Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes :
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Il a cette manière d'entrer dans un plan comme on claque une porte : Vincent Cassel. Et dans Banger, il joue Scorpex, un ex-DJ superstar qui a autant de lucidité qu’un homard dans une boîte de nuit. Le gars débarque, en jogging Balenciaga délavé, dans un monde électronique qui ne l’attendait pas, et pourtant... il s’incruste. Comme une ligne de basse trop grasse pour être ignorée.
So Me jongle entre satire et polar comme un môme avec deux grenades dégoupillées. Le rythme est là, le montage claque, les néons bavent. On oscille entre hommage aux clips des années Ed Banger et charge molle contre la superficialité du milieu. Le tout avec un scénario qui hésite parfois entre ironie fine et sketch de parodie. Mais on lui pardonne, parce que bon sang, qu’est-ce que c’est beau.
Cassel, lui, s’éclate. On le sent heureux, presque enfantin, dans ce rôle de DJ dinosaure halluciné, persuadé que son dernier drop va réveiller la planète. Y’a du Jacques Mesrine chez Scorpex, du Dobermann sous MDMA, un soupçon de tragédie grecque égarée sur SoundCloud. Il crève l’écran, même quand le scénario, lui, toussote dans un coin.
Certains spectateurs râlent. Sur SensCritique, l’un balance que le film est une purge auditive sans sous-titres, un brouhaha électro déguisé en cinéma. Un autre, sur AlloCiné, salue quand même la mise en scène et le sens du cadre. Comme quoi, même les râleurs peuvent avoir de bons yeux.
Et si Banger n’a rien de révolutionnaire, il sait ce qu’il est : une fantaisie électro, une chronique déjantée sur les vestiges d’une gloire passée, une rave nostalgique où Cassel joue les phoenix disco sous Xanax. Pas pour tout le monde. Mais pour ceux qui vibrent encore à l’idée qu’un vieux DJ puisse faire trembler les murs — et les certitudes — il y a là un beat qui mérite d’être entendu.