The Thing
Note moyenne
4,2
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787 critiques spectateurs

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Nath Visuals
Nath Visuals

84 abonnés 279 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 juin 2026
Enfin je découvre ce classique de John Carpenter. Je n'ai vu aucun film de ce réalisateur et je commence peut être par son meilleur, du moins son plus connu ?

Et c'est réussi, mais j'ai eu une sensation assez spécial de "il manque quelque chose" à la fin du film. Je m'attendais à ce que cela aille encore plus loin. Et c'est peut être le problème avec les "vieux films" comme celui-ci mais c'est important de remettre dans son contexte et de bien se mettre en tête que c'est un film de 1982.

John Carpenter sort son propre film Alien en quelques sorte, car il sort 3 ans après "Alien, le 8eme passager" et on peut dire que les deux histoires se ressemblent pas mal. Même si elles ont un cadre complètement différent. Le point commun est évidemment ce passager clandestin et le fait que l'équipe scientifique soit isolé du reste du monde.

spoiler: J'ai trouvé le film plutôt prévisible tout du long, à commencer par le début où on ne comprend pas du tout pourquoi un hélicoptère pourchasse un chien dans l'Antarctique et cela s'éclaire très vite, peut être trop vite d'ailleurs. C'est peut être voulu mais on comprend extrêmement rapidement que l'infiltration se fait par ce chien. [spoiler]

Et vu la situation, le film passe assez vite en chasse aux sorcières pour trouver qui est porteur de "la chose". J'aurais voulu voir plus de moment où justement cette "chose" agit et fait ses méfaits dans le centre scientifique durant la nuit. [/spoiler]

Mais mise à part ça, ça reste réussi, c'est très bien fait, il y a un énorme travail d'effets spéciaux, on y croit vraiment et on est pris dans le suspens qui s'installe très rapidement. Le film pose une ambiance qui nous aspire et c'est un film à voir au cinéma ! Une très bonne séance, un très bon film, même si loin d'être parfait !
ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mai 2026
Avec The Thing, John Carpenter pousse le cinéma paranoïaque à un degré de tension et de nihilisme rarement atteint dans le fantastique américain. L’isolement glacé de la base antarctique devient un laboratoire de méfiance absolue, où toute identité humaine peut être contaminée, imitée ou détruite à tout instant. Carpenter maîtrise parfaitement l’art du suspense minimaliste, tandis que les effets spéciaux organiques de Rob Bottin conservent encore aujourd’hui une puissance grotesque et cauchemardesque impressionnante. Kurt Russell impose une présence rugueuse et désabusée qui accompagne idéalement cette lente désintégration du collectif face à une menace impossible à cerner rationnellement. Malgré une noirceur radicale et un pessimisme qui peuvent rebuter, The Thing demeure une œuvre majeure du cinéma d’horreur moderne.
Lolow
Lolow

8 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 mai 2026
Incroyable au même titre que la qualité des effets visuels et de la qualité vidéo et sonore pour l’époque.
Jordan
Jordan

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 avril 2026
le meilleur film d'horreur de tout les temps, j'espère un remake de qualité un jour, supervisé par Carpenter si possible
Léo DESS
Léo DESS

37 abonnés 279 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mars 2026
Quand tu as John Carpenters qui fait un film sur des créateurs horrifiques, tu ne peux qu'être traumatisée par ces effets spéciaux, son montage, et ces maquillages qui sont bluffants.
Lucas Bachelier
Lucas Bachelier

4 abonnés 1 352 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 janvier 2026
Un classique du cinéma d’horreur paranoïaque, à l’atmosphère glaciale et oppressante. Carpenter signe un film tendu et viscéral, sublimé par des effets spéciaux cultes.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 28 décembre 2025
Une créature extraterrestre s’introduit dans une base de recherche scientifique en Antarctique. Incernable, incompréhensible, indestructible, le monstre poursuit inexorablement son but : tuer…

John Carpenter réalise, en 1982, son chef d’œuvre dans le domaine de l’horreur. Dans la même veine qu’Alien sorti en 1979, un monstre extraterrestre changeur de forme s’attaque à un groupe de personnages expérimentés. Première force du film donc cette équipe de personnages crédibles, de roublards endurcis qui donne une réelle personnalité au film. On est loin du slasher, ici les seconds rôles on tous un poste clair, des domaines de compétence, de l’expérience. Au milieu de ces seconds rôles Kurt Russel campe son personnage d’anti-héros ultime, symbole nihiliste du cinéma de Carpenter, un bonhomme avec une vision peu positive de l’âme humaine il faut le dire.
Nihiliste et crépusculaire car oui, on comprend vite que peu sortiront vivant de ce cauchemar. D’autant que la bête prend la forme et habite sa proie…dans cette situation qui croire ? à qui obéir ? la petite communauté se monte rapidement les uns contre les autres et bascule dans la folie paranoïaque.

Carpenter s’entoure de fidèles artisans du cinéma : son chef op Dean Cundey tire brillamment profit de ces décors naturels de l’Alaska, épurés à l’extrême, opposés à la chaleur des explosions et des lances flammes, et compose une photographie sublime. Rob Bottin, jeune concepteur des effets pratiques s’est quand à lui battu pour que sa vision d’une créature polymorphe et fantastique puisse aboutir. C’est l’autre immense point fort du film, cette créature magnifiée par la maîtrise des effets pratiques, des prothèses et des maquettes, poussée dans ces retranchements.

Ambiance sombre au possible, montée progressive de la tension, fin ouverte, incursion du fantastique : on est en face d’un véritable bijou du cinéma de genre.
Docteur No
Docteur No

10 abonnés 169 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 décembre 2025
l'hiver commence bien - mc ready - kurt russel

antarctique - hiver 1982 , une équipe de chercheur américain est confrontée à une entité extraterrestre enfouie dans la glace et reprenant vie .


personne ne fait confiance à personne - mc ready - kurt russell

spoiler: film de john carpenter de 1982 , totalement éclipsé à sa sortie par un autre extra-terrestre plus bienveillant , remake du film de 1951 - c'est un remake mais un remake remarquable .


spoiler: remarquable par l'ambiance froide et hivernale , remarquable par la musique ennio morricone the best , remarquable par les acteurs kurt russell en anti-héros parfait devant un héros malgré lui , keith david le mécanicien en antagoniste entre les deux persos , les personnages de la station jouent bien et sont parfois dépassés par les événements fantastiques et horrifiques qui se passent à l'intérieur de la station . on ressent la paranoia parmi l'équipe américaine .


spoiler: les effets spéciaux sont étourdissants extraordinaires - rob bottin à l'oeuvre - et pas d'ordinateur à l'époque ce qui est assez stupéfiant
.

spoiler: carpenter utilise l'isolement , le froid , la paranoia comme mécanisme de la peur outre les beaux et magnifiques paysages hivernales - visuellement c'est très beau .


je vais me prendre une bonne cuite et me pieuter - mc ready - kurt russell

carpenter livre là un chef d'oeuvre de l'horreur tout y est paranoia ambiance froide et monstre sanguinaire .
L'Inconnu
L'Inconnu

44 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 novembre 2025
Alors que dire de ce chef-d'œuvre ? Une seule chose : je ne peux que noter une étrange ressemblance avec la saga Alien. Je serais même en capacité de donner un titre à cette critique : The Thing ou l'Alien d'Antarctique... ou de glace - choisissez à votre guise.
Le film s'ouvre sur un chasseur tentant vainement de tuer un chien - nous comprendront la raison de son acharnement que bien plus tard. Nous pouvons penser que ce dernier est certainement pris de la folie de l'isolement, étant donné qu'il n'y a foule dans ce désert de neige, de froid et de glace, mais très vite, les Américains décident de rendre visite aux Norvégiens et vont découvrir une créature libérée de sa prison de glace. Pour les fans d'Alien, vous venez sans doute de repérer le premier point commun. Celui-ci n'est pas le dernier, loin de là. The Thing emprunte à Alien une majeure partie de son schéma narrative avec des scènes qui sont, soit une pure copie ou bien un clin d'œil plus qu'évident. Le ventre, le feu, la peur et l'horreur.
Cependant, ce film se veut aussi comme une vision des grandes découvertes et des possibles de la science, de l'incertitude de l'Homme face à celle-ci. Et si la glace emprisonne réellement ce type de créature ? John Carpenter s'est-il assis sur son fauteuil ou sur un banc face à la mer pour réfléchir à cette question ? Ce film est-il le fruit de sa réflexion ?
L'improbable impossible déchaine les flots de l'Imaginaire.
Johan
Johan

22 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 novembre 2025
The Thing fait partie de ces films qu’on rêverait de pouvoir redécouvrir vierges de toute mémoire. La première vision reste inimitable : cette sensation d’être jetée dans un huis clos où chaque plan semble menacé, où la caméra s’attarde volontairement sur des angles aveugles, des silhouettes fugaces, des détails qu’on n’arrive jamais à fixer. Carpenter construit la paranoïa à travers le regard lui-même : un point de vue flottant, potentiellement inhumain, qui installe l’idée qu’on n’est jamais sûr de ce qu’on voit, ni de qui l’on observe. Cette incertitude, nourrie par des personnages qui réagissent de manière rationnelle et crédible, rend l’angoisse d’autant plus contagieuse.

Mais ce qui rend The Thing réellement unique, c’est la créature elle-même. Là où d’autres récits d’assimilation, comme Invasion of the Body Snatchers en tête, jouent sur la duplication et l’effacement de l’individualité, Carpenter pousse le concept vers une monstruosité plus profonde. La “chose” n’imite pas seulement : elle ingère, assimile, déconstruit, et recompose le corps en une pluralité mouvante. Ce n’est jamais un simple double mais un organisme dont les formes se déploient, se détachent, se fragmentent, révélant un corps étranger qui n’est jamais totalement contenu dans l’apparence qu’il emprunte.

Visuellement, cette logique se traduit par des effets spéciaux d’une inventivité stupéfiante, surtout pour des techniques entièrement pratiques. La créature n’a pas une forme mais une multitude ; elle passe d’une itération à l’autre dans une continuité organique qui devient elle-même un langage de la peur. C’est cette plasticité, cette horreur protéiforme au sens littéral, qui fait la force du film et qui manque cruellement à son remake de 2011.
Kirob
Kirob

45 abonnés 252 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 octobre 2025
Chef d'oeuvre du Cinéma d'horreur, je n'ai pratiquement rien à dire sur ce film à part que c'était tout simplement incroyable de A à Z. De la tension, de la méfiance, de bons personnages, de très bons acteurs, un scénario génial, des effets spéciaux tout simplement bluffant, et une fin qui nous laisse sur notre fin : peut-on réellement faire mieux ?
tisma

356 abonnés 2 302 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 octobre 2025
The thing à une force scenaristique : le fait que le danger peut etre n’importe qui, et n’importe où ! Une chance hyper bien exploitée par Carpenter et sa realisation ! Les effets visuels sont saisissants pour l’epoque et la tension dure tout du long !
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 778 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 octobre 2025
Qui est le film ?
Sorti en 1982, The Thing s’inscrit dans la période charnière de la carrière de John Carpenter, entre Halloween (1978), qui avait fait de lui un maître du suspense minimaliste, et Christine (1983), où il explorera la possession par l’objet. Ce film de science-fiction horrifique, remake assumé du The Thing from Another World (1951), s’ancre dans la paranoïa de la Guerre froide mais la transpose dans un huis clos glacial, au cœur de l’Antarctique. En surface, c’est une série B sur un monstre polymorphe découvert par une équipe de chercheurs. En profondeur, c’est une réflexion sur la peur, la contagion et la dissolution du collectif.

Que cherche-t-il à dire ?
Il y a, chez Carpenter, un goût systématique pour les architectures du soupçon : des maisons suburbaines de Halloween aux stations isolées de The Thing. Le film n’est pas d’abord une histoire de monstre ; c’est une enquête esthétique et morale sur la façon dont une communauté se décompose quand la question de l’authenticité devient impossible à trancher. The Thing ne terrorise pas par la vue d’un extérieur hostile, mais par la disparition progressive de toute frontière nette entre soi et l’autre et par la manière dont le cinéma lui-même fabrique et déjoue ces frontières.

Par quels moyens ?
Carpenter choisit l’Antarctique comme laboratoire social et optique : un espace où la visibilité est violée (la neige éblouit, la nuit engloutit), et où la communauté humaine est réduite à une cellule expérimentale. Le hangar, la salle radio, la salle de travail, tous ces lieux fermés deviennent des volumes d’énonciation où la parole perd sa crédibilité. L’échelle du paysage (un blanc infini) met en relief la petitesse de l’homme et la fragilité de ses rituels sociaux. Les rares incursions dans l’extérieur (tempêtes, incendies, explorations nocturnes) renforcent l’impression d’un monde sans dehors, où toute échappée se paye d’un effacement.

Le ressort dramatique est simple et terriblement moderne : un parasite qui imite. Tout, dans le film, procède du soupçon. Le montage fragmente, les dialogues se recoupent, les regards se dérobent. Carpenter installe une dramaturgie du doute : chaque figure devient à la fois sujet et menace. Dans les années 1980, au cœur des névroses liées à l’infiltration, aux espions et aux retournements identitaires, ce motif résonne comme une fable politique : la peur de l’ennemi intérieur, la fragilité des institutions quand la preuve manque et la rumeur se répand. La fameuse scène du « blood test » est l’archétype de cette dramaturgie : une épreuve où la science se mêle à la superstition, où la rationalité technique devient moyen de juger l’altérité, avec un résultat moral ambigu et destructeur.

Loin de tout numérique, Carpenter confie à Rob Bottin la conception d’effets spéciaux organiques. À l’opposé d’un fantastique lisse et numérique, Carpenter et Rob Bottin (effets pratiques) font de la monstruosité une matière. Les transformations ne sont pas des effets de surface mais des métamorphoses organiques : chair qui plie, lambeaux qui se recomposent, membres qui se réarrangent selon une logique autre. Cette matérialité a deux conséquences : d’un côté elle intensifie l’horreur (la monstruosité est viscérale, tactile) ; de l’autre elle met en jeu la question du récit cinématographique comme art de la simulation. Le spectateur, comme les personnages, est placé devant un paradoxe : la monstruosité n’est pas l’opposé de l’humain, mais sa continuité aberrante.

Carpenter compose un contrepoint visuel entre plans larges gelés (la désolation polaire) et plans rapprochés étouffants (les visages, les mains, la chair). La caméra, souvent basse et stable, laisse le monstrueux surgir par intrusion, tandis qu’un montage sobre ménage des respirations dramatiques. Musicalement, l’utilisation parcimonieuse d’Ennio Morricone (nappes synthétiques, motifs dissonants) installe une atmosphère qui creuse l’étrangeté.

L’équipe de chercheurs est exclusivement masculine. La solidarité masculine, habituelle dans les récits d’aventure, se fissure ici rapidement : rivalités, soupçons, décisions autoritaires. MacReady (Kurt Russell) n’est pas un leader héroïque mais un pragmatique qui compose avec la nécessité : ses solutions sont tactiques, souvent brutales, et toujours accompagnées d’un calcul moral ambigu. Carpenter montre comment, en l’absence de médiations sociales solides, la « famille professionnelle » se délite et se retourne en machine d’auto-destruction.

Où me situer ?
The Thing est un film parfait parce qu’il parvient à tout faire dialoguer ; la chair et la pensée, la peur et la logique, le monstrueux et le métaphysique. Carpenter atteint ici une pureté de mise en scène rare, où chaque plan, chaque silence, chaque souffle gelé participe d’une même tension morale : celle de la survie du lien humain face à l’inconnaissable. Rien n’y est gratuit, tout est agencé avec une précision d’horloger. La terreur y naît moins des effets que du regard : celui, glacé et rationnel, d’un cinéaste qui ausculte la peur comme une donnée philosophique. The Thing ne cherche pas le frisson mais l’expérience, la mise à nu d’une vérité : que le mal, ici, n’est pas ailleurs, mais dans la contamination du doute. En cela, c’est un film total, un laboratoire de cinéma où la perfection formelle devient un instrument d’éthique.

Quelle lecture en tirer ?
Relu aujourd’hui, The Thing parle encore et peut-être davantage des angoisses contemporaines : pandémie, fake news, crises identitaires où la preuve est médiée, débattue, voire impossible. L’idée d’un parasite mimétique qui se diffuse en effaçant les marques distinctives résonne avec les inquiétudes sur la désinformation, sur les identités fluides instrumentalisées, sur la perte de repères collectifs. Enfin, l’arrière-plan écologique (glace qui libère des formes anciennes) annonce aussi, discrètement, la hantise de la reprise d’un passé que l’on croyait enfoui.
CloakBack
CloakBack

6 abonnés 347 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 octobre 2025
Dans une base isolée d’Antarctique, un groupe de chercheurs découvre une forme de vie enfouie sous la glace. Ce qu’ils réveillent n’a pas seulement le pouvoir de tuer, mais de devenir. The Thing n’est pas un simple film de monstre : c’est une autopsie glaciale de la peur, de la méfiance et de la nature humaine.

Sorti en 1982, au cœur d’une Amérique traversée par la paranoïa post-Vietnam, la guerre froide et les débuts du sida, le film de John Carpenter reflète l’angoisse de son époque : celle de la contamination invisible et de la perte d’identité. Là où la science-fiction des années 50 redoutait l’invasion extérieure, The Thing déplace le danger à l’intérieur même du groupe, dans la chair, dans le sang, dans le regard. Ce glissement du monstre venu d’ailleurs vers l’ennemi parmi nous en fait une œuvre d’une modernité saisissante.

Carpenter filme l’enfermement comme une expérience humaine extrême. Le froid, les couloirs, la neige : tout respire l’isolement et la claustrophobie. Chaque plan semble menacer de s’effondrer. La peur, d’abord collective, devient intime : qui suis-je, si je ne peux plus me fier à mon propre corps ? Le réalisateur transforme la survie en une étude de la suspicion. Ce n’est plus une histoire d’extraterrestre, mais une lente déshumanisation.

Visuellement, le film demeure un sommet. Les effets spéciaux de Rob Bottin, entièrement réalisés en dur, conservent une puissance organique inégalée. Les corps se tordent, se décomposent, se dédoublent dans une horreur presque charnelle. Mais au-delà du spectaculaire, la mise en scène de Carpenter impressionne par sa précision : cadres rigoureux, rythme millimétré, tension continue. Rien n’est gratuit, tout est pensé pour installer l’inquiétude dans le moindre silence.

La musique d’Ennio Morricone, minimaliste et mécanique, agit comme une pulsation de menace. Deux notes répétées, obsédantes, suffisent à maintenir un état de tension quasi biologique. Tout semble fonctionner à rebours : plus l’action s’intensifie, plus le film se referme, jusqu’à ne plus laisser aucune échappatoire.

Ce qui fait la grandeur de The Thing, c’est sa cohérence morale. Carpenter refuse la consolation, le héros, la victoire. L’horreur ne se résout pas, elle s’observe. Ce refus du spectaculaire triomphant, incompris à sa sortie, a condamné le film à l’échec commercial avant qu’il ne devienne culte. Aujourd’hui, on y voit une œuvre d’une lucidité glaçante : l’homme n’est pas dévoré par le monstre, il l’est déjà.

Sous ses apparences de film d’horreur, The Thing questionne la confiance, l’identité et la survie. Il montre une humanité enfermée dans sa peur, incapable de coopérer face à l’inconnu. La créature n’est qu’un révélateur : le véritable danger, c’est la suspicion.

En définitive, The Thing est un chef-d’œuvre d’angoisse et de précision, à la fois viscéral et métaphysique. Carpenter y atteint un équilibre rare entre maîtrise formelle et désespoir philosophique.
Un film froid, oppressant, presque parfait, où chaque battement de cœur résonne comme un compte à rebours.

Une descente dans la peur pure.
Frank71
Frank71

3 abonnés 58 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 octobre 2025
Un film à regarder comme une relique. Le scénario a fait ses preuves mais l’usure du temps fait osciller le film entre l’horreur, la tension (recherchées), le kitsch et le ridicule. Une pièce historique de l’épouvante SF, désormais rongée par le temps.
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