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gerard stevenson
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3,5
Publiée le 3 août 2026
Dans ce film policier de Bertrand Tavernier, nous ne trouvons aucun super flic. Juste du réalisme avec cette plongée dans les bas fonds de Paris. Là où la brigade anti stup doit faire son boulot malgré le peu de moyens à leur disposition. Dommage qu'il y ait quelques parasites au scénario comme ce running gag de l'eau déversée à l'entrée du commissariat. Cela n'apporte rien à l'histoire et fait tâche dans ce quasi documentaire.
Dans un style documentaire (qui confère un aspect monocorde à l'ensemble), le récit montre le quotidien d'une brigade des stupéfiants: moyens insuffisants, pression de la hiérarchie, nécessité d'employer certaines méthodes des criminels, fragilité de la vie sentimentale face à la dureté du travail ou à la proximité avec les indics, collègues blasés, résignés, addicts, violents, autoritaires ou inadaptés. A travers les affaires traitées, l'intrigue permet de fréquenter un monde interlope dont les habitants peinent à s'affranchir, englués dans des cercles vicieux. Offrant une immersion réussie par la focalisation interne, refusant l'action héroïque au profit de la vraisemblance du métier, la narration s'octroie une mise en abîme via l'ambition déçue du héros. Porté par un casting impeccable, des dialogues crédibles (avec une touche d'humour caustique), des péripéties fluides, ce drame manque cependant d'une force émotionnelle. Pertinent.
Cette chronique sociale est la vision réaliste, naturaliste du travail de policiers ordinaires confrontés aux difficultés quotidiennes de leurs missions...et aux carences de l'administration. Les personnages que l'on suit dans le film semblent représentatifs des conditions dans lesquelles s'exerce le métier de policier. En suivant le personnage central -Didier Bezace, excellent- ni chevalier blanc, ni ripou, comme ces figures auxquelles nous a souvent habitués le cinéma policier, et qui lui-même a du mal à trouver sa place et son utilité dans l'organigramme, on croise aussi d'autres fonctionnaires, du flic démotivé et cynique à celui routinier ou tire-au-flanc, en passant par le milieu interlope parisien. Tavernier démontre, plus qu'il n'accuse, les pratiques inefficaces de l'administration policière, ses paradoxes et son manque de moyens dont l'étendue est constatée à travers le travail de rue d'une brigade des stups. Conçu sur une somme d'anecdote significatives, le film met en scène des policiers comme livrés à eux-mêmes dans un désordre et une incohérence qui laissent songeur... Le mérite du réalisateur est de s'attacher exclusivement à la réalité des choses, de s'y tenir sans chercher de vains effets dramatiques. Les comédiens sont excellents.
Film qui se rapproche davantage de l'illustration documentaire que du polar, il est en ce sens d'un intérêt public manifeste. Néanmoins, il souffre d'une narration linéaire et d'une absence de scénario clairement défini. En quelque sorte, la sensation principale en cours de film peut se traduire comme tel : "Bon, c'est bien, mais est-ce qu'on peut avancer ?". Il en résulte une certaine longueur et un bilan un peu mitigé.
Superbes brochettes de personnages qui évoluent dans la police française (brigade des stupéfiants, puis vie dans un commissariat, puis retour à la brigade des stupéfiants) des années quatre-vingt-dix où les manques de moyens sont patents, où faire son travail parait ubuesque. Une histoire pleine de vies, de drames, de duretés, conduites par Didier Bezace, policier au réseau d'indicateurs très développé qui ne peut pas faire son job sans ses informateurs. La frontière entre les policiers et ce qui est hors la loi est parfois très mince. Bertrand Tavernier montre tout à la fois l'humanité des policiers, l'humanité de leurs clients, et de leurs indicateurs. Il pointe l'absurdité d'un système qui manque de moyens et l'absence d'objectifs des équipes (ou alors des objectifs ridicules). La distribution est formidable. Les personnages sont bien écrits: le scénario arrive à leur donner de la substance et à les caractériser très vite. Le film est passionnant par son équilibre permanent entre réalisme, drame et humour. Un chef d'oeuvre.
Immersif, comme on dit. Réaliste, documenté, pas édulcoré en tout cas... Le film, pour le peu qu'il soit scénarisé, se déroule en une succession de scènes de planques, d'intervention dans des squats glauques, d'interrogatoires...Etonnamment, ça fonctionne avec beaucoup de plans fixes et assez peu de caméras à l'épaule. Pour autant, j'ai bien quelques réserves : Lara Guirao en prostituée et Charlotte Kady en flicette, désolé j'y crois pas. Pas crédible. Et pourquoi cette tentative de mise en abyme avec le personnage de Didier Bezace qui filme un mariage avec une caméra ? Sinon, le personnage de Jean Paul Comart, avec son espèce d'accent belge, fait quasiment le lien avec "la Balance", sorti dix ans plus tôt et dans lequel il jouait, et qui avait aussi ce côté immersif mais en plus spectaculaire. Et c'est peut-être ce qui manque au film : une scène vraiment marquante.
Le « L..627 » est un article du Code pénal qui fait référence à la consommation de drogue. C’est pour ainsi dire un film militant, un film de protestation contre les moyens dérisoires affectés à la police. N’est-ce pas encore le cas ? C’est un film de colère et de vérité, scénarisé par Michel Alexandre, ex-flic beaucoup moins showbizz qu’Olivier Marchal. Mais Tavernier a eu l’habileté d’en faire un film cru, franc,tonique et non un réquisitoire ou un documentaire. Il n’y a pas d’intrigue, ou si peu, mais une chronique au jour le jour des actions de l’équipe, avec leur solidarité, leurs engueulades, leur sens du devoir ou pas, leur générosité ou leur petitesse, leur vécu différemment douloureux. Tous jouent avec un naturel stupéfiant, plus vrai que nature, et une énergie qui imprègne tout le film et ne nous laisse aucune minute d’ennui.
6 232 abonnés
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4,5
Publiée le 5 avril 2021
Un enquêteur de police se spécialise dans l'arrestation d'un maximum de trafiquants de stupéfiants mais outre le triste fait que la drogue semble avoir définitivement envahi la société ses efforts sincères sont souvent sapés par les supérieurs de son propre service. Ces deux aspects sont très bien mis en scène par Bertrand Tavernier. En outre il est confronté au problème d'une manière plus personnelle en raison de sa relation ambiguë avec une prostituée héroïnomane. À un moment donné son meilleur informateur de rue est démasqué par l'un des officiers de sa propre unité de police qui déclare que vous pouvez toujours en trouver un autre. En posant les bases en allant d'une planque à l'autre et d'un bidonville à l'autre le film est authentique et le personnage principal joué par Didier Bezace est un flic unique qui croit réellement a son travail et en ce qu'il fait...
Ce film policier français est assez atypique je trouve car ça frôle le documentaire. C'est une plongée quasi-réelle dans la police des stupéfiants. On enchaine les planques et autres arrestations et descentes dans les squats. C'est un peu lourd et ennuyant au bout d'un moment car il n'y a pas de véritable histoire. Le scénario tourne plutôt autour des personnages, dont D. Bezace en tête d'affiche: un policier pas très haut dans la hiérarchie mais qui fait son boulot, sans vie de famille ou presque, sa famille ce sont plutôt ses indics. Lulu est toujours harcelé par ses tourments: aider les toxicos à s'en sortir, en arrêter un maximum et essayer de faire ça dans une légalité plus ou moins souple ou rigide selon les jours. Bref il s'adapte. Le film dénonce tous les problèmes auxquels est confrontée la police. D'un autre côté ce n'est pas très tendre envers les policiers eux-mêmes. Les années 90 semblent si loin, cela a tellement vieilli mais si le fond a changé, la forme et le cadre sont restés les mêmes.
tres bons polar, limite documentaire. Ce film me fait beaucoup penser à La balance . scénario très solide. Tavernier nous prouve qu'il pouvait tourner n'importe quel registre. une bonne dose d'humour , des répliques qui font mouche. Un des acteurs excellents . Jean Roger Milo en tête .
Cette immersion dans une brigade de police antistupéfiants relève d’abord du documentaire. On suit son quotidien, sans qu’une « histoire » n’en constitue le fil conducteur. Le tableau est plutôt déprimant, tant dans la description de la police que dans celle des toxicomanes. La première est constituée majoritairement de « beaufs », plus préoccupés par l’apéro et les horaires que par leur mission de service public, aux méthodes contestable, encadrés par une hiérarchie qui soigne plus les apparences statistiques que les moyens mis à disposition des équipes, et qui s’accommode d’une lourdeur administrative aveugle. On s’interroge même sur la véracité de certains aspects de cette description, contestée par le ministre de l’intérieur de l’époque, mais n’était-il pas là dans la posture imposée par sa fonction ? La condition des toxicomanes est montrée d’une façon très crue, respirant une réalité sordide. Dans cet univers une place est faite aux interrogations personnelles de Lulu, le personnage principal, qui apparaît comme un idéaliste humaniste face à ses collègues, et qui perd pied (voir la dernière scène), rongé par le fonctionnement désastreux de son unité et le sort de la population à laquelle il est confronté. Le film ne manque pas d’intérêt, mais, trop long, il souffre d’une construction insuffisante pour retenir la pleine attention, et l’on passe d’une scène à l’autre sans lien apparent. On se demande pourquoi il a été nominé (mais non primé) au César du meilleur scénario). Le constat est accablant (souhaitons que les choses aient évolué depuis trente ans), et l’émotion n’affleure que dans une scène où l’amie toxicomane de Lulu exprime son besoin de tendresse.
Avant Polisse, il y avait L.627 de Bertrand Tavernier dans lequel on suit également le quotidien de flics, certains désabusés, d'autres croyant encore en leur métier. Sur le fond c'est assez édifiant, tout y passe et ça sonne juste mais alors que le métrage date de 1992, on a l'impression qu'il a 10 ou 20 ans de plus, l'ensemble parait de fait quelque peu désuet et hors du temps. Les comédiens sont bons en revanche pour la plupart mais l'absence de rythme (second gros point noir) handicape fortement le film, d'autant que la mise en scène n'est pas spécialement spectaculaire et est même plutôt plate. Le propos est intéressant, il n'y a aucun doute mais le temps a fait son oeuvre et L.627 est vieillissant. Je l'ai vu deux fois et toujours la même conclusion. Nul doute qu'à l'époque il a marqué les esprits, aujourd'hui ce n'est plus le cas même s'il comblera certainement les amateurs purs et durs de polar.
Superbe fresque sociale des années 90 d'un réalisme bluffant, on s'y croirait. Bezace se promène comme un poisson dans l'eau avec ce rôle magnifique de flic intègre et humain. Du grand Tavernier !
Chronique policière dans laquelle Tavernier filme une brigade des stup au quotidien avec ses traques glauques aux petits délinquants et les lourdeurs administratives. Autant réaliste qu’ennuyant...durant 2h30.