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Adelme D.Otrante
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3,0
Publiée le 19 février 2026
En Corée du Sud se faire virer se traduit par se faire decapiter. Dans son pays où la valeur travail est peut-être la plus importante de toute un cadre dans l’univers du papier n’a qu’une solution pour garder son statut. Charge contre le monde de l’entreprise moderne et la modernisation qui arrive pour contenter les patrons (américains) et jeter à la rue les employés ce film ne fait pas grand chose d’un postulat de départ qui aurait pu être réellement féroce dans son développement. D’autant plus qu’il est l’œuvre du réalisateur de films particulièrement sadiques et réussis comme Mademoiselle ou Old Bioy. Une petite déception.
Vu parce que je n'avais pas le choix... mais finalement le film se laisse regarder sans ennui avec même de l'intérêt pour l'histoire et le devenir du personnage principal. J'ai été la première étonnée !!
Park Chan-wook adapte ici très librement un roman de Donald Westlake, Le Couperet, qui fut également adapté au cinéma en 2005 par Costa-Gavras. Costa-Gavras à qui le réalisateur sud-coréen dédie d’ailleurs son film. Entre les deux adaptations du roman, on peut largement préférer la française, plus sobre sur la forme et plus convaincante sur le fond. Le début de ce film est toutefois plutôt réussi avec son regard critique sur la société sud-coréenne et sur le monde contemporain “aisé” en général : matérialisme excessif, capitalisme sauvage, monde du travail impitoyable… Les séances de coaching de groupe pour licenciés déprimés sont cruellement savoureuses. L’évocation du déclin de la famille du héros est emballée de manière assez fulgurante. Mais c’est après que cela déçoit, quand le héros met en œuvre son projet meurtrier. Le scénario perd alors un peu son orientation principale (liée au monde du travail) pour emprunter des chemins de traverse parfois longs et sinueux. Le mélange des genres, entre propension à la violence, goût du burlesque voire du grotesque, et thriller, s’avère par ailleurs inégal en qualité. L’intention est appuyée, amplifiée par des effets de style dont certains paraissent gratuits, même s’il faut reconnaître une inventivité en matière de points de vue et de montage. Enfin, le récit, rocambolesque et improbable, se conclut sur une évocation de l’intelligence artificielle qu’on peut trouver plaquée.
L'ayant vu deux fois je peux attester que c'est un film profond. En premier plan on a un drame ordinaire de licenciement et la quête pour retrouver un emploi. C'est là que ça devient rocambolesque. Mais le plus important est l'arrière plan où on comprend qu'il s'agit d'une critique de la société, à plusieurs niveaux. On peut y voir le capitalisme, le bien contre le mal, l'innocence contre la corruption, représenté ici par la nature du début du fim et à la fin sa destruction par les machines. Il y a aussi la déshumanisation, entre le début et la fin le progrès remplace les employés. L'innocence incarnée aussi par la fille qui seule le reste dans le film, le reste de la famille est pervertie d'une manière ou d'une autre. Dans ce film on passe par toutes les émotions, on rigole sur les scènes comiques, on pleure des scènes tragiques, tanto sérieux tanto bouffon. On ne s'attends jamais à la suite, plusieurs fois on est décontenancé, ce qui permet de rester attentif tout du long. La musique est très bonne. Elle révèle les thématiques du bien et du mal par ses transitions superbement imagés. Mention spéciale pour la scène où spoiler: il boit la bière et celle ou le va et vient de la caméra anime une embrassade. . La symbolique est forte. spoiler: Le mal de dent croit tout du long, en parallèle de la transformation en version mauvaise du personnage, et c'est quand il retire la dent gâtée qu'il est enfin transformé en monstre.
spoiler: De même le pistolet du grand père, arraché aux mains de l'ennemi, c'est tuer ou etre tué. Phrase répétée à son fils délinquant qui emboite les pas du premier, et d'ailleurs il a peur de devenir son père dans son cauchemar.
Pour finir ça fait réfléchir sur notre monde. Car caché dans la fiction du récit des vérités s'affient au grand jour, c'est très parlant.
Man-Su vient de se faire virer de son entreprise de papier et le papier, c'est toute sa vie. Il n'imagine pas faire autre chose et le problème, c'est que les opportunités sont de plus en plus rares dans cette branche et s'il veut retrouver un poste et maintenir le train de vie de sa famille, il va devoir trouver une solution... Je n'ai pas lu le roman dont c'est tiré, ni vu la première adaptation française avec José Garcia, donc j'ai découvert l'histoire ici et vraiment apprécié ce film. Park Chan-Wook ne nous ennuie pas un seul instant, il parvient même à nous surprendre régulièrement tant le film joue sur plusieurs tableaux (comédie, drame, émotion, thriller) avec toujours un peu d'humour, d'absurde ou de tension bien placés (type la mythique spoiler: scène de bagarre ridiculement drôle ). Sa réalisation est évidemment soignée, avec des plans et mouvements de caméra impeccables (voir par exemple, toutes ces scènes d'observation). Le casting est lui aussi excellent, avec bien sûr Lee Byung-Hun une fois de plus parfait pour susciter l'empathie ou le rire. Le propos du film est aussi intéressant, bien que très "asiatique" ici, à savoir le monde du travail, le chômage et la concurrence, la peur et le déclassement qu'ils peuvent susciter, avec en plus une actualisation moderne sur l'IA et la désindustrialisation. Bref, je recommande !
Ce film est une satire glaçante et brillante de notre époque : chômage, délocalisation, machines qui remplacent l’humain, pression sociale permanente. Ce n’est pas seulement une critique de la société coréenne, c’est un miroir tendu à nous tous.
On suit un homme ordinaire, sans rêves démesurés, qui voulait simplement être un bon père, un bon mari, un chef de famille digne. Mais quand le travail disparaît, c’est toute son identité qui s’effondre. Et à force de perdre pied, il bascule.
Le film joue constamment avec nos nerfs : tension, malaise, rires nerveux, silences lourds. Le rythme est haletant, on se demande jusqu’où il ira, s’il existe vraiment « aucun autre choix ». Et ce qui rend le tout encore plus fort, c’est que derrière l’aspect presque théâtral, il y a une réalité terriblement actuelle.
Le casting est impeccable, chaque personnage existe pleinement à l’écran.
On ressort troublé, parce qu’au fond, ce n’est peut-être pas l’histoire d’un homme qui devient fou. C’est peut-être l’histoire d’un système qui fabrique des bombes à retardement.
Je suis allé voir le film avec un a priori ultra-favorable car j’adore Park Chan-Wook (au-dessus de tout « JSA - Joint Security Area » (2000) et « Old Boy » (2004)). Malheureusement, quand les attentes sont trop fortes, la déception est du même niveau : le film est intéressant - par ce que le capitalisme a de pire dans l’utilisation des individus et le confort temporaire qu’il leur procure, par ce qu’il montre du déclassement d’un individu dans la société et dans sa vie quotidienne une fois qu’il perd son métier, par l’évocation de la robotique et de l’IA avec une scène qui en dit beaucoup - mais le film est bien trop long. Et même si la prestation de Lee Byung-Hun est, comme d’habitude, excellente, je préfère toujours l’œuvre originale de Costa-Gavras, à savoir « Le Couperet » (2005).
Le nouveau Park Chan-Wook ! Un réalisateur de génie s'attaque à un remake d'un film français, à sa manière et le rendant moderne sur certains aspects.
Après un début laborieux, l'histoire se lance et est émerveillé par une mise en scène XXL de Park Chan-Wook. Il tente, il découpe ses plans avec un montage particulier mais efficace sur la forme du film.
Toutefois, le film tire un peu en longueur sur sa fin, mais l'essentiel est là : un bon film
Critique au vitriol du monde du travail, effectuée sur un ton tragi-comique, " Aucun autre choix " présenté au festival de Venise ( CO 2025 ), reparti la corbeille vide, ne sera pas mon opus préféré du Sud Coreen PCW ( c'est loin d'être le moins accompli non plus ).
Pourtant mis en scène avec talent, " Aucun autre choix " finit par perdre peu à peu de son souffle après la première heure ( à mon goût évidemment ).
C'est dommage, car le sujet ne manque pas de sel. Toutefois, les amateurs du travail artistique du cinéaste ne le manqueront pas, même si il n' atteint pas le même degré de maîtrise que dans " Old boy ", " Mademoiselle" ou " Décision to leave" ( selon moi, ce qu'il a réalisé de plus reussi au cinéma ).
Aucun autre choix nous montre une satire sociale féroce, la mise en scène est millimétrée et Lee Byung-hun habite son personnage avec une aisance folle.
Park Chan-Wook est de retour ! Un thriller dramatique à l'humour noir grinçant et à la plastique toujours aussi maîtrisée et grisante. Le casting est impeccable, et Lee Byung-Hun impressionne une fois de plus. 2h20 de pur cinéma qui mérite définitivement le détour. Facilement le meilleur long métrage de ce début d'année.
Sur le papier, on pourrait penser savoir à quoi s'attendre devant une énième satire anticapitaliste coréenne consacrée à la précarité salariale… sauf lorsque celle-ci est orchestrée par l’un des plus grands cinéastes contemporains ! Dans son nouveau chef-d’œuvre, l’immense Park Chan-Wook déploie un éventail d’inventions scéniques toujours plus insolites, où la virtuosité du cadrage dialogue constamment avec une bande originale d’une précision exemplaire et où la composition des plans échappe à toute équivalence.
C’est encore et toujours l’exubérance de la narration visuelle qui épouse l’état d’esprit des personnages : la caméra, libre et volubile, multiplie les audaces formelles et les plans débullés avec une aisance confondante. Le film conserve par ailleurs une dimension ludique savoureuse — comme lorsque, par exemple, l’on s'aperçoit qu’une musique que l’on croyait extradiégétique appartient en réalité à l’espace du récit et sert de caractérisation au talent d'un personnage.
Mais au-delà de la démonstration formelle, l’écriture impressionne tout autant. Park Chan-Wook aborde le microcosme familial au cœur du récit avec une bienveillance relativement inédite dans sa filmographie, tirant le meilleur de ses interprètes — à commencer par Lee Byung-hun (qu’on ne présente plus) et Son Ye-jin, tous deux remarquables de justesse.
Le cinéaste traite ainsi son sujet avec une maestria souveraine, livrant ce qui s’impose déjà comme l’un des — sinon le — film(s) de l’année.
Ai vu « Aucun autre choix » du réalisateur coréen Park Chan-Wook. Une mise en scène époustouflante où s’enchaine un montage surprenant et original, des superpositions d’images, des cadres inattendus et hors du commun. Le film est sur-vitaminé, d’une grande intensité et n’hésite pas à franchir les limites du burlesque le plus débridé. Le scénario est adapté du roman de Donald et du film « Le Couperet » de Costa-Gavras sorti en 2005. Ici l’adaptation fait se dérouler les faits en Corée. Yu Man-Su (Génial Lee Byung-Hun) est cadre dans une entreprise de papier. Quand il apprend qu’il va être licencié sa vie bascule car il va devoir renoncer à la vie bourgeoise qu’il mène avec sa femme (intense Ye Jin-Son) et ses deux enfants. Face à un marché du travail impitoyable le père de famille qui veut retrouver son statut social, décide d’éliminer tous ses concurrents potentiels alors qu’il postule pour un nouveau poste. Le film est une photographie accablante du monde industriel actuel qui se robotise et qui fait place à l’Intelligence Artificielle au détriment de la main d’oeuvre humaine. L’affliction et la folie qui s’empare de Man-Su permettent au réalisateur toutes les audaces où l’excès devient la norme. On est médusé devant l’inventivité narrative et de réalisation mais je dois avouer qu’au bout d’un moment on sature un peu de tant de magnificence. Les acteurs sont tous plus prodigieux les uns que les autres et même si le scénario les pousse dans les extrêmes de l’interprétation, ils restent toujours crédibles et justes. La bande son est extrêmement travaillée et ajoute au côté angoissant et décalé. Un film extrêmement original, étrange mais aussi politique qui nous montre à quel point la folie d’une économie décomplexée où les machines remplacent les humains peut amener ces derniers à toutes les folies.