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    Intouchables, raciste ? Fight Club, fasciste ? les grandes batailles de la critique
    Par Bruno Carmelo & OP — 27 mai 2017 à 11:10

    "Intouchables", un film "raciste" ? "Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain", "populiste" ? Les Critiques sont-ils des "assassins" ? Petit tour d'horizon des plus grandes querelles autour de la critique de cinéma, de la Nouvelle Vague à aujourd'hui.

    Les Critiques CONTRE les films

    Variety et Libération vs. "Intouchables" (2011)
    La Presse US vs. "The Tree of Life" (2011)
    La Critique vs. Gaspar Noé (2009)
    Roger Ebert vs. "The Brown Bunny" (2003)
    Serge Kaganski vs. "Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain" (2001)
    Alain Finkielkraut vs. Emir Kusturica (1995)
    La Critique vs. "Sous le soleil de Satan" (1987)
    La Critique vs. "L'As des As" (1982)
    La Critique vs. "La grande bouffe" (1973)
    François Truffaut vs. Le "cinéma de papa" (1954)

    Les réalisateurs CONTRE les Critiques

    David Fincher et Scott Rudin vs. (Les projections de) presse (2011)
    Luc Besson vs. Brazil (2003)
    Patrice Leconte vs. La critique (1999)
    François Dupeyron vs. Télérama (1999)
    Les réalisateurs vs. Les excès de la critique (1999)

    Les Critiques CONTRE les Critiques

    Michel Ciment vs. Le "Triangle des Bermudes" (1999)
    Jean-Luc Godard vs. François Truffaut (1973)
    Cahiers du Cinéma vs. Positif (1954)

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    Commentaires
    • L'irrationnel
      Honte à ceux qui s'en sont pris à Gaspar Noé Fight club et Intouchables
    • Dedalus27
      Dans ce cas, pourquoi dans ton commentaire tu ne parles pas de ces critiques là mais de ''La'' critique en générale ? Il y a plein de critiques que je n'aime pas, que je trouve même parfois ridicules, mais les insulter d'infirmes mentaux je trouve ça encore plus pitoyable.
    • Dedalus27
      Je vous conseille de regarder ça, ça aide.https://www.youtube.com/wat...
    • Dedalus27
      Quel commentaire intelligent ! Bravo !https://www.youtube.com/wat...
    • Dedalus27
      Fumiste ?https://www.youtube.com/wat...
    • HellMouTh
      Le cliché du banlieusard pauvre et de couleur, c'est aussi pour une question de représentativité de la réalité socio-démographique des banlieues. Si le personnage étant blanc, s'appelait Marc et vivait en banlieue dans un joli petit appartement en famille, ça aurait été loin d'être représentatif (même si ce cas de figure existe réellement, la démarche du film en aurait souffert énormément) et les critiques auraient directement appuyé ce détailJe vais paraître borné mais je persiste sur mon avis de base - Le personnage d'Omar SY est certes très cliché mais tout est fait pour créer une totale opposition avec le personnage de Cluzet, et c'est la démarche du film que de faire cohabiter deux personnes différentes sur tous les plans (riche / pauvre, blanc / noir, introverti / extraverti, etc.), et c'est la morale du film qui fait la différence puisque les deux cohabitent, apportent énormément à chacun, etc.Film à clichés, oui, mais dans le bon sens puisque les personnages évoluent et cassent ces clichés. Le personnage d'Omar Sy montre qu'il est bien plus qu'une racaille de banlieue tandis que le personnage de Cluzet montre qu'il est bien plus qu'un bourgeois coincé même si je te l'accorde, son personnage est beaucoup moins cliché et c'est surtout les personnages secondaires bourgeois du films qui appuient à ce niveau du genre le lycéen bourgeois aux cheveux longs qui se fait victimiser, le voisin irrespectueux qui are sa voiture à l'arrache et qui se fait également victimiser, ou encore l'ami de Cluzet qui lui dit de méfier de son aide-son sous fond de discours raciste subtilOmar Sy avait joué un rôle similaire en 2000 dans Samouraïs. C'était la même soupe de clichés sauf que le personnage se limitait à ça. La démarche du film était volontairement raciste dans le sens où elle considérait ce personnage comme un véritable élément du paysage de banlieue populaire.
    • spielbergismygod
      Je ne suis pas d'accord sur le fond, même si je comprends l'idée. On ne peut pas dédouaner un film des représentations qu'il fait de ses personnages en se référant au message final du film.Le personnage de Cluzet d'abord, est moins caricatural dans mes souvenirs. Surtout, sa représentation n'est pas à mon sens fondée sur la couleur de sa peau mais sur son origine sociale de bourgeois. Contrairement au personnage de Sy, qui vient certes d'une classe défavorisée, mais dont les caractéristiques sont celles qu'on a attribué pendant longtemps au cliché du noir en général. Le cliché qu'est Cluzet n'est pas un cliché de blanc mais un cliché de bourgeois. ça change tout.Pour en revenir à cette idée de morale, un film peut tout à fait représenter ces personnages à travers le prisme d'un certain racisme sans pour autant que le message fondamental du film le soit. Je dis bien un certain racisme. Je n'ai pas vu The Last Face. Il paraît que c'est nauséabond. Pour autant, est-ce que je pense que Sean Penn est raciste ? Non. Je ne pense pas que Nakache et Tolédano soient racistes. Preuve en est encore une fois avec leur génial Tellement proches. Mais la caractérisation qu'ils font du personnage de Driss dans Intouchables est, je trouve, au mieux très maladroite.Ensuite, je pense au contraire qu'il y a un retour du racisme dans notre monde aujourd'hui et qu'on préfère mettre des œillères plutôt que d'appeler les choses par leur nom. Notamment en parlant d'islamophobie quand en réalité c'est un racisme anti-arabe qui se développe. Par exemple. Retour de l'antisémitisme aussi. Du racisme anti-noir aux USA. Bref.Enfin, et désolé si mon post est un peu décousu, mais la représentation sociale du personnage de Driss, ce n'est clairement pas ça mon problème. ça, c'est une réalité : en banlieue, on a parqué les noirs et les arabes. Mais justement, il aurait été intéressant de montrer que dans ces banlieues, ce ne sont pas que des rigolards qui fument du shit et qui n'y connaissent rien à l'art moderne.Après, je ne te cacherais pas non plus que le film ne m'a pas laissé un souvenir impérissable et que du coup je ne suis pas forcément à même d'en parler avec la plus grande précision.
    • HellMouTh
      On vit à une époque où le terme raciste est utilisé à outrance, le plus souvent dans l'extrême pour caractériser quelque chose qui n'en relève pas.Dans Intouchables, à première vue (dans le premier acte principalement), on peut se poser des questions car c'est assez caricatural et négatif dans la manière de présenter le personnage d'Omar Sy (ils lui ont collé tous les clichés - vulgaire, irrespectueux, fainéant, issu d'une famille nombreuse noire vivant dans un appart de banlieue avec un père absent) . Mais il n'y a rien de raciste à présenter un personnage de la sorte d'autant plus que les personnages blancs ne sont pas en reste (riches, prétentieux, vivants reclus dans leur monde, coincés). Ce qui compte pour faire la distinction entre racisme ou non, c'est la démarche du film et sa morale. Dans Intouchables, on nous balance des clichés forts (riches et pauvres, noir et blanc, etc.) mais c'est surtout pour appuyer à l'extrême sur le fossé entre les deux cultures. Par la suite, c'est l'évolution du film - Les personnages ressortent grandis de cette confrontation, chacun ayant apporté sa part d'humanité à l'autre.Si le personnage d'Omar Sy était resté comme à ses débuts alors là il y aurait débat car le message serait c'est un noir de banlieue on peut rien en faire sauf que non..Et puis les personnages clichés au cinéma ça a toujours été une manière de faire (la représentation des asiatiques, des allemands, et même nous les français) mais ce qui compte et je le redis c'est la démarche et le message final. Intouchables a une démarche qui justifie les clichés pour mieux accentuer la morale.
    • HellMouTh
      Les critiques cinéma vont parfois (et même souvent) loin pour démonter un film, quitte à appuyer des points à l'extrême sans réfléchir pour aller dans leur sens. Intouchables et la critique caricaturale du racisme semble aux premiers abords légitime mais il suffit de réfléchir un tantinet pour comprendre que c'est absolument le message opposé qui est établi. Dans le film, ce n'est pas l'homme blanc et l'homme noir qui sont opposés mais simplement deux cultures différentes sur tous les plans. Le choix des acteurs (et même si j'aime pas m'étaler sur ce terrain, de leur couleur de peau) est avant-tout représentatif de ces deux cultures (la haute bourgeoisie face à la banlieue peuplée majoritairement de personnes racisées => ne vous emballez pas sur ce terme il n'a rien de péjoratif), d'autant plus et c'est ce qui rend absurde la critique sur ce point, que le film est tiré d'une histoire vraie. La critique ne tient pas compte du déroulement et de la morale du film, à savoir les rapports humains et l'évolution des personnages suite à la confrontation de leurs différences. La critique est finalement à l'opposée du message du film et c'est bien triste pour un professionnel car ce message est particulièrement simple à saisir..
    • gregbutton
      Merci de ce retour, très intéressant. Pour les mauvaises critiques c'est un peu comme dans la vie, ce qui est difficile est plus marquant que ce qui est facile. Lapalissade absolue mais qui explique l'hypersensibilité perceptible parfois, à l'image de ce dossier. Bonne continuation pour l'essai mémorial alors :)
    • spielbergismygod
      Honnêtement, dixit ma chargé de mémoire, c'était plus un essai qu'un mémoire ^^. Je n'ai pas vraiment abordé la critique internet pour tout te dire. Je suis vraiment resté sur le rapport du critique presse au cinéma populaire. J'ai interviewé des critiques très intéressants comme Philippe Rouyer ou Xavier Leherpeur, et j'ai beaucoup écouté. J'ai tout de même eu l'impression qu'ils trouvaient que le pouvoir du critique aujourd'hui était diminué. Après, ce que j'en ai retiré, c'est que les quelques mauvaises critiques marquent plus que les nombreuses bonnes, et que la critique considérée comme élitiste (au hasard, les cahiers du cinéma) a été la première à défendre le cinéma populaire. Entre autres choses. Après, il y a des débordements de temps en temps. Mais dans l'ensemble, la critique pro n'a pas une dent contre le cinéma populaire.
    • meiyo
      Le racisme inconscient ça n'existe pas. La haine est un sentiment volontaire. Au pire, c'est maladroit.
    • Mario B.
      Relisez mon commentaire.
    • meiyo
      Le fait de vouloir tout faire sauter serait anar pour pas mal de monde.
    • gregbutton
      L'ouverture de ton mémoire sur les années 2010, si c'est le cas, doit être intéressant avec notamment le rapport aux critiques maintenant. C'est à dire qu'aujourd'hui, j'ai de plus en plus l'impression que les spectateurs se fient aux notes des agrégateurs de notes comme allociné ou imdb. En tout cas c'est ce que je constate dans mon entourage alors que la tendance avant était bien plus à lire les critiques de son magazine favori. D'où le bidouillage quasi systématique maintenant sur les films qui viennent de sortir et notamment français sur allocine.Pour autant je ne crois que le nombre de critiques et leur portée aient diminuées ?As tu quelques éléments là dessus ?
    • Mario B.
      lol Il n'y a rien d'anarchiste dans fight club. Vous confondez le discours des personnages avec le discours du film. Erreur assez commune malheureusement.
    • Mario B.
      Il y a toujours un fossé gigantesque et aberrant entre les intentions des réalisateurs et ce que la critique ou la public en dit. C'est assez amusant de constater qu'à chaque fois que des réa se mettent à parler de la signification de leur film, souvent des années plus tard, c'est parfois à l'extrême opposé de ce qu'en ont vu les spectateurs et les journalistes au point qu'on peut légitimement se demander à quoi sert le métier de critique.Je nuancerais mon commentaire en précisant quand même qu'il arrive que la critique sélectionne un film boudé par un public trop paresseux pour s'intéresser à des films un peu complexes ou différents. Mais en règle général, on peut voir un film et savoir ce que va en penser tel journal, ce qui fait de la critique un exercice systématique et donc pas très intéressant.
    • meiyo
      Mouais ... Il y a de tout en banlieue et je rappelle que ce film est inspiré d'une histoire vraie.
    • spielbergismygod
      C'est un film qui offre une vision du banlieusard noir tout de même assez réductrice et bourrée de clichés. Il y a racisme et racisme. Un racisme inconscient ici, sans doute. Disons que des fois c'est limite un peu Ya bon Banania.Les noirs des banlieues peuvent aussi aimer l'art moderne, non ? ^^Plus une affaire de maladresse alors. Nakache et Tolédano ont su le prouver avec l'excellent et bien plus réussi Tellement proches.
    • spielbergismygod
      C'était le sujet de mon mémoire ^^ Le rapport de la critique au cinéma populaire des années 2000.Dans le genre, Jacky Goldberg aux Inrocks avait traité Michael Bay d'antisémite à cause du film No Pain No Gain. Michael Bay étant juif, on peut tout de même avoir de légers doutes. Mais peut-être qu'il regrette sa bar mitzvah, who knows ?
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