La Firme est un suspense adapté de Grisham, et donc baignant dans le milieu des cols blancs. Franchement, le film est prometteur au départ. Déjà on croise d’excellents acteurs parfaitement castés pour leurs rôles. Outre les nombreuses têtes connues qu’on reconnaîtra en arrière-plan (style Tobin Bell ou Gary Busey), on a deux actrices fameuses à cette époque (Holly Hunter et Jeanne Tripplehorn qui avaient la côte en ce temps), avec en particulier une Jeanne Tripplehorn excellente, un Gene Hackman dans un rôle de soutien solide même si son personnage est un poil mis en retrait à mon goût et Tom Cruise parfait en jeune premier naïf, mais pas complètement non plus ! Ce casting attrayant évolue dans un début de film plein de promesses donc, avec une ambiance intéressante, une musique prenante, une réalisation léchée et des décors opulents. Tout cela restera à peu près constant tout au long du film, La Firme s’avérant très convaincant sur le plan formel comme souvent dans le cinéma de Sidney Pollack. De même, ce début de film est intrigant, on sent le suspense monté, la tension s’installer, on devine avant le héros que quelque chose cloche. Oui mais voilà, cet aspect prenant de l’histoire se ventile à peu près au bout d’une heure lorsqu’on rentre dans le vif du sujet. Paradoxalement, l’installation est plus prenante que la suite du métrage qui s’avèrent un peu brinquebalant. Non seulement le film est clairement trop long (2 heures 30), ce qui donne un authentique ventre mou en milieu de récit, mais en plus la deuxième partie est franchement pas cinématographique. En livre ça doit passer, mais à l’image, hormis quelques moments de tension suscités, et encore, on ne frémit pas car Pollack nous laisse bien entendre ce qui va se passer, la manière dont l’affaire se dénoue est austère, peu spectaculaire, et j’ai été on peut le dire déçu. Ok c’est sans doute plus réaliste, mais très honnêtement, la base du sujet est-elle réaliste ? On a une sorte de Rosemary’s Baby dans le monde des avocats et pour moi ça ne fait pas trop illusion du point de vue du réalisme, alors je pense qu’il y avait mieux à faire que cette façon de conclure tout en paperasses.
Dommage, car même si cela ne gâche pas foncièrement les qualités globales du film, le plaisir s’en trouve quand même nettement amoindri, et au bout du compte j’ai trouvé que La Firme était assez mineur. A voir à l’occasion, mais pas un Cruise indispensable. 3