Quand les baleines font passer les tempêtes pour des petites vagues
Après le vrombissement de Rush, Ron Howard revient avec une histoire vraie de chasse à la baleine. Bon, sauf qu’ici, la baleine n’a rien à envier au Kraken de Pirates des Caraïbes. Elle ne sort pas juste pour foutre le bordel, elle t’écrase ton rafiot comme si c’était un Playmobil mal collé. Mais attention, on n’est pas dans un blockbuster pop-corn. Ici, ça veut faire « sérieux », façon docu historique, sauf que le sérieux, c’est bien joli, mais quand ça manque de souffle, ça finit par te faire bailler comme devant un documentaire Arte sur les caribous.
Tu t’attends à voir Hemsworth balancer des éclairs et pilonner du cachalot à la chaîne ? Dommage, ici il est juste là pour ramer, souffrir, et fondre à vue d’œil. Il devient aussi sec qu’un biscuit oublié dans un placard. Son charisme naturel aurait dû illuminer l’écran, mais on dirait qu’il a laissé son énergie dans la salle de muscu. Et quand Cillian Murphy est réduit à faire de la figuration, là tu comprends que le capitaine a abandonné le navire.
Chaque apparition du cachalot est une petite bénédiction : on sent le souffle épique, la puissance brute, presque un Godzilla marin qui vient te rappeler que l’océan, ce n’est pas juste pour les coquillages et les bains de minuit. C’est là que Ron Howard montre qu’il en a encore sous le capot. Malheureusement, ces moments sont trop rares. Le reste du temps, c’est juste des mecs sur un radeau qui crèvent de faim et se regardent en chien de faïence.
Quand le film commence à déraper vers la fin, ça devient presque psychédélique. On aurait dit un mix entre Apocalypse Now et Life of Pi, sauf qu’on remplace les tigres et les jungles par des os de baleines et des hallucinations dues à la faim. C’est beau, c’est fort, mais c’est aussi un peu trop tard. La moitié du public s’est déjà perdue dans les flots.
Howard tente de ressusciter les grandes épopées d’antan, mais il lui manque ce grain de folie qui faisait vibrer les classiques. Là, tout est trop propre, trop calculé. Ça manque d’un capitaine au bord de la mutinerie ou d’un Hemsworth qui pète les plombs et déclare la guerre au cétacé. Bref, ça navigue en eau tiède.
Au cœur de l’Océan, c’est comme une croisière annulée à cause du mauvais temps : t’es content d’avoir vu la mer, mais t’as le mal de mer moral. Une belle tentative qui manque de carburant. Si t’es fan de baleines géantes, fonce. Sinon, mieux vaut revoir Moby Dick ou carrément te faire un Free Willy par nostalgie.
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