On ne saurait réduire la carrière de John Milius au seul Conan le barbare, qui est certes son film le plus célèbre et celui qui a fait connaître l'Heroic Fantasy au grand public (et même, si on veut être encore plus pointu, le sous genre du Sword & Sorcery). Âgé désormais de 82 ans (et en mauvaise santé, hélas...), le compagnon de route des Movies Brats (Spielberg, Coppola et Lucas) fut avant tout un fabuleux scénariste.
On lui doit notamment ceux de Jeremiah Johnson, L'inspecteur Harry, celui -mythique- d'Apocalypse Now, collabora aussi sur le script des Dents de la mer, signa le script d'Extreme préjudice de Walter Hill, scénariste et créateur de la sensationnelle série Rome...
En 1973, il signe son premier film en tant que réalisateur : Dillinger. L'histoire ? Elle commence à Chicago, dans les années 30. Les braquages à main armée de John Dillinger, ennemi public n°1, défrayent la chronique et font de lui une légende vivante, un nouveau Robin des bois. Mais le temps est compté pour le gangster, depuis que Melvin Purvis, l'un des meilleurs agents du FBI, est mandaté par J. Edgar Hoover, le patron de l'agence, pour le traquer sans relâche, lui et sa bande. Et Purvis ne recule devant rien : la prison ou, mieux, la mort, mettra fin à cette traque impitoyable...
En voici la bande-annonce...
Un vibrant hommage au père de la Horde sauvage, Sam Peckinpah
Sous les traits du fameux gangster se trouve un fabuleux acteur, Warren Oates, qui fut un des acteurs fétiches de Sam Peckinpah; et fut un ex membre de sa Horde Sauvage, aux côtés de Ben Johnson, qui joua lui aussi à ses côtés dans ce film, incarnant ici Melvin Purvis. Ce n'est évidemment pas un hasard : Milius vénère Peckinpah et l'approche crépusculaire de la destinée tragique de ses personnages, emportés dans un maëlstrom de violence.
Mi-western, mi-film d'action, sur fond de Grande Dépression, rythmé et efficace, avec ses scènes de fusillades maîtrisées et violentes qui savent aussi faire place à de sublimes plages de mélancolie, Dillinger est un film absolument formidable, qui mériterait certainement à être bien davantage connu. D'autant que le reste du casting est à l'unisson, entre un jeune Richard Dreyfus incarnant Baby Face Nelson; Harry Dean Stanton sous les traits de Homer Van Meter, membre de la bande de Dillinger, ou encore Steve Kanaly, qui campe un formisable et touchant Pretty Boy Floyd.
American International Pictures
Très rarement diffusée à la télévision, cette petite merveille est disponible sur Prime Video. Aucune raison de s'en priver donc. Et si vous ne l'avez encore jamais vue, une découverte d'urgence s'impose. L'histoire de Dillinger a été adaptée plusieurs fois au cinéma; la plus récente étant celle réalisée en 2009 par Michael Mann avec Public Ennemies, où Johnny Depp incarnait le gangster. Pourtant, la version de Milius lui est très supérieure !