Reflet dans un diamant mort a été présenté en compétition lors de la dernière édition du Festival de Berlin.
Il s’agit du quatrième long-métrage du tandem de réalisateurs Hélène Cattet et Bruno Forzani, après Amer (2009), L’Étrange couleur des larmes de ton corps (2013) et Laissez bronzer les cadavres (2016).
Le diamant du titre fait aussi référence à la forme que les deux cinéastes souhaitaient donner à leur film. Comme c’est le cas avec la fameuse pierre précieuse, ils souhaitaient que leur récit présente plusieurs facettes et dispose de différentes grilles de lectures kaléidoscopiques qui varient selon l’angle à travers lequel on le regarde.
Reflet dans un diamant mort est aussi bien inspiré de James Bond que des différents dérivés et pastiches de la célèbre saga qui existaient en Italie dans les années 1960 et qui étaient baptisés "Eurospy".
L’idée est venue aux réalisateurs après avoir regardé le film Road To Nowhere de Monte Hellman (2010) dans lequel jouait déjà Fabio Testi. Le costume blanc qu’il portait dans ce long-métrage faisait aussi bien penser à celui que portait Sean Connery dans la saga James Bond qu’à celui arboré par Dirk Bogarde dans Mort à Venise de Luchino Visconti. Le tandem de cinéastes a donc décidé de mixer l’univers du plus célèbre espion de cinéma avec celui, beaucoup plus auteuriste, du réalisateur italien.
Dans le film, le personnage d’Amada, la partenaire du personnage de John lorsqu’il est jeune, a été inspiré par Requin, le principal antagoniste de James Bond dans deux films de la saga, L’Espion qui m’aimait et Moonraker.
Les réalisateurs ont souhaité proposer un récit qui fonctionne avant tout sur la notion d’illusion. Pour y arriver, ils ont fait le choix de l’écriture stéréoscopique, propre notamment à Satoshi Kon (Millenium Actress, Perfect Blue). Ce type d’écriture assez particulière donne un sentiment de 3D narrative puisque le récit s’y déploie à travers différentes strates thématiques.
Pour illustrer la mémoire déclinante du personnage de John, Hélène Cattet et Bruno Forzani se sont inspirés des choix de mise en scène de Florian Zeller sur son film The Father.
Pour travailler sur la notion d’Illusion, les deux réalisateurs ont utilisé des éléments issus de l’Op Art, à savoir l’art de l’illusion d’optique.
Le choix de Fabio Testi a été une vraie évidence pour les deux cinéastes qui souhaitaient un véritable mélange d’univers dans leur film. Au cours de sa carrière, l’acteur italien a tourné aussi bien auprès de cinéastes reconnus (Andrzej Zulawski, Claude Chabrol, Vittorio De Sica…) que dans des films d’exploitation (Big Racket, Mais qu’avez-vous fait à Solange ?...).
Pour le rôle de John dans ses jeunes années, Yannick Rénier ne s’est pas ménagé puisqu’il a pris dix kilos de muscles en seulement quatre mois.
Le film a été tourné sur la Côte d’Azur, d’où Bruno Forzani est originaire. Plus qu’une région, il s’agit de l’un des personnages principaux du film pour les réalisateurs qui voient ces paysages comme étant le lieu par excellence de l’illusion.
En 2002, les deux réalisateurs ont eu un véritable coup de cœur pour une danseuse, Thi-Mai Nguyen, découverte dans le spectacle de danse contemporaine Blush de la troupe belge Ultima Vez. Des années plus tard, alors qu’ils préparaient Reflet dans un diamant mort, les cinéastes ont croisé Wim Vandekeybus, le chorégraphe de la troupe, alors qu’ils faisaient leurs courses dans un supermarché. En évoquant avec lui Thi-Mai Nguyen, Hélène Cattet et Bruno Forzani ont compris qu’ils tenaient là l’interprète de Serpentik.
La bande originale du film est pour le moins hétéroclite puisque l’on retrouve des morceaux tels que Girl from Salina composé par Christophe, La Wally, déjà utilisé dans le film Diva de Jean-Jacques Beineix (1981) ou encore For B par Radar Trio.
Outre la présence au casting de Fabio Testi, l’Italie est également présente dans le film à travers différentes villes de Ligurie (Gênes, Sanremo, Santa Margherita Ligure…) qui ont servi de lieux de tournage.