Un biopic passionnant et une reconstitution historique très soignée. Et dans tout cela, un face à face entre deux acteurs excellents. Seul bémol : une BO qui sonne un peu trop comme dans un téléfilm de France 3...
"L’Affaire Bojarski" est un biopic captivant sur un faussaire hors pair. Porté par une écriture solide et une réalisation soignée, le film se laisse suivre avec un réel plaisir, servi par une distribution irréprochable. Reda Kateb incarne avec une grande finesse ce faussaire soucieux de discrétion. Sara Giraudeau est tout aussi convaincante dans le rôle de son épouse, tandis que Bastien Bouillon a une belle présence dans le rôle du commissaire Mattei (un nom qui sonne d'ailleurs comme un savoureux clin d'œil au personnage joué par Bourvil dans ”Le Cercle rouge”). On apprécie également le soin apporté à la reconstitution d'époque, en particulier dans le décor des intérieurs, même si l'ensemble frôle parfois l'effet « catalogue vintage ». Un détail mineur face à un effort tout à fait louable. En résumé, un très bon film !
Je n avais pas aimé les autres film de Jean Paul Salomé que j avais vu jusqu ici, je dirais que cette affaire Bojarski est un bon film malgré son réalisateur. Avec l histoire de ce faussaire si talentueux que son nom était passé dans le langage commun on suit l itinéraire d un homme surdoué en quête d une reconnaissance que la société ne voulait pas lui donner, mais aussi un bon portrait de flic obsessionnel qui se perd dans sa quête de l arrestation de sa proie. Dommage que le film ne soit si terne dans sa photo et plat dans sa construction car l histoire est intéressante, la reconstitution soignée avec en plus des acteurs convaincants.
Un inventeur ingénieux, du talent à revendre, pétri d'imagination, Jan aurait du être reconnu comme grand créateur. Voici son histoire, qui commence après-guerre : années 1950, période où il commence véritablement son activité de faux-monnayeur, jusqu'en 1964, année de son arrestation. Le film montre comment l'exil, la discrimination, le déclassement professionnel et la précarité ont créé chez Bojarski un sentiment de rejet et de revanche, auquel s'est ajouté la découverte d'un talent exceptionnel dans la contrefaçon. La police ne plaisante pas avec ce genre de fraude. Le commissaire Mattei persuadé qu'un faussaire ne change jamais de métier patiente et finira bien par le retrouver. Et une fois que Bojarski commence, il découvre quelque chose de plus profond : il est enfin excellent dans une activité où personne ne peut lui contester son talent. Alors il a recommencé, et recommencé encore et encore jusqu'à ne plus pouvoir s'arrêter. Ses copies étaient plus vraies que les vraies ! On compare même un faux billet de Bojarski à son équivalent en peinture, à un Cézanne. Bojarski ne se contente pas d'imiter grossièrement des billets. Il fabrique ses machines, son papier, ses encres, ses plaques et perfectionne méthodiquement ses techniques. La presse de l'époque décrivait déjà son travail comme exceptionnel et soulignait qu'il avait été socialement « refoulé » malgré ses capacités. Son talent de graveur, son exemplaire prudence, sa discrétion, en faisaient le faussaire le plus imprenable qui puisse exister. Le Commissaire Mattei a consacré environ 14 ans à sa traque et a pu l'attraper à cause de l'erreur d'un tiers. La femme de Bojarski, Suzanne, interprétée par Sara Giraudeau, est en réalité beaucoup plus importante dans le film qu'un simple personnage d'épouse. Elle constitue le contrepoids affectif et humain de Jan. Elle l'aime pour ce qu'elle croit être : un homme brillant, inventif, capable de construire quelque chose avec ses mains et son intelligence. Ainsi, plus Jan devient extraordinaire comme faussaire, plus il s'éloigne de la personne que Suzanne croit aimer. Le film transforme donc leur couple en une tragédie assez subtile : il y a une très belle ironie dans cette relation : Suzanne est probablement la personne qui connaît le mieux Jan humainement, mais celle qui comprend le moins ce qu'il fait réellement. C'est précisément ce qui rend son personnage si important dans le film. Sara Giraudeau apporte une présence très élégante et naturelle au rôle de Suzanne, et cela fonctionne justement parce qu'elle ne se limite pas à être « la femme du faussaire ». Son charme est assez sobre, lumineux et sans surjeu, ce qui contraste joliment avec l'univers clandestin et tendu de Bojarski. Les scènes où elle apparaît plus dénudée peuvent aussi surprendre parce qu'elles montrent une facette plus intime du couple, sans forcément casser la dimension dramatique du film. Et surtout, elle donne à Suzanne une vraie sensualité mêlée de fragilité et de caractère. Ma note sera de 3,35 sur 5. Si seulement, notre bandit avait arrêté plus tôt, jamais, la prison, les médias, la police, et nous-mêmes ne l'aurions connu.
Un excellent film ! L’histoire est captivante, les acteurs formidables, et la reconstitution des années 50/60 est particulièrement réussie. La réalisation rend un bel hommage à l'époque, avec un rythme volontairement lent et des scènes de fusillades avec la police dignes des meilleurs polars de cette période.
Jean-Paul Salomé a réellement appris de son cinéma et de ses premières tentatives dans le cinéma grand spectacle. Avec beaucoup de profondeur et d'intensité, l'humour, l'action et les tensions se lient avec saveur depuis La Baronne (2020). Et cette affaire est prenante, et ce n'est pas que la présence de Reda Kateb qui nous ravit, ce biopic est absolument réussi.
Un excellent film plein de suspense. regardez le sans hésiter vous ne regretterez pas. La fin ne s'est pas réalisée vraiment comme ça, mais on lui pardonnera.
Très bon biopic sur un personnage oublié. Un casting impeccable et une retranscription plutôt fidèle dans l’ensemble… on peut juste enlever quelques inventions sortis de la tête de Bojarski qui n’existent pas dans la vrai vie (brosse à dent électrique ou encore stick à bille…). Sinon cette folle histoire sur la traque d’un faussaire est dingue. A voir.
Excellent film par sa mise en scène, le soin apporté à la reconstitution d’une époque et bien entendu le jeu impeccable des principaux protagonistes. On se laisse embarquer dans cette histoire de faussaire sans jamais s’ennuyer. Que demander de plus à un film ? La quête d’argent est le ressort du drame mais ici pas d’argent « sale » issu de braquages ou de trafic de toutes sortes mais la fausse monnaie érigée en œuvre d’art , le savoir-faire d’un orfèvre qui fabrique des faux billets pour la « beauté du geste » et la jouissance de tromper les autorités. Bojarski ne flambe pas, il couvre les besoins de sa petite famille et ça marche pendant de nombreuses années. Alors on se prend à l’aimer ce malfrat au grand cœur à la recherche d’une reconnaissance qui lui a été refusée , à lui le réfugié polonais . Et c’est ce besoin de reconnaissance qui causera sa perte orchestrée par lui-même. Il parviendra ainsi à s’attirer la sympathie du policier qui l’a traqué pendant toutes ces années au risque de ruiner sa carrière ! Cocorico très bon film français
une histoire vrai interressante sur la grande débrouille d'un polonais parti pour la France juste avant la seconde guerre mondiale ! mais je vous laisse vôtre propre opinion
Thème fascinant, excellentes interprétations, bien que Reda Kateb ne soit pas très crédible dans un rôle d'immigré polonais. Personnellement, j'aurais apprécié que cette histoire soit davantage remise dans son contexte politico-social. Ca manque un peu de rythme, alors que les fusillades ne sont pas indispensables. Bref, ce n'est pas un très grand film, mais c'est bien fait et agréable à voir.
Très bon biopic retraçant les « aventures » de ce faussaire génial qui a réussi à fabriquer ses faux billets pendant 15 ans sans être inquiété. Très bonne composition de Reda Kateb dans le rôle du faussaire, même si on peut regretter le choix d’un acteur d’origine algérienne pour camper un Polonais. Agréable prestation également de Sara Giraudeau qui est son épouse dans le film. Parmi les défauts, des échanges entre le policier qui le traque et lui-même dont je ne suis pas sûr qu’ils soient réels, mais bon…En tous cas manifestement à voir, et étonnant de la part de ce réalisateur que j’avais détesté dans certains de ses films (La Daronne, Arsène Lupin, Belphégor) mais apprécié dans un autre (Les femmes de l’ombre).
Le sujet est très intéressant et sauve le film, mais dieu que c'est mal écrit. Les acteurs ne savent que faire de répliques totalement artificielles et même le généralement très bon Bastien Bouillon reste planté comme un pot de fleurs, le regard étincelant, semble-t-il, moins de la rage de ne pas coincer le faussaire que de celle de devoir débiter un texte improbable, récité comme à l'école une fable dont le sens reste extérieur. Sara Giraudeau est exaspérante avec ses minauderies se voulant sexy et sa petite voix de canari prématuré face aux deux grimaces habituelles de Réda Kateb, et elle remporte la palme de la réplique lorsquespoiler: , surprise par le monolithique personnage à bisouiller son amant devant le pavillon (comme on faisait couramment dans les early sixties), elle déclare "j'avais peur que la police t'arrête" . Bah oui, logique.
Lottin fait le Tuche comme il semble y avoir voué sa carrière (même s'il est beaucoup mieux dans Juste une illusion, ce qui me rassure pour son avenir après l'avoir vu vingt fois jouer à l'identique) Bref, c'est une bonne histoire mais certainement pas un bon film.