Hunger
Note moyenne
3,7
5273 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

371 critiques spectateurs

5
79 critiques
4
133 critiques
3
63 critiques
2
41 critiques
1
31 critiques
0
24 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mai 2026
Le film est avant tout à charge contre le gouvernement et l’administration britanniques qui se comportent comme dans une dictature en violentant les prisonniers appartenant à l’. (Armée Républicaine Irlandaise), considérée comme organisation terroriste (2187 morts, catholiques et protestants depuis 1969). Les motifs d’incarcération des prisonniers dont le plus célèbre est Bobby Sands, arrêté en 1977 à 23 ans, ne sont pas mentionnés. Il a été soupçonné d’avoir participé à un attentat à la bombe (non confirmé, faute de preuves) et il fut incarcéré pour possession d’un révolver (qui aurait servi dans une fusillade), ce qui lui valut 14 ans de prison. Le film comprend 3 parties : la description du quotidien des prisonniers et des gardiens (souvent sans dialogues) de la prison de Maze, qui les frappent régulièrement, les visites des familles, la grève du port de l’uniforme de prisonnier (blanket protest), spoiler: car souhaitant porter leurs vêtements civils, et revêtant à défaut, une couverture
, la grève de l’hygiène (dirty protest) spoiler: où ils refusent de se laver, maculent leurs cellules de leurs excréments et vident leur urines dans le couloir.
Devant l’inefficacité de ces mesures, Bobby Sands décide, avec 75 autres prisonniers volontaires, d’initier une grève de la faim (un prisonnier la débutant tous les 15 jours). La 2e partie consiste en la rencontre entre Bobby Sands (Michael Fassbender, germano-irlandais de 31 ans, époustouflant) et un prêtre catholique, essentiellement constituée d’un plan séquence fixe de 17 mn où chacun, de part et d’autre d’une table, énonce ses arguments, spoiler: sans convaincre l’autre et aboutir à un compromis
. Enfin, la 3e partie relate la grève de la faim de Bobby Sands, entêté plus que jamais, prêt à mourir, comme un martyr, pour ses idées, qui débute le 1er mars 1981 spoiler: et s’achève par sa mort (ainsi que de 9 autres prisonniers) le 5 mai, au bout de 66 jours
. Le film n’est pas une plate reconstitution des événements dans la prison car Steve McQueen fait preuve d’un grand talent de mise en scène (ce qui justifia sa Caméra d’Or au festival de Cannes), sans fioritures, tant dans les scènes brutales que sur l’évolution des corps, bien sûr de Bobby Sands et des prisonniers mais aussi des gardiens ( spoiler: celui du début du film, aux mains abimées par les coups qu’il donne
).
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 894 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 janvier 2026
Derrière le titre anglais, non traduit à juste titre, se cache de multiples références spécifiques au contexte Irlandais: la grève de la faim des membres de l'IRA en 1981 mais aussi la grande famine du XIXè qui a marqué ce pays jusqu'à aujourd'hui.
Pour un premier film McQueen frappe extrêmement fort. Son propos n'est pas politique ni historique, et n'explique pas comment la tension est montée inexorablement entre deux communautés depuis deux siècles, et qu'un mur bien réel existe encore de nos jours dans West Belfast!
Son choix est de mettre en scène un duel à mort entre deux personnalités incapables de compromis Margaret Thatcher et Bobby Sands. Le scénario ne nous épargne rien de la brutalité sans limites de la prison de Maze, et brièvement les actions de représailles de l'IRA envers les gardiens sont en filigrane dès la première scène.
Le choix de longs plans fixes correspond parfaitement à la vie suspendue dans les cellules, où le temps s'écoule très très lentement et à l'isolement auquel seuls des caractères bien trempés peuvent résister.
spoiler: Au milieu du film émerge un long dialogue entre B. Sands et un prêtre, moment de débat prenant à témoin le spectateur et le laissant peser le pour et le contre de cette grève de la faim. Un face à face incroyable, riche, dialectique, un corps à corps comme sur le ring.

La prestation percutante de Michael Fassbender, amaigri à l'extrême fait penser à celles de Day-Lewis. Elle impose sa force au film, à un tel point que l'on n'a pas envie de replonger dans le quartier H de cette prison. En revanche elle justifie mille fois sa présence dans Kneecap sorti l'an passé, aux côtés de la génération suivante d'unionistes.
DVD1 - janvier 2026
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 août 2025
Pour son premier film, Steve McQueen choisi d’aborder l’histoire des prisonniers politiques irlandais, faisant grève pour revendiquer un statut de prisonnier politique. Dans sa mise en scène sobre mais magnifique, notamment la lumière, le réalisateur prend au tripes le spectateur, avec des images dérangeantes, parfois insoutenable pour le regard. Le tout porté par une distribution incroyable, en particulier un immense Michael Fassbender dont la transformation physique et son jeu prend une dimension magistrale.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 mars 2025
En 1981, dans une prison anglaise, des détenus de l'IRA revendiquent le statut de prisonniers politiques et font la grève du vêtement et de l'hygiène.
A ce dénuement dans des cellules sordides, le réalisateur Steve McQueen ajoute le dépouillement de sa mise en scène, le silence, entrecoupé par des cris de révoltes ou de douleur, l'antagonisme épuré entre prisonniers et gardiens. Si la brutalité physique n'est pas absente du film, c'est peut-être la violence psychologique que l'on ressent d'abord dans ce témoignage âpre et stylisé.
La souffrance corporelle est tout autant exprimée par les coups reçus que par l'exposition crue de corps malingres, voire décharnés comme dans la troisième partie du film. Laquelle est introduite par une séquence inattendue dans ce récit généralement taciturne; spoiler: un dialogue ininterrompu de près de 25 minutes, en un plan fixe, entre le détenu célèbre Bobby Sands et un prêtre à qui il explique le sens de la grève de la faim qu'il a entamée.
C'est à la suite un long calvaire et la composition d'un réalisme assez effrayant du comédien Michael Fassbender.
"Hunger", film partisan, évoque, depuis le milieu carcéral, le combat de l'IRA à travers son insoumission, son aptitude au sacrifice, et la haine entre les deux camps, irlandais et anglais.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 mars 2025
Hunger n’est pas un biopic au sens classique du terme : il ne cherche ni à retracer linéairement la vie de Bobby Sands ni à didactiser les tensions nord-irlandaises. Il fait le choix du ressenti, de l’incarnation, captant l’horreur carcérale comme un état sensoriel, où la décomposition physique devient à la fois manifeste et martyre.

Plutôt que d’introduire directement Bobby Sands, McQueen immerge d’abord le spectateur dans l’univers carcéral en adoptant le regard d’un gardien de prison. La routine matinale du surveillant, l’inspection méticuleuse de ses mains, la cigarette qu’il fume dehors sous la neige : tout concourt à ancrer un système où la brutalité est normalisée, où le rapport de force s’exerce dans l’ordinaire.

Puis, progressivement, le film bascule du côté des prisonniers de l’IRA. Le refus du port de l’uniforme transforme leur quotidien en une longue dérive dans l’abjection : cellules tapissées d’excréments, corps soumis à des humiliations incessantes, grèves de l’hygiène et de la propreté. McQueen filme ces conditions avec frontalité, sans la moindre dramatisation. Il ne cherche pas à provoquer le dégoût par une surenchère visuelle, mais à capter l’inhumanité d’un système.

La structure de Hunger tient en trois actes distincts, chacun adoptant un langage différent. D’abord, l’installation d’une atmosphère d’oppression, où l’institution carcérale se révèle dans toute sa mécanique perverse. Ensuite, une séquence centrale qui rompt avec la mise en scène sensorielle pour laisser place au verbe. Enfin, une plongée dans l’agonie, où le corps devient la seule forme d’expression possible.

Le pivot du film réside dans une scène d’une vingtaine de minutes, où Bobby Sands dialogue avec un prêtre dans un plan-séquence ininterrompu. C’est la seule respiration véritablement dialoguée du film, un moment où la parole prend temporairement le relais du corps. Le dispositif est radical : caméra fixe, pas de mouvement, pas de coupe. Une prise de position esthétique qui impose au spectateur une immersion totale dans l’échange, où s’opposent deux visions de la résistance.

Le prêtre, lucide, voit dans la grève de la faim une impasse, un sacrifice inutile. Sands, lui, la revendique comme l’acte ultime, une manière d’imprimer son combat dans la chair et l’histoire. McQueen ne tranche pas. Il laisse cette séquence se déployer sans souligner artificiellement les enjeux, permettant à la dialectique de prendre toute sa force.

Puis, le film bascule dans son dernier mouvement : la décrépitude du corps.

La caméra de McQueen s’attarde sur la lente métamorphose de Fassbender, dont l’amaigrissement extrême devient un manifeste en soi. Il ne s’agit pas seulement d’un exploit d’acteur, mais d’une mise en scène du dépérissement comme langage politique. Les plaies, les escarres, la difficulté à respirer : tout est filmé dans une proximité quasi ascétique, sans jamais verser dans le pathos.

Cette approche déjoue les attentes habituelles du récit héroïque. Sands n’est pas idéalisé en martyr flamboyant, il est montré dans sa vulnérabilité la plus absolue, confronté à une mort qui s’étire interminablement. La lumière se fait plus blanche, les bruits plus feutrés, comme si le film s’effaçait avec lui. McQueen ne cherche pas à magnifier le sacrifice, mais à en montrer l’absurdité tragique : mourir pour une cause, est-ce une victoire ou une annihilation ?

Si Hunger est un film profondément politique, il refuse le manichéisme. McQueen ne prend pas parti, ne glorifie ni ne condamne Sands. Il ne s’agit pas d’un pamphlet sur la cause de l’IRA, mais d’une réflexion sur la résistance et ses limites.

Le film ne cherche pas à expliquer le conflit nord-irlandais, ni à en donner une lecture historique exhaustive. Il se concentre sur une seule question : jusqu’où un homme peut-il aller pour défendre une idée ? Et surtout, quel est le prix réel de ce sacrifice ?

Ce premier film est une déclaration d’intention : un cinéma du corps, de l’épuisement, du combat mené jusque dans la chair.
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 avril 2023
Plongée brutale et saisissante dans l’horreur carcérale, à travers le combat destructeur des prisonniers irlandais de l’IRA au début des 80’s pour faire reconnaître leur statut de détenus politiques, dont celui de Bobby Sands, gréviste de la faim, interprété par un Fassbender impressionnant. La fin est insoutenable.
Mericstef
Mericstef

19 abonnés 12 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 avril 2023
Un chef d’œuvre aussi simplement que cela.
Un réalisateur ou plutôt un cinéaste, qui peut travailler sur un sujet qui ne le concerne directement (mais qui se l’approprie avec talent, douceur, politique et esthétique. Steve Mac Queen est un homme noir ayant subi la condescendance raciste du Royaume-Uni et Bobby Sands, un militant blanc irlandais luttant pour l’indépendance de son pays contre le Gouvernement Margaret Thatcher). Nos realisateurs et realisatrIces en France devraient s’en inspirer).
Michael Fassbinder est un acteur génial. Tout son corps joue ce huis-clos exceptionnel avec exactitude. Un vrai moment de cinema.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mars 2022
Caméra d’Or au Festival de Cannes en 2008, ce premier long-métrage du britannique Steve McQueen, jusqu’ici reconnu comme un artiste contemporain de premier plan (il remporta le Turner Prize en 1999), est une œuvre coup de poing à la puissance certaine. Relatant les conditions de vie des prisonniers de l’IRA et de l’INLA dans la prison de Maze en Irlande du Nord au début des années 80, Hunger évoque la grève de l’hygiène puis la grève de la faim menée par plusieurs prisonniers réclamant un statut politique à leur détention, se concentrant finalement sur le parcours du nationaliste irlandais Bobby Sands. Superbement mis en scène, le film nous plonge dans une ambiance très particulière : mis à part une séquence d’échanges nourris d’une vingtaine de minutes entre Sands et un prêtre catholique, le long-métrage est quasiment sans dialogue. Un très bel objet, à la violence psychologique indéniable, qui raconte l’histoire de l’ultime résistance à l’oppression carcérale, celle des corps, du sang, de l’urine, des excréments, des poils et des cheveux.
Jerome92
Jerome92

1 abonné 1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 janvier 2022
Dérangeant, important pour narrer l'histoire de l'Irlande du Nord et du combat entre loyalistes et unionistes. L'acteur (Michael Fassbender) qui joue Bobby Sands fait une prestation remarquable. Le long échange avec le prêtre est le moment clé du film. L'intensité y est forte dans les jeux de regards et les plans du réalisateur.
The French Munster
The French Munster

2 abonnés 3 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 janvier 2022
Entre les murs

« There is no such thing as political murder, political bombing, political violence. There is only criminal murder, criminal bombing, criminal violence. There will be no political status ».
Irlande du Nord, 1981. Face à l’intransigeance de Margaret Thatcher, inflexible, les détenus de la Maze Prison, anciens membres de l’IRA pour la plupart, décrètent qu’ils ne se laveront plus tant que leurs vêtements civils ne leur seront pas rendus. Parmi eux, Bobby Sands , figure révoltée aussi inflexible que la Dame de fer, décide d’entamer une grève de la faim.
Le spectateur de 2008 connaît l’issue de ce combat. Sands est mort. Thatcher n’a pas faibli. McQueen se déleste ainsi d’un poids pesant : il n’a pas à ménager la surprise, car chacun connaît cette histoire. Pourtant, dès les premières minutes du film, il perd le spectateur.
En effet, la première partie de ce triptyque est flottante : qui est qui ? Qui est cet homme lavant ses mains meurtries ? Qui sont ces jeunes détenus dont on oublie vite les noms ? Où est Bobby Sands ? Le fil narratif se déroule, se coupe, s’emmêle. Le spectateur croyait connaître mais ne reconnaît pas. Les seuls dialogues sont des échanges de cris, les seuls bruits des coups martelés. McQueen brouille les pistes.
On assiste seulement à la lutte de deux entités, deux masses désincarnées, seulement reconnaissables par leurs attributs : les barbus hirsutes, enroulés dans leurs couvertures, face aux porteurs de matraques et d’uniformes. Ces personnages ont pourtant une histoire, ces hommes ont des épouses, des mères, des choses qui les attendent hors de ces murs dont la caméra refuse de s’échapper. Steve McQueen pratique en somme une forme de hors-champ narratif. Ces instants ne sont que des fragments de vie, isolés d’un ensemble que l’on devine plus vaste mais que le réalisateur refuse de nous montrer. Comme la caméra, les prisonniers et les gardiens, nous sommes entre les murs, au coeur de la lutte. Ces murs sur lesquels la caméra se fige, glisse, ces murs maculés de sang et de merde.
De toutes parts, le spectateur est agressé. Les coups l’assourdissent, les escarres le répugnent, l’odeur des excréments lui reste dans le nez. Le rapport que le réalisateur entretient avec son film est sensible, tactile : il nous traîne de force devant ce spectacle insupportable, abject, atroce. Avec une précision documentaire, sans artifices, il filme les fluides s’échapper des corps, sur les murs ou sur le sol, il enregistre les sons des coups, sur le bitume ou sur les os, notamment ceux de Sands qui se révèle, après une demi-heure, caché sous une épaisse tignasse.
Au centre de ce triptyque, un dialogue. Au cours d’un plan séquence de plus de vingt minutes, Sands bavarde avec un prêtre de tout et de rien (surtout de rien à vrai dire), discussion d’une banalité déconcertante qui nous perd, nous égare, et s’amuse à nous saisir dès qu’elle se recentre sur le sujet principal du film, le sacrifice de l’individu pour la communauté.
Bobby Sands, déterminé, décide d’utiliser la seule arme qu’il lui reste, son corps d’être humain, pour lutter au cours d’une dernière demi-heure particulièrement crue. Au fil des ellipses, le corps se dégrade, révélant la maigreur et les escarres, et le film, devenu pratiquement muet, prend des allures métaphoriques. Face au sacrifice de ce martyr moderne, qui meurt aux côtés de sa madone, McQueen adopte un style plus épuré, plus sage, moins révolté : une plume signifiant la légèreté du corps et le passage du temps, une photo d’enfant sur le bureau du médecin qui, hors-champ, dresse aux parents un diagnostic froid et formel, …
L’oeuvre de McQueen est avant tout celle d’un plasticien, jouant avec la matière et l’objectif, mais aussi avec le spectateur qu’il entraîne au fond de l’enfer le temps d’une projection. Si la fausse complexité de sa structure narrative, sa lutte quelque peu manichéenne et sa dureté peuvent rebuter plus d’un spectateur, Hunger reste avant tout une expérience hors du commun, violente et haletante, un voyage peu plaisant aux confins de la brutalité humaine.
Adrien
Adrien

1 abonné 11 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 mai 2021
Un chef d'oeuvre ! Si vous êtes amateur de ce réalisateur, ce film vous délivrera une émotion crue comme sait si bien le faire Steve McQueen.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 690 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mars 2021
Pour un premier film, Hunger est bon long-métrage de la part de Steve McQueen (le futur réalisateur de l'excellent 12 Years a Slave, qui sortira cinq ans plus tard).
Le film va porter sur un personnage marquant du conflit entre l'Angleterre et l'Irlande : Bobby Sands, meneur d'un mouvement de grève contre la faim.
Michael Fassbender est une véritable révélation dans ce film (quelques années avec son ascension grâce à la saga X-Men). L'acteur déjà extrêmement talentueux, pour son troisième film et premier dans le rôle principal, incarne à la perfection son personnage et dégage énormément de charisme.
Après le rythme du film n'est peut-être pas son point fort et on s'ennuie un peu par moment, mais sinon la thématique du film est assez passionnante en soi.
Petit film sympa.
Hi2816J.
Hi2816J.

8 abonnés 38 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 décembre 2020
Le film n'est pas mauvais, ou c'est peut-être que je l'ai vue dans de mauvaises conditions, mais je l'ai trouvé trop lent, et très peu explicatif. Le sujet est intéressant de base, mais Steve McQueen en a fait un film trop bancal.
Gwendal
Gwendal

1 abonné 22 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 décembre 2020
Je recommande très fortement ce film. Bien que ce soit le tout premier de ce réalisateur (2008) c'est un véritable chef-d'oeuvre, Steve McQueen met la barre très haute pour cette première réalisation.

En effet, le film dure 1h37 et on a l'impression qu'il dure le double. Et honnêtement, si ont est attentif à cette troublante histoire il est impossible de s'y ennuyer. Surement l'une des plus fortes performances de Michael Fassbender qui joue ici un prisonnier se lançant dans une grève de la faim de 2 mois. Dans la première partie du film on observe, impuissant, la détresse des prisonniers qui vivent dans leurs excréments entre quatre murs, et les quelques minutes où les gardiens les sortent c'est pour les tabasser à coups de matraques. Aillez le coeur accroché pour supporter les dizaines de plans fixes interminables mettant le focus sur les expressions des visages. Vous serez cependant happés par un plan séquence en caméra fixe de 10 minutes qui suit une conversation sans coupure, une sacré performance dramaturgique ! Enfin bref, les images sont très fortes et en même temps très belles. Soyez patients il n'y a peu de dialogues, mais les images parlent d'elles même.
Baptiste Ansé
Baptiste Ansé

3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 novembre 2020
Dès son premier long-métrage, Steve McQueen nous propose une œuvre choc. S’inspirant de la réalité, Hunger est un témoignage historique du conflit nord-irlandais appelé « les Troubles » (1968-1988). Cette période d’agitation politique est la conséquence d’actions belliqueuses menées entre le Royaume-Uni et une Irlande scindée. Pour rappel historique, l’Irlande est divisée en deux parties, l’Irlande du Sud (catholique) et du Nord où catholiques et protestants y sont encore mélangés. L’un des deux blocs religieux arrive à tirer son épingle du jeu. Ce sont les Loyalistes protestants qui grâce à leur proximité du pouvoir britannique dominent les Nationalistes (catholiques qui veulent réunifier le Nord et le Sud). De plus, les loyalistes à proximité de la législation, énoncent des lois en leur faveur.

Face à ces inégalités, les Nationalistes amorcent dès la fin des années 1960 une période d’agitation politique (« les Troubles »). Ces manifestations pacifiques tournent au champ de bataille. Barres de fer, pierres mènent à une violence bilatérale et la création de groupes paramilitaires. Parmi eux, l’IRA (armée républicaine d’Irlande) provenant des citoyens nationalistes, qui ont pour but de se débarrasser de la présence britannique. Leur mode d’action : assassinats et attentats à la bombe (dont un qui a visé l’ancienne ministre anglaise Margareth Thatcher).

Ces événements nous rapprochent de plus en plus de l’œuvre de Steve McQueen, en effet de nombreux activistes sont enfermés sans procès (statut politique enlevé). Parmi eux Bobby Sands, incarné par Michael Fassbender qui a été enfermé à partir de 1977 dans la prison de Maze.

Le drame historique nous montre les différentes protestations pacifiques des prisonniers. La force esthétique du film prouve le crescendo des conditions de vie inhumaines des détenus. La longueur de certaines scènes nous enferme avec les résidents de la geôle. L’insertion du spectateur est intense puisqu’elle nous met face à des scènes de souffrance des prisonniers. spoiler: L’abjection se traduit à travers des scènes où les 4 murs de la cellule sont peints par les excréments de ces locataires ou par la souffrance de la grève de la faim qui intègre la dégradation physique
. Le registre pathétique du film incite le spectateur à se placer du côté de l’IRA malgré leurs actions discutables.

McQueen utilise sa caméra comme une arme politique. Le cinéaste honore la mémoire des morts et questionne le spectateur puisque les tensions perdurent encore. Aujourd’hui à Belfast, il existe des centaines de murs fortifiés entre les quartiers catholiques et protestants avec certains qui ont des couvre-feux.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse