Iggy Pop n’est encore que James Newell Osterberg Jr lorsqu’il naît à Muskegon dans le Michigan, en avril 1947. Petit, il grandit dans un camp de caravanes à Ann Arbor, entouré de son père professeur d’anglais et entraîneur de baseball et de sa mère, d’origine danoise et norvégienne.
Très vite, il développe une appétence pour la musique et devient, à seulement seize ans, le batteur du groupe Les Iguanas. Un nom qui lui vaut plus tard son surnom "d’Iguane", raccourci très vite en Iggy.
Dès 1967, il forme un groupe avec les frères Asheton, qu’il appelle The Stooge. Influencé par Frank Sinatra et les Rolling Stones, leur musique radicale choque, mais séduit le public. C’est à ce moment-là que James Osterberg prend le pseudonyme d’Iggy Pop. Se créant un personnage transgressif, il n’hésite pas à s’enduire le torse de beurre de cacahuète, à se dénuder ou à se jeter dans le public, geste devenu emblématique des groupes de rock et dont il est à l’initiative.
En 1972, David Bowie prend le groupe sous son aile, mais très vite, les membres se déchirent, la drogue s’en mêle, et au milieu des années 1970, Iggy Pop se lance dans une carrière solo. Après une cure de désintoxication, le chanteur rejoint Paris avec David Bowie et ils composent ensemble deux albums, The Idiot et Lust for Life, qui lui ouvrent les portes du succès.
Iggy Pop enchaîne les succès durant toute la décennie 1980 et dans les années 1990, il se lance progressivement dans le cinéma. En 1990, il apparaît aux côtés du jeune Johnny Depp dans Cry-Baby. Un acteur qui l’inspire, puisqu’il chantera trois ans plus tard la célèbre bande originale d’Arizona Dream d’Emir Kusturica "In the Death Car".
Parallèlement, il devient aussi un acteur phare de Jim Jarmusch, en jouant dans les films Dead Man (1995), Coffee and Cigarettes (2004) et The Dead don’t die (2019). Son physique si particulier le fait également voguer de The Crow : La Cité des Anges à Tank Girl en passant par la série Les Contes de la Crypte.
Si un biopic sur sa vie avec Elijah Wood pour camper son rôle est un temps envisagé en 2010, le projet est vite avorté, remplacé par un documentaire, Gimme Danger de Jim Jarmusch en 2016, et sélectionné à Cannes.
S’il poursuit sa carrière dans la musique et qu’il reforme même les Stooges en 2003 — avant la mort des frères Asheton en 2009 et 2014 — Iggy Pop mène simultanément une carrière au cinéma et à la télévision. Amoureux de la France, il prête ainsi sa voix au méchant Darkos dans Arthur 3 : La guerre des deux mondes de Luc Besson et joue même dans Les Gamins d’Anthony Marciano (2013).
Un an plus tard, avec son ami Michel Houellebecq, l’artiste est au casting de To Stay Alive, a Method réalisé par Erik Lieshout, dont il compose aussi la musique. S’il joue souvent son propre rôle comme dans American Valhalla, il incarne un père richissime sur son lit de mort dans Daniel’s Gotta Die en 2022, tout en poursuivant sa carrière musicale.