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The Killer est un très bon film, mais je trouve sa mise en scène moins élaborée et intéressante que ce que fera John Woo avec Volte/Face ( je me sens obligé de comparer, étant donné que The Killer est considéré comme le chef d'oeuvre du cinéaste ). La différence principale réside sûrement dans le travail sur le temps, le maintien d'un certain suspense au sein d'une même séquence. The Killer est un film explosif, bourrin, qui ne s'accorde que très peu de séquences de calme. John Woo n'a pas son pareil pour imprimer un rythme infernal au film, et les gunfights se succèdent sans jamais ennuyer le spectateur. Cependant la " composition musicale " du film est trop paroxystique, et on peut trouver gênant le fait que le rythme ne baisse quasiment jamais. A part deux séquences donc : celle du sniper, où Woo filme trois fois la même action, où il repousse le climax. On est chez Peckinpah. Et celle de l'aéroport et du faux suspect, où le réalisateur chinois retarde sans cesse l'apparition d'un visage pour faire naître le suspense. C'est cela qui manque à The Killer, le suspense, le jeu de contraste entre un rythme lent et un rythme rapide. Dans Volte/Face John Woo pousse ce procédé à son paroxysme ( l'apparition de Travolta à la prison). Ici il est trop dans l'action, et l'impact sur le spectateur est moins impressionnant d'une façon générale. Si le film manque aussi de la profondeur psychologique du chef d'oeuvre hollywoodien de Woo, l'auteur chinois réussit quand même à transcender le film d'action en y injectant des thématiques qui lui sont chères : le double, l'honneur. Elles améliorent un scénario qui aurait pu sombrer dans le classique, mais qui se révèle intéressant parce qu'il réussit à imbriquer ces thèmes pour provoquer les enjeux dramatiques. C'est ainsi que - après le triangle amoureux si cher au cinéma - naît le triangle criminel, au sein duquel se trouvent le bon, le flic et les truands. Woo fait brillamment s'entrechoquer les motivations et les caractères de ses personnages pour créer l'intérêt de son intrigue. Sa mise en scène de génie n'est pas le seul élément qui lui permet d'être considéré comme un des maîtres du cinéma contemporain. Le cinéaste sait qu'il n'y a rien de pire que des situations et des personnages plats, et le soin qu'il apporte à son écriture lui permet de maintenir un niveau plus qu'acceptable. Très bien, mais moins bon que... ( à compléter, la réponse est facile ). Parce que pas aussi classe ni stylisé, parce que moins propre à jouer avec la grammaire cinématographique pour créer de l'effet sur le spectateur.
Ajoutée le 21 mars 2012 à 16h57 Signaler un abus
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