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capirex
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4,0
Publiée le 10 septembre 2026
Inspiré d’un roman de Ruth Rendell , L'analphabète" , mais faisant également beaucoup penser à l’Affaire Papin (Un fait divers qui défraya la chronique en 1933) , Claude Chabrol réalise là sur fond de lutte des classes un excellent film que je n'avais encore jamais vu . Le duo Sandrine Bonnaire ( Glaciale dans son rôle ) / Isabelle Huppert est sidérant tout comme l’interprétation du couple aisé par Jacqueline Bisset et Jean-Pierre Cassel se révèle parfaite !
Pour une initiation à Chabrol, quelle initiation !
L'intrigue est simple quoiqu'originale, et même si la fin est - qu'on se le dise - très étrange, le film est globalement très réussi. Sous des airs de drame se cache une critique ouverte de la bourgeoisie et de ses travers, et tous les acteurs et actrices (inconnu(e)s à l'époque) s'en sortent merveilleusement bien.
Un grand nom du cinéma français, à voir pour n'importe quel cinéphile.
Pleine de fiel, d’amertume, d’envie, l’amie aigrie (inquiétante Isabelle Huppert) manipule la bonne illettrée (malaisante Sandrine Bonnaire) afin de se venger d’une injustice sociale générale sur une famille de bourgeois assurément imparfaite (souvent par dirigisme ou maladresse) mais non dépourvue de bonnes intentions ni de générosité (notamment l’innocente Virginie Ledoyen dont on appréciera la réaction extrêmement mature de son fiancé!). Au-delà des rouages d’une vendetta inique, l’intrigue explore les ravages de l’ignorance et de l’influençabilité. Aussi la mise en scène souligne-t-elle une tension grandissante, renforcée par les réactions automatiques et (trop) concises de l’héroïne, l’équilibre précaire de la cohabitation entre deux mondes aux antipodes étant régulièrement mis en péril par des attaques ou des manquements que l’autre considérerait comme des broutilles. D’une (terrifiante) froideur implacable.
Le retour de la lutte des classes. Au centre, il y a la honte de Sophie, son illettrisme qu'elle cache comme une blessure, qui répond en miroir au secret de la fille bourgeoise dans une sorte de chantage muet entre les deux mondes. Le film est froid, lent, d'une beauté glaçante et d'une violence qui te tombe dessus sans prévenir. Tout monte doucement vers l'effroi, porté par cette complicité trouble entre les deux femmes qui finit par basculer dans l'absurde et l'horreur. Sandrine Bonnaire est glaçante, toute en humiliation rentrée et en panique contenue, et Isabelle Huppert est convaincante en folle furieuse. La scène finale fait vraiment froid dans le dos, c'est le moment qu'on garde à l'esprit. Reste un flou psychologique sur les personnages qui empêche le film d'aller au bout de ce que le scénario promettait.
Je cherche toujours le rapport entre le scénario, l'affiche et le titre du film. Mais bref, dans l'ensemble c'est un bon film français, j'ai aimé le duo Bonnaire/Huppert elles sont excellentes. Une ambiance film noir hypnotique très 90's et agréable à visionner.
Pour moi, le plus grand film de Chabrol. Le scénario ne laisse à aucun moment soupçonner le dénouement. Les actrices principales (Bonnaire et Huppert) sont plus que magnifiques dans ces rôles peu habituels pour l’une et l’autre. Ce film est inspiré de l’affaire des sœurs Papin et se prête dès lors à une analyse girardienne. C’est l’insuffisance d’Être que produit le désir mimétique lorsqu’il est porté à son paroxysme sans pouvoir être satisfait qui motive ces deux femmes. Un autre aspect de la psychologie du personnage incarné par Bonnaire est la honte de son illettrisme qu’elle cherche à cacher par tous les moyens. C’est un point commun avec un autre grand film (The Reader) pour lequel j’avais posté un commentaire.
"La cérémonie" est un classique de Claude Chabrol, long métrage malaisant au possible. De manière très habile il installe l'histoire en douceur, nous présente ses personnages pour exploser dans un final des plus inattendus. Son actrice fétiche Isabelle Huppert joue très bien en postière délurée et malhonnête. Sandrine Bonnaire en femme de maison analphabète est remarquable. Chabrol se moque encore de la bourgeoisie rurale dans un pamphlet noir vraiment très noir. Excellent
C’est par des scènes d’exposition des personnages, fluides et classiques, que Claude Chabrol ouvre ce film. Puis le mystère apparaît et les tensions augmentent, quand le spectateur découvre peu à peu les lourds secrets des protagonistes, et l’on sent que le cinéaste lorgne vers Hitchcock. Le basculement qui s’ensuit est toutefois un peu brusque, et insuffisamment préparé dans l’évolution des deux amies Sophie et Jeanne (dont Isabelle Huppert donne une interprétation tout à fait remarquable). Un ultime rebondissement scénaristique laisse sur une bonne impression, et l’on a passé, au global, un bon moment.
Un très bon Chabrol, un excellent duo Huppert-Bonnaire, analyse de deux marginalité, une analphabète et une mère indigne... Ambiance chabrolienne à souhait dans une bonne famille bourgeoise de province...À voir et revoir !
Sophie est engagée comme domestique dans une grande demeure de campagne. Elle rend la maison impeccable... et use de toutes les combines pour éviter que l'on découvre qu'elle est analphabète. Elle se lit d'amitié avec la postière du coin, une femme mauvaise qui a horreur de ses patrons. Tout ceci dérapera peu à peu... Claude Chabrol se complait comme à son habitude à dépeindre la bourgeoisie française, avec un ton grinçant et un humour noir discret. Outre ses célèbres scènes de repas faussement anecdotiques (nombreuses ici !), le réalisateur parvient également à livrer une véritable capsule temporelle des années 90. Par exemple, les riches ont la télé par satellite et des centaines de chaînes, les pauvres le vieux petit écran et les émissions de l'époque du service publique (les Minikeums !). Au-delà de cela, Chabrol s'avère avec "La Cérémonie" particulièrement pessimiste, tant aucun personnage n'est à sauver. Les bourgeois apparaissent à bon fond mais déconnectés, et surtout méprisants. Ils infantilisent leur bonne, lui confient des tâches hors de son cadre, ou osent la commenter ostensiblement alors qu'elle est dans la pièce d'à côté. De l'autre côté, c'est la haine qui gouverne. Sophie (glaçant Sandrine Bonnaire) a un passé chargé, et son illettrisme lui pèse sérieusement. Il ne sera pas difficile pour la postière malfaisante (espiègle Isabelle Huppert) de la mettre de son côté. Elle qui a aussi un lourd passif, et une vraie jalousie envers cette famille en particulier. Avec une mise en scène précise, Chabrol rendra ce récit de plus en plus malaisant, entre haine et mépris, jusqu'à un dernier acte terriblement tendu et sinistre. Tout le monde n'appréciera pas, entre les personnages antipathiques, le faux rythme de l'ensemble, et le ton sombre, mais à mon sens "La Cérémonie" fait partie des belles réussites de Chabrol.
Quel nullité c’est lent ennuyant sans aucun sens au bout de 10 mins on se demande déjà ce qu’on fout la par pitié ne perdez pas votre temps ou argent pour un film aussi nul
À mon avis un des meilleurs films de Claude Chabrol.
La Cérémonie présente l’histoire de Sophie, une jeune adulte jouée par Sandrine Bonnaire, qui va être employée par Mme Lelièvre en tant que femme de maison (petit sourire pour la paie à « 6000 » qui était à l’époque en francs).
La trame de l’histoire est plutôt de type sociologique et découle d’un décalage entre deux niveaux de vie. Se distinguent d’un côté la grande bourgeoisie avec la famille Lelièvre, et de l’autre, les petites gens que sont Sophie et Jeanne, son amie du bureau de poste. spoiler: Sophie a très rapidement le mérite de réaliser un travail exemplaire, mais son côté relationnel se démarque, et est vite perçu comme un véritable défaut. En effet, Sophie conserve une certaine froideur avec ses employeurs. Tandis qu’aux premiers abords, Mme Lelièvre a pu méprendre son attitude comme du professionnalisme, il va petit à petit se creuser un ravin entre la famille Lelièvre et Sophie, qui se montrera distante mais aussi menteuse. Un comportement des plus étranges qu’elle adopte afin de cacher son analphabétisme, qu’elle ne dévoilera même pas à sa meilleure amie tant elle en a honte.
M. Chabrol nous montre avec un profond réalisme les deux sphères de vie.
Les Lelièvre se complaisent dans leur état de vie. Ils sont très cultivés, notamment en musique, et se veulent être de bons employés en proposant à Sophie des lunettes ou des cours de conduite, mais ils ne voient aucun problème à employer le mot « bonne » dans le sens femme de ménage, mot qui a toutefois une connotation péjorative. De plus, ils donnent aveuglement un vrai labeur à la jeune femme, la faisant même travailler le dimanche.
Pour sa part, Sophie ne se plaint pas et se satisfait dans son rôle de fantôme, mangeant la carcasse du poulet à part dans la cuisine, et regardant la télévision dans sa chambre. Elle se lie d’amitié avec Jeanne, rôle que prend Isabelle Huppert, et toutes deux se rendent au Secours Catholique pour réaliser de bonnes actions. spoiler: Cependant, l’importance des bonnes manières leur fera défaut, et elles seront rejetées par l’association. Elles ne comprennent pas les règles et en ont marre que leurs « bonnes actions » - de leur point de vue, car il leur manque les bonnes manières – soient méprisées par les autres.
Ironiquement, c’est le goût pour la belle musique de M. Lelièvre qui va le conduire à sa perte. C’est pendant le visionnage d’un opéra qu’entrent frauduleusement Sophie et Jeanne dans l’idée de déménager Sophie. Or Jeanne est prise sur un coup de tête et se met à ravager la maison. On se rend alors compte de toute la haine de Sophie et Jeanne envers la famille, qui est tout à fait démesuré puisque les Lelièvre ne se sont pas montrés malveillant. Cette scène montre toute la cruauté de l’être humain dans sa soif de vengeance, encore plus mise en valeur dans le récent film espagnol « Les Nouveaux Sauvages ».
Je m’attendais à mieux, surtout après avoir lu les avis de ceux qui encensent ce film. Pour simplifier, j’ai simplement été hermétique à la façon qu’a Claude Chabrol de mettre en scène cette froide trajectoire meurtrière. Sa progression m’est apparue à la fois molle, sans suspens, ni tension. Un bon point tout de même pour l’interprétation de Sandrine Bonnaire.
Deux jeunes femmes dérangées – une bonne et une postière - sèment la zizanie dans la vie d’une famille bourgeoise. Bien que transposition de faits divers authentiques je n’ai pas bien saisi le propos de Chabrol dans ce film hélas. Le plus embarrassant est à mon sens le personnage et le jeu d’Isabelle Huppert. Brusque, excessivement intrusif et sans nuance, le personnage devient plat, creux et fiche presque le film en l’air. Agée pour le rôle (42 ans à l’époque), avec ses couettes, son chewing gum, ses outrances et son ultra violence, l’actrice est caricaturale. De plus elle joue souvent vraiment très faux, et souvent aux moments cruciaux, c’est dommage. César vraiment immérité. J’aime beaucoup Huppert pourtant, mais pas dans ce film. La situation est celle de l’improbable rencontre de deux filles partageant d’être, chacune de son côté, autrice d’un crime sordide pour lequel elle n’a pas été sérieusement inquiétée. Ok on accepte. D’autres éléments du schéma narratif ne manquent pas d’intérêt : par exemple la maîtresse de maison bourgeoise et la postière auraient été concurrentes lors d’un casting lorsqu’elles étaient toutes deux enfants mannequins, selon les dires de la factrice, d’où jalousie de cette dernière. Cette situation est intéressante et pourrait être étoffée mais ce n’est pas le cas. C’est seulement une mention facile, simplette et elle suffit quasiment à justifier le déchaînement de la jalousie destructrice de la postière. L’autre problème est que Jacqueline Bisset a alors sur ce tournage 51 ans, tandis qu’ Huppert en a seulement 42, tout en composant un personnage qui en affiche tout au plus 30. Aussi on voit mal comment tiendrait l’hypothèse d’un règlement de compte en lien avec une pseudo-rivalité d’enfance entre les deux femmes. C’est le genre de détail, parmi d’autres, empêchant la fameuse suspension de l’incrédulité. Ledoyen, malgré ses efforts et sa bonne présentation de fifille gâtée à Papa, n’est guère crédible en fille de Jean-Pierre Cassel. Question de taille, de couleur d’yeux et de cheveux sans doute. Même chose pour le « fils » au museau chafouin de Jacqueline Bisset, le casting de cette famille parfaite n'est pas idéal je trouve, bien que le garçon joue correctement par ailleurs. En définitive c’est bien le personnage interprété par Sandrine Bonnaire qui de loin est le plus intéressant et tient le film ensemble. C’est elle qui méritait le César. Sa perfection sage et rigide, sa panique convulsive devant l’écrit, sa transformation en miroir de sa nouvelle « amie », son incapacité à mettre des limites à celle-ci qui l’entraîne dans sa propre folie, et plus encore, les masques qu’elle met sur son humiliation administrée par la fille « de famille » compassionnelle et maladroite puis par le patron bourgeois. La fin du film est ouverte. A l’issue de l’enquête de police, sera-t-il finalement établi qu’aucune preuve de culpabilité ne pèse sur la bonne ? Tout peut en effet être mis sur le compte de la factrice. C’est ce que l’on souhaite à la bonne, car son personnage est plutôt beau et touchant, dans sa maladresse et sa souffrance, interprété avec retenue et une progression convaincantes par Bonnaire. Cela se laisse regarder. Les décors sont des merveilles, il y a des films dans le film (notamment Noces Rouges de Chabrol dans sa scène la plus mémorable où Piccoli et Audran se jettent l’un sur l’autre dans un étang en Sologne), un rythme satisfaisant et le film est soigné.
j'ai adoré ce film que j'ai vu pour la première fois en 2024, je suis fascinée par Isabelle Huppert que je trouve fascinante et presque flippante, ça se voit dans ce film complètment incroyable où le suspen