Un film bouleversant qui explique la montée de la folie construite par le régime de la théocratie, dans une famille Iranienne à Téhéran. Remarquable mise en scène. Conflit entre générations. Entre modernité et archaïsme. Des graines qui vont j’espère pousser pour aider le mouvement Femme vie liberté !
Si le terme de héros a encore un sens, les réalisateurs iraniens trouvent leur place au panthéon des héros du XXIème siècle. Malgré leurs incarcérations répétées, la menace permanente que leur fait subir le régime des gardiens de la loi islamique fondamentaliste et la nécessité de tourner dans la plus grande clandestinité, ils nous gratifient de films majeurs tant sur le plan artistique que sur le plan politique. LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE est un de ces grands films, récompensé à l’unanimité au palmarès de Cannes 2024 et encensé par la presse et les spectateurs. Mohammad Rasoulof n’a pas choisi son titre au hasard ou par licence poétique. Mais la semence sauvage de figuier a des vertus de développement qui en font une magnifique métaphore des actions menées par les courageux résistants au régime des mollahs. En effet, les graines du figuier sauvage germent dans les interstices des branches d’arbres existants et ses racines naissantes descendent vers le sol. Croissent alors de nouvelles branches qui enlacent le tronc de l’arbre jusqu’à l’étrangler. Puis, le figuier sauvage se dresse, libéré de son socle. Ces petites graines ont commencé leur travail en Iran. Souvent des jeunes, surtout des jeunes filles et des femmes. Une force naissante symbolisée par le groupe « Femme, Vie, Liberté ». Vous l’aurez compris, LES GRAINES DU FIGUIER DU SAUVAGE est un film éminemment politique, un puissant manifeste pour la liberté. Mais c’est aussi un film magistral, au scénario irréprochable et à la mise en scène ciselée. Un thriller parfaitement mené, captivant… jusqu’à la dernière image. Que dire également de la qualité de la photographie, qui n’est pas sans rappeler celle du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan (Il était une fois en Anatolie) ou son homologue russe Andreï Zviaguintsev (Léviathan). Un film universel et essentiel.
Film assez fin pour faire percevoir les mutations culturelles auxquelles l'Iran est confronté et les murs dans lesquels la société conservatrice s'y oppose. Il n'escamote pas les pressions dans lesquelles tous les personnages (parents, collègues professionnels, amis plus ou moins vraiment amis, enfants) essayent de naviguer. Une première partie en huis clos à Téhéran, très puissante dans la révélation des conflits potentiels. Une deuxième partie en semi-huis clos en dehors de Téhéran beaucoup moins convaincante essentiellement parce que l'ambiguïté de la situation disparaît et que le dénouement est trop lisible. Un film, malgré tout, touchant par sa dénonciation brillante d'un régime empoisonné par son venin religieux, secours bienveillant de gardiens criminels
C'est un GRAND film (qui aurait dû recevoir la Palme d'or). D'abord film politique sur la situation en Iran vue depuis une famille, il décortique la cruauté et l'absurdité du régime avant de se terminer dans un suspense haletant et aussi terrifiant que Shining. A voir absolument
Réalisé clandestinement par le cinéaste iranien Mohammad Rasoulof, désormais en exil après plusieurs séjours en prison dans son pays natal, Les graines du figuier sauvage a la puissance des œuvres nécessaires, tournée dans un souffle d’élan vital. Passionnant de bout en bout, ce thriller familial rend un hommage bouleversant au mouvement Femme, Vie, Liberté et à toutes celles et ceux qui ont porté ce combat, parfois au péril de leur vie. Dénonciation au vitriol d’un système politique oppressif et inique, le film convoque des éléments du thriller politique à tendance paranoïaque, avant de s’aventurer sur des terrains surprenants et inattendus, mais toujours aussi inquiétants.
A la fois drame social, thriller et film politique, "Les Graines du figuier sauvage" est un film captivant, admirablement mis en scène et interprété. Suivant l'actualité dramatique d'un fait divers engendrant de nombreux troubles à Téhéran, Mohammad Rasoulof transpose ce contexte sulfureux au sein d'une famille dont les filles s'opposent à un père magistrat, incarnation d'un pouvoir aveugle et dépassé. Figure de la résistance à cette oppression, le cinéaste réalise un chef-d’œuvre de près de 3 heures avec une fluidité narrative et un sens de l'ellipse admirables.
Ce film trop long et souvent pesant ne m'a pas bcp plu. Une première partie réaliste montre une mère et ses filles enfermées dans un appartement, mises sous tension par la nouvelle fonction officielle du père que l'on voit passer de temps à autre. Il a du mal à supporter les actions répressives qui lui sont dictées par sa hiérarchie. Ca ne rigole pas en Iran, ça le film le montre très bien, c'est le meilleur du film à mon avis.
Le pb est que la seconde partie diverge complètement de la première à partir d'un coup de théâtre invraisemblable. Là j'ai décroché (pdt 1h30 environ, ce n'est pas rien !), je n'y croyais plus et je me suis bigrement ennuyé. Quelle idée de bifurquer ainsi. Le film aurait pu continuer sur le thème social-politique-familial, cela aurait été un vrai film FranceInter-Télérama (je blague). Malheureusement on part là sur un film d'épouvante, à l'action malsaine, et qui bien sûr finit mal (de toute façon le film ne pouvait que mal finir même en continuant sur le premier thème).
Je ne suis donc pas du tout emballé. Dans le genre film iranien politique/thriller, j'avais bcp préféré "La loi de Téhéran", magistral et fort, que j'ai revu récemment sur Arte. Un chef-d'oeuvre celui-là.
De toute évidence c'est la Palme d'or ! Le film vous tient en haleine grâce aux actrices et l'acteur principal qui sont d'une véracité incroyable. L'intrigue est inouïe, la tension est à son comble. Et le tout en dénonçant l'ignominie d'une société qui hait les femmes. Grand respect et félicitations à toute l'équipe du film !
Un film puissant et utile ! La place des femmes en Iran. Les 45 dernières minutes sont haletantes dès lors que le pistolet disparaît, la tension monte !
C’est tellement lent et tellement long et tellement pauvre., Les très belles cinq dernières minutes valent-elles le coup de survivre aux deux heures et demi précédentes? Le combat est nécessaire, la cause est juste mais cela ne suffit pas à faire un bon film.
Film politique, qui ne peut pas laisser indifférent. La famille décrite est composée de 4 personnes, la femme très digne toute dévouée à son mari, deux filles bien au fait de ce qui se passe en Iran via leurs smartphones, et donc en rébellion, le pére, qui est magistrat, coincé par sa hiérarchie, qui signe les arrestations et les exécutions. La famille va exploser et la tension ira crescendo. Images d'archives et fictions qui démontrent la cruauté dans ce pays totalitaire.
D’accord avec plusieurs commentaires qui parlent de dérapage au milieu du film … première partie super intéressante et seconde partie étrange sans lien réel avec la première … qui tourne au drame familial hystérique du genre « shining ». Dommage !