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The Prodigies
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "The Prodigies" et de son tournage !

Roman de Bernard Lentéric

The Prodigies est une adaptation du roman La Nuit des enfants rois. Ecrit par Bernard Lentéric et paru en 1981, ce livre a été lu par des millions de lecteurs. Depuis, il est devenu un best-seller. Parmi ceux qui ont adulé La Nuit des enfants rois, il y a Marc Missonnier qui rêve depuis son plus jeune âge d'en réaliser un film.

20 ans après...

Ce n'est que vingt ans après la parution du roman que Marc Missonnier entreprend d'acheter les droits pour adapter sur grand écran La Nuit des enfants rois. Il réussit à les obtenir un an plus tard, soit en 2002. De nombreux autres producteurs, également intéressés par le projet d'adaptation, avaient auparavant échoué.

Missionné pour la production française

Marc Missonnier, producteur émérite, a révélé plusieurs réalisateurs français comme François Ozon, Eric Barbier ou Laurent Tirard... Il a produit de nombreux succès du cinéma hexagonal à l'instar de 8 femmes (2001), Janis et John (2002), Podium (2003), Anthony Zimmer (2005), Le Serpent (2006), Molière (2006) ou encore Le Petit Nicolas (2010). Il a aussi participé à la production de Les Trois prochains jours (2010), réalisé par le canadien Paul Haggis.

Lenteric enthousiaste mais détaché

L'objectif de Marc Missonnier et d'Olivier Delbosc, son partenaire de production, est de faire une adaptation qui captive les nouvelles générations d'adolescents tout comme le roman a captivé les générations précédentes. Bernard Lenteric, avec qui ils sont en contact, soutient vivement leur initiative mais refuse de collaborer au travail d'écriture pour l'adaptation. Il craignait de ne pas être en phase avec les mentalités des adolescents actuels.

Un laborieux travail de réflexion

Le travail d'écriture a suscité de nombreux problèmes. Parmi eux, il y a celui de la logique narrative propre au roman, truffée d'ellipses temporelles, et qui n'est pas transposable au cinéma. Un autre souci est que de nombreux passages du livre constituent en des séquences d'action, ce qui demande forcément un budget faramineux. Enfin, la violence graphique de certaines situations n'est pas traduisible en images.

Le fantastique au détriment du réalisme

Plusieurs équipes de scénaristes s'attèlent à l'écriture du film The Prodigies. Deux principales solutions se dégagent pour passer du livre à l'écran. D'une part, les pouvoirs des prodiges sont amplifiés : en plus d'être dotés d'une intelligence supérieure, ils peuvent contrôler le corps des autres individus. D'autre part, le film prend définitivement le parti du fantastique et atténue ainsi la violence dérangeante de certaines scènes crues du livre.

Choix de l'animation

En premier lieu, l'équipe de production de The Prodigies souhaite effectuer une transposition dans les traditions avec des prises de vue réelles. Pour des raisons essentiellement économiques, ils choisissent ensuite de réaliser une œuvre d'animation, avec des visuels dessinés à la main. L'idée est alors d'exacerber le côté manga et de dessiner les visuels à la main. Le tout dans une atmosphère proche de Ghost in the Shell.

Soumache sollicité

Connu pour son impressionnant travail sur Renaissance de Christian Volckman, qui se déroule en 2054 dans un Paris futuristique, Aton Soumache a été contacté par Marc Missonnier et Olivier Delbosc pour gérer l'animation sur The Prodigies. Une partie de la production du film lui a donc été déléguée. Pour recréer en grande partie New York et assurer les nombreuses scènes spectaculaires, l'animation à la main a été délaissée au profil des images de synthèse, considérée unanimement comme le meilleur moyen de réaliser The Prodigies.

Patellière et Delaporte recrutés

Alexandre de La Patellière et Mathieu Delaporte, les deux scénaristes de Renaissance, sont aussi embauchés sur la demande d'Aton Soumache pour écrire le scénario définitif de The Prodigies. Le livre La nuit des enfants rois proposant une temporalité éclatée, la principale difficulté a été pour eux de créer une chronologie limpide et ordonnée. D'autre part, élément récurrent dans la littérature, un narrateur omniscient apparaît de bout à bout dans le livre et pénètre les pensées des personnages. Il a donc fallu axer le scénario du film autour d'un point de vue unitaire et se focaliser sur les faits au détriment des émotions des personnage. Des modernisations ont ensuite été effectuées, notamment en ce qui concerne les aspects technologiques véhiculés dans le livre et aujourd'hui obsolètes.

A la recherche d'un cinéaste

Les producteurs ont rencontré plusieurs réalisateurs d'animation avant de jeter leur dévolu sur Antoine Charreyron après avoir visionné une séquence-test en animatique. Charreyron est un fervent admirateur du roman de Bernard Lentéric, qu'il a lu durant une période difficile de son adolescence. Il s'est reconnu au travers des personnages de la Nuit des enfants rois, mal dans leur peau, rebellés contre l'ordre établi et rongés par des pulsions autodestructrices.

Réalisateur de scènes cinématiques

Pour Antoine Charreyron, The Prodigies marque son premier essai dans le long-métrage. Il a suivi une formation en infographie et a réalisé quelques courts d'animation. Charreyron s'est ensuite spécialisé dans la création de séquences cinématiques (extraits en prises de vue réelles) destinées aux jeux vidéo. Parmi ses réalisations, on peut citer notamment Tomb Raider 6 (2002), Terminator 3 (2003), Godzilla (2004), Donjons et Dragons (2004), 50 Cent Bulletproof (2005) et Bourne Identity (2007). Il a aussi été réalisateur de seconde équipe sur Babylon A. D. de Mathieu Kassovitz.

Venus de l'univers Marvel

L'équipe de production de The Prodigies a fait appel à deux dessinateurs connus pour être de vrais maîtres d'orfèvre chez Marvel. Ils ont travaillé sur la création des personnages sur film d'Antoine Charreyron. L'un des designers du jeu vidéo Half Life 2, Viktor Antonov, est également recruté du fait de son réputé savoir-faire en animation.

Esthétique singulière

Si les dessins et le graphisme s'inspirent du style des comics américains et des mangas japonais, l'équipe de réalisation a veillé à ce que The Prodigies possède une identité esthétique qui lui soit propre.

Références culturelles

Pour les besoins de The Prodigies, Viktor Antonov a fait appel à des références culturelles assez peu exploitées dans le cinéma d'animation : peinture moderne (Edward Hopper en tête), photographes contemporains, et films naturalistes des années 70 (à l'instar de French Connection, Mean Streets ou Taxi Driver). Antonov a également convoqué des sculpteurs formés aux Beaux-Arts plutôt que de recourir à des infographistes.

Une mise en scène en 4 temps

La réalisation de The Prodigies s'est faite en quatre étapes : un storyboard filmé, puis une animation en 2D avec les personnages schématisés, puis filmage des séquences en Mocap, et enfin mise en scène avec les caméras virtuelles. Antoine Charreyron a utilisé une animatique comme base de travail. Il s'agit d'un storyboard animé et tourné en une 3D très approximative). Cela lui a permis de créer au fur et à mesure les images qu'il imaginait.

Capture des mouvements

Exploitée sur The Prodigies, la MOCAP, ou Motion Capture, est une technique qui permet de reproduire les mouvements, les gestes et les expressions faciales de chaque comédien grâce à des capteurs posés partout sur son corps et sur son visage. Un ordinateur assimile les données prélevées à partir des capteurs et reconfigure ensuite toutes les positions enregistrées dans un espace virtuel en trois dimensions. Les silhouettes des modèles humains sont reconstituées avec une précision chirurgicale. Ce procédé reste encore aujourd'hui l'un des plus avancés. Il est utilisé pour nombreux jeux vidéos ainsi que pour certains films depuis Final fantasy, les créatures de l'esprit (2001) jusqu'à La Légende de Beowulf (2007) en passant par Le Pôle Express (2003), Monster House (2005) et Renaissance (2006).

Réinventer New-York

Pour recréer la ville de New York, l'équipe du film a décidé de mettre en valeur l'aspect graphique de cette métropole : chantiers, échafaudages, signalétiques y sont en effet omniprésents, sortes d'icônes modernistes. Les détails trop superflus ont été occultés. Souhaitant éviter une vision hyperréaliste sans aucun intérêt, Viktor Antonov a décidé de construire un visuel à partir des caractéristiques fondamentales de la Grosse Pomme : contraste entre lumières et ombres, fumées et vapeurs, fenêtres, bouches de métros... En revanche, certains quartiers comme Times Square ou Central Park ont été reconstitués avec rigueur et fidélité.

Décors estompés

L'un des éléments esthétiques majeurs de The Prodigies tient à l'estompage des décors lorsque les personnages ne maîtrisent plus leurs émotions. Cette idée, initiée par Viktor Antonov , s'inspire assez largement de ce que Roman Polanski avait conçu pour Répulsion (1965), où les décors d'un même appartement changent sans cesse. Dans The Prodigies, ce processus perceptif est imaginé sur trois niveaux visuels: un stade normal, un autre plus imprécis et un dernier totalement irréel et abstrait. Ce troisième palier s'inspire d'ailleurs de l'imagerie des comics américains. Les méthodes de dessins réutilisent d'ailleurs celles des créateurs de BD outre-Atlantique et jouent sur l'économie des illustrations visuelles. Pour le premier niveau, le réalisateur Antoine Charreyron a eu recours à des mouvements de caméras réalistes avec dolly, travelling et grue. Pour les deux autres, il a fait appel à la Mocap et aux caméras virtuelles.

Scènes de foules

La Mocap a aussi permis de reproduire des séquences de foules où figurent des milliers de passants. Aton Soumache explique la procédure utilisée: "Ces foules ont été gérées en animation procédurale, c’est-à-dire en dotant ces personnages d’une intelligence artificielle, et d’un vocabulaire d’attitudes et de mouvements. Antoine Charreyron avait enregistré beaucoup de mouvements de marche différents avec beaucoup d’acteurs, et nous avons fait des copier-coller de ces différentes sessions de Mocap pour animer ces passants au moyen de boucles d’animation. Le but étant que tout cela semble le plus naturel possible."

Un mot sur le casting

Du fait de l'utilisation de la MOCAP, l'équipe de réalisation de The Prodigies a dû recourir à de vrais acteurs qui serviront de modèles. Un casting a donc été effectué à New York.

Apparence physique

Viktor Antonov et son équipe ont créé en interne des outils informatiques pour intervenir directement sur l'apparence physique des personnages de The Prodigies. Refusant le photo-réalisme, ils ont souhaité proposer des textures plus proches du cartoon, notamment en ce qui concerne les éléments faciaux.

Traitement des couleurs

Une importante partie du travail de création visuelle s'est portée sur les couleurs, essentielles pour véhiculer les différentes ambiances du film : un chromatisme pastel et légèrement délavé pour traduire une atmosphère détendue, nettement plus saturé lorsque le climat du film est véritablement oppressant.

Du relief imaginé avant l'heure

Les producteurs de The Prodigies ont décidé que le film serait conçu et édité en relief. C'était en 2007, avant que n'affluent la kyrielle de films en 3D débutée avec Voyage au centre de la Terre et popularisée avec Avatar. The Prodigies a été donc imaginé et conçu en relief et non pas converti en 3D en postproduction. Viktor Antonov, qui a supervisé la création de la 3D sur le film, explique la méthode de travail: "En relief, on utilise deux points de vues, celui de l’œil gauche et celui de l’œil droit, et donc, deux caméras. Quand on écarte les deux caméras l’une de l’autre, c’est comme si l’on agrandissait la tête du spectateur, comme s’il avait un point de vue de géant sur le décor et les personnages. A l’opposé, si on rapproche les caméras, on peut lui donner l’impression qu’il est aussi petit qu’un insecte, et que tout ce qui l’entoure est colossal."

Un compositeur adepte de Zimmer

Né en Allemagne, Klaus Badelt a d'abord composé des bandes originales de films outre-Rhin avant de rejoindre la Californie sur invitation d'Hans Zimmer. Les deux compatriotes collaboreront ensemble sur La Ligne rouge (1998), Gladiator (2000), Mission: Impossible 2 (id.), Hannibal (2001), et Pearl Harbor (id.). Badelt vole ensuite de ses propres ailes et écrit seul la musique originale entre autres de La Machine à explorer le temps (2002), Equilibrium (id.), Pirates des Caraïbes : la Malédiction du Black Pearl (2003), Constantine (2005) et Poséidon (2006). Ce compositeur a lorgné également du côté du cinéma hexagonal, en créant la musique du Petit Nicolas (2009), L'Arnacoeur (2010) ou L'Immortel (id.)...

Musique et bruitages

Des thèmes musicaux ont été élaborés pour chacun des enfants-prodiges du film. En plus de la musique, Klaus Badelt a construit un véritable design sonore composé de bruitages et autres effets complexes.
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