Je me suis refait la saga de L’Arme fatale pendant le mois de décembre, j’ai fini avec Tango et Cash, et bien je commence l’année avec encore un buddy movie. Et pas n’importe lequel : le meilleur buddy movie américain. Oui, américain, parce qu’on en a de très bons en France également. Le meilleur buddy movie après Le Bon, la Brute et le Truand : Une journée en enfer, ou Die Hard with a Vengeance en version originale.
Même vingt ans après l’avoir découvert pour ma part, j’ai toujours un grand plaisir à revoir ce classique du film d’action. Même si Piège de cristal reste le meilleur film d’action de tous les temps, cette suite, la seule officielle à mes yeux, n’a pas à rougir face à son aîné.
Bruce Willis ne se retrouve pas seul dans cette suite : il est accompagné du grand Samuel L. Jackson, et ils forment un duo d’anthologie.
Bruce Willis reprend son personnage de John McClane, et Jackson interprète un propriétaire d’un petit magasin situé à Harlem, et qui a un petit problème avec les Blancs. Clairement le type de personnage que l’on ne pourrait plus faire aujourd’hui, alors que c’est ce qui donne son charme au duo. Il y a une alchimie évidente entre ces deux personnages et leurs interprètes.
Jackson a vraiment des dialogues mémorables :
Puisqu’il est aussi bien huilé ton plan, tu sais où tu peux te le carrer.
Dieu lui-même ne sait pas ce que tu fais, McClane.
Tu veux dire que si je suis dans cette m****, c’est parce qu’un flic blanc a balancé le frère d’un autre blanc du haut d’une tour ?
C’est le seul Die Hard à avoir un lien avec le premier film, notamment par son méchant, brillamment interprété par Jeremy Irons, qui succède très bien au charismatique Alan Rickman.
John McTiernan est de retour derrière la caméra, et ça se sent. Loin de faire une redite, car il avait déjà fait le film d’action définitif avec le premier Die Hard, il réinvente le genre avec celui-ci.
Il garde ce qui est devenu des codes ou des gimmicks pour en proposer le miroir.
Piège de cristal était vertical ? Celui-là sera horizontal.
Piège de cristal était un huis clos ? Celui-là aura la ville de New York en terrain de jeu.
D’ailleurs, le film est tourné en plein New York, et non seulement cela se voit, mais cela se ressent. La ville est extrêmement vivante, il y a toujours de la vie en fond. Cela rend l’ambiance encore plus immersive, de vraiment se retrouver en pleine grosse pomme.
Ce changement de spatialisation aura un impact important sur les choix de mise en scène de McTiernan. Si le premier film avait un filmage « classique », celui-là proposera du jamais vu dans le cinéma d’action américain : une caméra embarquée qui filme sur le vif, avec un montage très cut.
Même si c’est très rapide au niveau du découpage, le film est incroyablement bien monté. On n’est jamais perdu ni dans l’espace ni dans l’action, et le feeling du rythme est absolument parfait. Jamais trop rapide et intense, et jamais ennuyeux.
Malgré ce style de filmage, on est dans le pur style de McTiernan, avec cette caméra témoin qui donne les informations nécessaires au spectateur sans chercher la surenchère ou l’esbroufe.
Ce style fera des petits dans le genre de l’action à Hollywood, mais il faudra attendre une bonne décennie pour voir l’infusion de ce style.
Et pourtant, McTiernan n’a jamais eu la prétention de faire quelque chose de révolutionnaire, mais simplement d’adapter sa mise en scène à son sujet.
Il est d’ailleurs amusant de constater qu’à Hong Kong, Tsui Hark a eu la même idée de déconstruire un genre pour en faire un film chaotique. Je parle du chef-d’œuvre The Blade.
C’est sans doute une coïncidence, je ne pense pas que les deux cinéastes se soient concertés. Ni qu’ils se connaissent. Mais comme ils sont sortis la même année, ils n’ont pas pu se copier.
Je suis un peu déçu par la musique de Michael Kamen en revanche. Non pas qu’elle soit mauvaise, mais elle est discrète. Je ne la remarque que quand il réutilise des morceaux du premier Die Hard.
En revanche, l’utilisation de Summer in the City, j’adore. Ça pose bien l’ambiance pour débuter le film.
Et l’utilisation de When Johnny Comes Marching Home lors du casse est juste mythique. Plus que dans Docteur Folamour à mes yeux. Ce n’est pas l’original, mais une réorchestration de Michael Kamen, et c’est une réussite.
Hey, d***n !! T'as vu tu lui dis d***n et il se retourne.
Même si la fin n’est pas parfaite, le film a tellement de qualités qu’elle coule toute seule.
Moins parfait que Piège de cristal, Une journée en enfer mérite sa place au panthéon des films d’action.
Yippee-ki-yay, motherf****r