Derniers Avis : We Need to Talk About Kevin - Page 20
We Need to Talk About Kevin
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Moorhuhn
167 abonnés
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3,5
Publiée le 31 octobre 2011
Une bonne surprise. Si le film n'est, hélàs, pas exempt de défauts, force est de constater qu'il est vraiment fort. La puissance du film réside en partie dans le traitement de son sujet (même si on a connu plus brillant) mais surtout dans le jeu des interprètes, tout simplement excellents. Le propos-même du film est également d'une grande force.
La mise en scène du film a retenu mon attention. Alors oui la symbolique est très présente mais çe ne m'a pas forcément gêné. L'introduction du film qui ressemble à de l'expérimental soft m'a beaucoup plu. On aura fait plus subtil que cet étalage de couleur rouge et de tomates, mais la sens est bien présent. Le reste du film fait également preuve d'une belle maîtrise. La structure narrative du film est intéressante, on s'éloigne du schéma simple du "présent-flashback-présent" pour surligner les scènes du présent avec des scènes du passé qui répondent en partie à ce qui se trame dan le présent. Surligner oui, c'est peut-être là où le bât blesse. We need to talk about Kevin manque de finesse c'est certain mais formellement parlant le film est très bon.
Les acteurs sont tout bonnement admirables. J'ai totalement revu mon jugement sur Tilda Swinton que je n'appréciais pas beaucoup auparavant. C'est une fabuleuse actrice, son personnage bénéficie de sa grande performance. On y sent à la fois tout son désespoir vis-à-vis de ce qu'a provoqué son fils et toute son envie d'aller de l'avant pour changer les choses. Jogn C.Reilly est également excellent et le jeune Ezra Miller qui campe Kévin fait preuve d'un grand potentiel avec son personnage ambigu qui fait preuve d'une méchanceté sans pareille mais sait se rendre bon quand ceci concerne son propre intérêt. La construction du film autour de la relation mère-fils est intéressante. Cette relation chaotique depuis le début est glaçante, le film aborde un sujet assez tabou: celui de l'aversion d'une mère envers son enfant, et il le fait bien. Si on ressent un poil de caricature c'est pour mieux accentuer la déchéance des liens familiaux. Une réussite formelle et un fond étudié font de ce film une belle oeuvre, bien qu'assez pessimiste et très rude. Le manque de finesse est regrettable mais la force du propos ainsi que l'audace visuelle comblent ce défaut. Un vrai bon film, la sélection cannoise était vraiment bien cette année.
Film remarquable et d'une très grande justesse qui tente de décrire le cheminement psychique d'une femme et d'une mère qui a vécu un drame absolu. Nous assistons aux chassés croisés des images de son passé qui se succèdent de manière parfois heurtée. Nous vivons avec elle ce chaos qui va lui permettre d'accepter de vivre, de survivre sans renoncer à son destin de mère. Un très beau film.
Portrait original d'un psychopathe vu à travers les yeux de sa mère. C'est aussi un film intelligent qui pose des questions sur les origines du mal, il donne des pistes mais n'apporte pas de réponses. La mise en scène ménages avec subtilité les effets chocs, elle nous fait également entré doucement dans la peau de cette mère meurtrie qui n’a de cesse de se passer le film à l’envers pour tenté de comprendre pourquoi elle a merdé. Un parti pris inconfortable vu qu’il n’y a pas une explication, mais plusieurs. Un soin particulier est apporté au casting : Tilda Swinton parfaite en dépressive hanté pas son passé, John C.Reilly excellent en père laxiste rondouillard, quant au fameux « Kevin » il est incarné par Ezra Miller jeune révélation qui incarne parfaitement la beauté du diable.
Grosse claque, ce film prend aux tripes, il est éprouvant. L’histoire de cette famille est assez dingue mais c’est surtout comment tout cela est amené, la qualité des images, le rouge omniprésent, la tension, les flash back bien montés… on ressent une forte pression. J’ai lu une critique négative sur ce film qui complimentait en revanche le travail de Van Sant et Haneke. Pour ma part, ce film m’a fait penser à ces 2 grands réalisateurs mais plutôt en apportant une nouvelle pierre à l’édifice…
Un film glauque, dérangeant, qui pose de multiples questions sans en apporter les réponses. Le fils est fou, une folie dangereuse, meurtrière : peut-on continuer à l'aimer quand même ? Ou plutôt, comme Eva, le personnage principale de ce film, peut-on l'aimer tout court, peut-on avouer que l'on déteste son fils face au sacro-saint amour maternel ? Est-on responsable de sa folie ? Après un coup de folie meurtrier, faut-il partir, tout oublier, ou faut-il, comme Eva, rester malgré la haine des voisins, de la ville, pour tenter de comprendre, ou bien pour se flageller ?
Tilda Swinton est marquante dans son rôle de mère épuisée et pleine de remords. Son visage anguleux, ses yeux profonds sont terriblement poignants. Et le jeune Jasper Newell, qui interprète Kevin entre 6 et 8 ans, joue remarquablement bien. Bien que très jeune, il fait déjà peur. Le diable est aussi enfant.
Ce film s'amuse avec votre esprit comme un petit morveux avec une fourmie. Des le début, on vous plonge dans le trivial, le cruel et le malaise. Une ambiance particulièrement pesante est abattue sur ce film et vous capte alors qu'une partie de vous voudrait regarder ailleurs. Une des explications pourrait être que les acteurs qui mènent ce film sont simplement géniaux : la stupeur s'inscrit incroyablement bien sur le visage de Tilda Swinton et celui d'Ezra Miller donne un irresistible contraste au personnage du sale petit psychopathe. We need to talk about Kevin est un vrai petit bijou pour les amateurs de sensations cérébrales fortes.
Je ne sais pas trop quoi penser de ce film. Les acteurs jouent très bien, l'histoire est dérangeante et pourtant tout parait vrai (le film nous renvoie un peu aux tragédies type colombine). Merde je ne veux plus d'enfants maintenant!
Le film a du mal à garder l'attention de ses spectateurs à cause du suspense qu'il traine jusqu'à la demi-fin. On nous rabâche les gros plan du visage de Tilda Swinston encore et encore. Mais on peut applaudir le fait qu'on nous fasse haïr ce garçon puis qu'on se retrouve dans la même perplexité que lui et sa mère. Pourquoi des personnes font actes de violence ? Est-ce l'éducation pas sûr et on reste dans ce doute.
Lynne Ramsay confine à son cinéma une note viscérale intense, presque dérangeante. Elle réussit à poser un regard critique sur une société américaine, loin des habituels clichés critiques et déposés post-« Elephant » de Gus Van Sant. Sa mise en scène s’approprie les abîmes de l’âme humaine et du mal qui peut l’habiter parfois. On oscille donc dans une réalisation pleine d’innovation et d’introspection sensorielle, cette mise en scène donne en outre un aspect tangent à l’œuvre qui selon certains pourront faire naître un malaise. Pour ceux qui en sortiront indemnes alors une intense expérience cinématographique aura été mise en œuvre. http://requiemovies.over-blog.com/
Un film noir et très dur sur l'absence de communication et l'incompréhension entre une mère et son fils. Tilda Swinton est impressionnante en mère dont l'éducation est à la fois exemplaire et discutable.
Une pure merveille! Tilda Swinton est magnifique dans ce film, le fils est un grand psychopathe qui nous fascine! La mise en scène et le scénario sont excellents. Mais qui est le coupable dans toute cette affaire? la mère ou le fils?Ce film nous bouleverse au point de ne plus savoir qui est fautif dans cette histoire sanglante! Ce film est une révélation, à coupé le souffle!
La mise en scène sensorielle composée de flash-back dévoilant progressivement l'intrigue convient assez bien à ce dur portrait d'une famille américaine, psychologiquement ambigu et comportant des zones d'ombre. Le symbolisme est toutefois un peu trop appuyé par moments, notamment l'omniprésence de la couleur rouge - la passion, les pulsions (destructrices ou vitales). Le film nous présente une mère de famille dépressive ( Tilda Swinton, tendue du début à la fin) qui ne sait communiquer ni aimer avec sincérité un enfant difficile et particulier (mais ce n'est pas l'antéchrist pour autant), qui en grandissant focalisera toutes ses obsessions sur sa mère, un père présent physiquement , jovial, mais absent spirituellement (qui ne voit jamais le mal et semble croire que le confort matériel du rêve américain sauvera sa famille. Des jouets et un frigo rempli, que demander de plus?), un entourage indifférent, tout cela contribue à la construction d'un drame. La violence nihiliste du fils à la fin semble là pour faire passer un message à la mère, quelque chose comme: "Tu as maintenant une bonne raison de me détester, toi qui depuis ma naissance ne m'as jamais aimé". Je pense qu'elle a eu des sentiments pour lui, certes maladroits, qu'elle s'est forcée à l'aimer car elle voulait assumer son rôle de mère malgré son handicap émotionnel (sinon elle n'aurait pas autant souffert ni fait preuve de culpabilité), mais elle n'y est jamais vraiment parvenu, et personne ne semble s'en être réellement préoccupé dans son entourage, pas même les médecins (vu qu'ils n'ont rien trouvé de mieux que de droguer légalement le fils - aussi torturé que la mère malgré sa froideur et son absence de compassion - en lui prescrivant du prozac). Elle n'était pas prête à être mère (on voit comment elle se comporte avec lui dès son plus jeune âge, elle est incapable de communiquer avec lui sans malaise et ne contrôle pas ses émotions, et l'enfant perçoit cela comme de la haine), elle ne comprend pas son enfant , ce dernier confère à sa mère une importance démesurée et agit uniquement en réaction contre elle, et la situation s'envenime peu à peu , jusqu'au point de non-retour. Tragique.
En résumé : Un film génial !! L'ambiance est glauque et oppressante jusqu'au bout. On est vraiment dans un "monde de merde" du début à la fin. Rien ne va, les acteurs sont fantastiques (malgré le personnage du père peu présent, dommage) et la manière de filmer aussi. Malgré les nombreux flash-back, ceci ne nous dérange pas et au contraire, on s'y habitue. Une réalisatrice est née. Je vous conseille vivement ce petit bijoux d'inventivité qui m'a permis de passer une très agréable soirée !
Que ce film prétentieux ait été sélectionné à Cannes est une aberration, qu’il soit reparti les mains vides une justice aussi bien pour le fond que pour la forme. L’idéologie qu’il sous tend est glauque : l’enfant-monstre pervers et manipulateur de naissance, la responsabilité de la mère... Kevin affiche tranquillement des penchants inquiétants entre un gentil père résolument aveugle et une gentille mère observatrice mais passive, qui le restera même quand sa petite fille est sournoisement victime de son frère. Le cas était-il désespéré ? On n’en saura rien puisqu’à part une unique visite à l’ORL histoire de s'assurer qu’il n’est pas autiste, rien ne vient contrarier cette évolution en vase curieusement clos dont on sait dès le départ qu’elle finira dans le sang. Et ceci grâce à l’omniprésence malsaine du rouge (la longue première scène est insupportable), la lourdeur de la forme et l’esthétisme douteux de nombreuses séquences. Les flashbacks incessants ne rendent pas facile la tâche du spectateur au début du film. Tilda Swinton affiche la même petite figure figée et les mêmes pauvres petits sourires d’un bout à l’autre ce qui peut se comprendre vu la quantité de calamités qu’elle subit mais ça finit par lasser. L’improbable comportement des protagonistes donne souvent envie d’intervenir. Sûr que we need to talk about Kevin (au sens propre) s’imposait, on aurait sans doute coupé à ce film catastrophique !