, même l'idée de s'éloigner de la partie consacrée spoiler: aux jarres s'avérant sans succès, comme ce dénouement spoiler: assez gnangnan, dans une logique très « l'argent ne fait pas le bonheur » . Au final, ni une réécriture pertinente du conte, ni une bonne comédie et certainement le plus mauvais film (et paradoxalement (ou pas!) son plus grand succès commercial!) de son auteur, qui se rattrapera fort bien avec les trois titres qui suivront, dont son magistral chant du cygne : « Le Trou ». Quitte à (re)voir un titre multi-diffusé, autant se refaire une quinzième fois les classiques du « Splendid », « La Grande Vadrouille » ou « La Folie des grandeurs ».
Ali Baba, adaptation du célèbre histoire des milles et une nuits. Sympathique et amusant, le film permet à Fernandel de nous amuser. Malgré les années, le film est toujours plaisant à voir.
Ali baba n'a rien d'un grand film,il reste cependant sympathique grâce à la présence de Fernandel. Car pour le reste il n'y a pas vraiment d’intérêt à suivre cette histoire, dont la narration au fur et à mesure de son avancée devient une véritable catastrophe. Le final venant clôturer le film est le sommet de tout ça.
N'étant pas un inconditionnel de Fernandel, j'ai eu beaucoup de réticence à regarder ce film. Mais j'ai fait le bon choix de le regarder et j'ai été agréablement surpris de m'être laissé prendre au jeu. Je retient aussi les jolies costumes et la qualité des décors. Un bon Fernandel!
« Ali Baba et les 40 voleurs » est une farce adaptée d’un des plus célèbre conte des « Mille et une nuits ». Moult fois diffusé à la TV, que vaut vraiment ce Becker ultra mineur ? Au vu d’un scénario amputé de l’essentiel : la féérie. Au vu de l’absence de direction d’acteur qui va de Fernandel qui en fait des tonnes à la jolie Samia Gamal inexistante en dehors de ses très beaux numéros de danse du ventre en passant par une collection de seconds rôles plus fades ou plus grimaçants, c’est selon, les uns que les autres. Au vu également d’une photographie, d’un montage et d’une musique des plus désinvoltes, il est évident que Jacques Becker a honoré une commande, sans y injecter un atome de perspective, d’ironie, de poésie, ni même de souffle. Le pire c’est que nos charmants critiques très prompts à dégainer contre le cinéma hollywoodien sont d’une complaisance coupable vis à vis des navets made in France, jusqu’au journal ELLE qui sous la plume de Khadija Moussou trouve que cette image dégradante de la femme « est là pour divertir petits et grands ». Au moins la forme s’accorde au fond. Tout au fond.
Valet de Cassim, Ali Baba découvre la grotte magique qui renferme les butins des 40 voleurs. Se servant abondamment, sa nouvelle fortune et sa prodigalité ne passent pas inaperçues. On se demande bien ce qui a pu amener Jacques Becker à tourner cette farce puérile adaptée d'un épisode des Milles et une nuits. Dans le rôle d'Ali Baba, qui est devenu un des plus connus de Fernandel, la faconde de l'acteur éclipse par moments la faiblesse humoristique du film mais plus difficilement celle du scénario et de la mise en scène. Il n'y pas plus ici de situations cocasses que de seconds rôles amusants. C'est dire que Fernandel est chargé de porter le film à lui tout seul. La richesse subite d'Ali Baba, l'usage généreux qu'il en fait tout autant que l'avidité de ses concitoyens n'inspirent aux auteurs du film aucun point de vue philosophique ou moral tel qu'on peut le concevoir d'un conte des Mille et une nuits. Le film multiplie les clichés arabisants et les fantasmes courants attachés au Moyen-Orient...qu'il conjugue, de façon surréaliste, sur mode provençal avec l'accent!