Grosse déception que ce "Musée Haut, musée bas" qui s’annonçait pourtant comme une savoureuse satire de l’art contemporain et de ses troupeaux de pseudo-amateurs toujours enclin à dispenser leur interprétation sur des œuvres parfois improbables. Un pitch a priori alléchant et servi par un casting à faire pâlir d’envie n’importe quel producteur. Mais, et ce le premier point négatif, cette distribution est pour le moins inégale dans la qualité de son interprétation et dans la teneur du rôle qui a été attribué à chacun des acteurs. Si certains réussissent à tirer leur épingle du jeu (Fabrice Luchini déclamant son amour de l’art, Muriel Robin qui cherche Kadinski, André Dussollier en Ministre de la Culture, Daniel Prévost et ses problèmes de voiture, Philippe Khorsand dans son dernier rôle ou encore Julie Ferrier en guide redoutant les perspectives…), d’autres sombrent dans la caricature (Michel Blanc en directeur de musée ayant la phobie des plantes vertes, Laurent Gamelon en français bas du front, Farida Rahouadj en femme de ménage, Isabelle Carré et sa bonne humeur permanente…) ou dans le répétitif (Gérard Jugnot en visiteur provincial, Josiane Balasko en mère possessive, Pierre Arditi en mari saoulé, Annie Grégorio et sa haine anti-Picasso, Valérie Lemercier et ses apparitions furtives…). Autre problème majeur : la mise en scène de Jean-Michel Ribes (dont les talents sont définitivement ailleurs) qui se limite à une succession de saynètes inégales, parfois gentiment amusantes (l’exposé sur le meurtre vu comme un art, les parents qui veulent intéresser leurs enfants à l’art, l’exposition de sexes…), parfois sabotées (l’exposition de Karl Paulin, le dialogue entre Sulki et Sulku, la trop longue tirade des gardiens sur leur dur métier…). Mais ces défauts paraissent mineurs à côté du parti pris du réalisateur de faire dans l’absurde avec des scènes franchement ridicules (l’apparition de Mickey, le délire sur les plantes vertes, la réunion de Saintes Vierges, le running gag pas drôle sur le sosie de Jésus…) achevé par un final tout simplement aberrant qui voit le musée englouti par une inexplicable montée des eaux ! Sans cette direction artistique, le film aurait pu se vanter d’être inégal mais sympathique. Il est au final incontestablement raté… Il reste une grande comédie à faire sur l’art contemporain.