Gus van Sant n'a visiblement aucune imagination, ou alors il est très paresseux, car quand on fait un remake, en général c'est pour donner une version un peu différente en tenant compte de l'époque dans laquelle on le fait afin d' apporter du modernisme. Mais là rien, il n'y a rien de neuf, à part la couleur, cette relecture moderne du chef d'oeuvre d'Hitchcock recopie quasiment scène par scène et plan par plan son illustre modèle, sans imagination, sans innovation, sans l'efficacité technique dont le Maître avait le secret et sans effet de surprise... tout juste y'a-t-il un rajout avec une scène très maladroite de masturbation, chose qu'on ne pouvait évidemment pas montrer en 1960, elle n'était que suggérée. Le scénario de Joseph Stefano a donc été réutilisé sans rien changer, de même qu'on a réemployé sans vergogne la musique de Bernard Hermann qui avait si bien servi le Psychose de 1960. Ceci dit, les acteurs sont plutôt bons, ils font leur job, encore que le choix de Vince Vaughn n'est peut-être pas très approprié, en dépit de son talent, il donne une vision de Norman Bates bien différente d'Anthony Perkins, mais on n'y croit pas ; le seul qui tire son épingle du jeu, c'est l'excellent William H. Macy dans le rôle du détective Arbogast. C'est donc un film qui ne sert strictement à rien, totalement inutile, sinon pour permettre aux nouvelles générations qui n'ont pas vu le chef d'oeuvre d'Hitchccok, de frissonner légèrement, mais j'ose espérer que ce public aura l'occasion et surtout l'envie de voir le Psychose originel, le seul et unique, et qu'il n'en restera pas là...